LE SOUS-SOL LA CAVE ET LA BUANDERIE
LE SOUS-SOL Le sous-sol se prête à des utilisations diverses : il peut être vaste cuisine, salle ou réfectoire des gens, buanderie, pièce de réserve pour les légum.es d'hiver, mais il convient surtout à l'organisation du chauffage central, sans préjudice d'ailleurs, des autres usages auxquels on peut l'adapter.
Le chauffage central est le complément de ce confort moderne qui rend nos demeures actuelles si agréables : Plus de feux capricieux réclamant des soins constants, plus de pièces froides, de couloir glacial, mais dans toute la maison une atmosphère égale et douce.
La vapeur, l'air et l'eau constituent les trois sj^stèmes de chauffage central, couramment appliqués. Les uns et les autres ont des détracteurs et des partisans; aussi est-il de toute utilité de connaître la part d'inconvénients et de qualités de chacun, avant d'arrêter son choix.
Le chauffage par Vair chaud est fort critiqué par les hygiénistes. Les bouches qui le dispersent dans l'appartement établissent un tirage assez violent pour produire, avec le dessous des portes et les joints des fenêtres, des courants d'air d'autant plus pernicieux que l'on ne s'en méfie point. De plus, cet air chaud est acre, lourd et desséché. On y trouve souvent des traces d'oxyde de carbone. L'appartement ainsi chauffé a besoin
d'être souvent aéré. Ce système est d'ailleurs de moins en moins employé.
La vapeur et l'eau se partagent les faveurs du moment ; leurs avantages incontestables méritent que l'on s'arrête à l'un de ces deux S3'stèmes.
Le chauffage par la vapeur est sain, mais il exige une chaudière, des poêles à vapeur, de nombreux robinets et des pièces mécaniques, sujettes à des dérangements, à des fuites, entraînant des réparations fort coûteuses, lorsqu'on se trouve loin d'un centre industriel. Parfois, il faut attendre plusieurs jours l'arrivée d'un ouvrier, et supprimer le chauffage au moment des grands froids.
De plus, la vapeur use assez promptement certaines pièces qu'il faut renouveler.
Ces inconvénients n'existent pas par le chauffage pal' Veau. Certains appareils semblent notamment réunir toutes les qualités voulues. Ils donnent une chaleur saine, ne desséchant pas l'air, ne produisant ni gaz délétère, ni poussière; ils établissent une température normale de i6 à i8°. Ils ne nécessitent pas non plus les radiateurs encombrants et laids, qui sont les appareils courants du système de chauffage par la vapeur.
L'eau chaude peut être distribuée dans les différentes pièces d'un appartement par des tuyaux de très petit diamètre, courant au ras du sol, au-dessus des plinthes, sous une lame du parquet que l'on remplace par une grille, ou en colonne montante dans les angles des murs. Les serpentins d'eau chaude se placent aussi dans des coffres de bois et de grillage métallique combinés, qui peuvent trouver leur place dans une antichambre, un couloir ou sur un palier.
L'avantage de ces appareils à eau chaude est dans la suppression du « réglage ». Ils ne nécessitent ni clefs, ni robinets, dont la manœuvre maladroite peut occasionner des détériorations. Il suffit de diriger le foyer selon la température que l'on désire; ces foyers d'ailleurs sont prévus pour une température normale et sont proportionnés à la superficie de la maison à chauffer.
A cause de la simplicité de l'installation et du fonctionnement, le chauffage par l'eau chaude est peu coûteux.
Si l'on s'arrête à ce système de chauffage il faut choisir, de préférence, un appareil sans chaudière offrant la plus grande sécurité et supprimant tout danger d'explosion ou de fuite d'eau.
Un calorifère à eau chaude, de bonne construction et de système i>erfectionné, doit pouvoir chauffer 500 mètres cubes environ, avec une trentaine de litres d'eau, et doit transmettre la chaleur en trente minutes sur une distance de 150 mètres.
Ce calorifère peut s'installer dans une maison de construction déjà ancienne, dans laquelle rien n'a été disposé en vue d'un chauffage central. En effet, si l'on choisit un appareil à très petits tuyaux, les dégradations sont nulles; ces tuyaux se prêtent d'ailleurs à mille combinaisons pratiques.
Le foyer peut être placé au sous-sol ou dans le fourneau même de la cuisine. Un foyer d'un mètre cube doit chauffer jusqu'à mille mètres de surface.
Le chauffage par le fourneau de cuisine est d'une extrême commodité, la surveillance en est facile et la dépense très réduite. On peut ainsi chauffer un appartement de petites dimensions pour un prix tort minime. Le foyer d'un appareil chauffant une petite villa ou un appartement complet doit consommer en moyenne 20 kilogrammes de charbon par jour.
Le foyer au sous-sol est surtout employé pour le chauffage des grandes surfaces. Il consiste en un carré de maçonnerie et demande à être alimenté deux ou trois fois par vingt-quatre heures. On y brûle indifféremment du coke, de l'anthracite ou du Charleroi. Le chauffage au bois nécessite une modification du foyer.
L'eau chaude est, on le voit, le système de chauffage central par excellence.
Aussi croyons-nous être utiles aux personnes qu'une installation de ce genre intéresse, en indiquant les renseignements qu'il est indispensable de fournir à tout constructeur, pour obtenir un devis sans l'obliger à se déplacer.
Il est nécessaire de joindre aux renseignements suivants, un plan, ou un croquis coté de l'habitation ou de l'appartement.
Pour avoir un devis de calorifère :
i* Indiquer l'orientation sur le plan;
2° La nature des murs;
3° Leur épaisseur;
4° La hauteur des pièces :
Sous-sol;
Rez-de-chaussée;
i^' étage;
2« étage, etc.
5° Indiquer ce qu'il y a au-dessus du plafond du dernier étage à chauffer : autre étage habité, corableâ, greniers ou toiture ; indiquer la nature : ardoises, tuiles, zinc, etc.
6° Indiquer ce qu'il y a au-dessous du plancher; 7° Signaler la nature des caves ;
è" Indiquer sur le plan la place que l'on peut assigner au foyer; 9° Où sera sa cheminée;
lo"' Où passe le tuyau de fumée de la cuisine; 11"^ Marquer sur le plan, les portes, les fenêtres et les cheminées; 12° Faire connaître la température que l'on désire dans les chambres, salon, salle à manger et autres pièces; 13'^ Signaler enfin toutes observations particulières .
On sera bien aise, sans doute, de savoir qu'un ingénieur déplacé inutilement a généralement droit à une vacation mo3"enne de 15 francs pour cinq heures; de 25 francs pour dix heures et de 40 francs pour 15 heures, en plus de ses frais de déplacement : vo3^age, hôtel, etc..
Il n'est pas inutile non plus de signaler l'avantage que l'on a à faire exécuter l'installation d'un calorifère en dehors de la saison choisie habituellement pour ces travaux. Suivant l'époque les prix peuvent varier de 5 à 15 p. 100 et même davantage.
Les travaux exécutés avant avril jouissent des plus fortes réductions; du i^"" aviùl au 15 mai les remises diminuent et sont tout à fait supprimées dès le commencement de l'été.
L'installation d'un calorifère en sous-sol devant chauffer une villa ou petit hôtel composés d'un salon, d'une salle à manger, de deux ou trois chambres avec cabinets de toilette chauffés, couloirs et escalier, peut coûter de 1.500 à 1.800 francs.
Le calorifère d'une habitation un peu plus petite, pour laquelle un « calorifère-cuisinière » suffirait, doit coûter en moyenne de 1.200 à 1.400 francs.
Ces travaux se règlent en général de la façon suivante : un quart du prix fixé se verse au cours des travaux, deux autres quarts à la fin des travaux et le reste trois mois après le départ des ouvriers. Ces conditions sont modifiables suivant les maisons et les conventions personnelles. Mais nous les indiquons parce qu'elles sont d'un usage courant chez nombre de constructeurs.
A la livraison des appareils, il est indispensable de les faire vérifier et de s'assurer de leur bon fonctionnement en présence de la personne chargée de l'installation; la constatation de la température se fait au milieu des pièces chauffées, à i m. 50 au-dessus du sol.
LA CAVE La cave doit être exempte d'humidité ; les murs et le sol doivent être secs, et un léger courant d'air doit y maintenir une température fraîche. Ce courant d'air peut y être établi, suivant la construction et la disposition du lieu, soit par un soupirail à grillage ou à barreaux, ou par de petites ouvertures percées dans la porte, ou dans l'un des murs.
Il faut éviter à la cave le voisinage trop proche d'un calorifère et les émanations de toutes sortes qui pourraient nuire à la qualité des vins.
Une bonne cave est tenue dans un ordre parfait et méthodique.
Les objets servant à la mise en bouteilles et au nettoyage sont isolés dans une partie de la cave, et groupés ensemble.
Les bouteilles vides sont empilées régulièrement jusqu'au moment où elles seront utilisées à nouveau, ou posées, après lavage, sur l'égouttoir.
Enfin, dans toute maison sérieuse on tient une petite comptabilité permettant de voir instantanément la quantité de vin restant en cave et celle du vin qui a été consommé pendant le mois courant ou depuis le commencement de Tannée.
Il est à peine utile de faire remarquer combien cela peut éviter de déconvenues, de gaspillage et de suspicions.
Le tj^'pe de livre de cave que nous donnons (page 126) peut être simplifié, ou compliqué, en conservant la même base qui est excessivement simple.
La cave à vin et le caveau à vins fins. — La cave à vin est celle où l'on range tous les vins ordinaires et de consommation courante, les eaux minérales, les boissons spéciales, cidre, bière, etc.
Autant que possible on la choisit grande et d'accès facile, car c'est dans cette cave que se fait la mise en bouteilles ainsi que les travaux qui s'y rattachent.
Le caveau ne renferme que les bouteilles étiquetées et cachetées. Aucun ustensile ou accessoire ne doit l'encombrer. Seuls les vins de grands crus y sont conservés, et les bouteilles sont placées directement à la place qu'elles devront occuper, pour éviter les changements qui nuisent aux vins et les cassent.
tn
ta »
ea o
al
•^ ri n »
SNOIiVA
-Hasao
ai
HO
La mise en bouteilles. — Dans une maison ordonnée, tous les vins sont mis en bouteilles dès que leur état le permet ; ils gagnent en qualité, et cela facilite en même temps la tenue des comptes.
La première opération de la mise en bouteilles est le rinçage.
Celui-ci serait de beaucoup simplifié si l'on avait la précaution de laver chaque bouteille vide, au fur et à mesure, avant de la descendre à la cave ; elle n'aurait ni dépôt tenace, ni mauvais goût.
Les bouteilles se lavent avec une eau tiède, dans laquelle on a fait bouillir des cristaux de soude, et à l'aide d'un goupillon spécial ; on a aussi recours aux grains de plomb, qui nettoient parfaitement les bouteilles mais qui peuvent rester collés aux parois et occasionner des accidents graves, à cause de leur dissolution, qui ferait du vin un breuvage dangereux.
Il est préférable de remplacer le plomb par une chaînette que l'on agite dans tous les sens.
Les traces d'huile et de corps gras ne résistent pas à la cendre de bois que l'on introduit dans la bouteille et sur laquelle on verse de l'eau très chaude.
On agite quelques secondes, puis on laisse reposer et enfin on rince à l'eau claire.
Il faut toujours avoir soin de bien rincer les bouteilles après leur nettoyage, quel que soit le procédé que l'on emploie. Trois baquets sont nécessaires pour faire un bon lavage. Dans le premier on fait tremper les bouteilles un temps plus ou moins long, suivant leur état, puis on lave et on rince dans les deux autres. Les baquets en bois, assez larges et profonds, sontles meilleurs.
11 faut choisir pour la mise en bouteilles un temps clair et sec, et l'opération ne doit se faire que quinze jours ou trois semaines après la réception ou le collage. Mars et septembre sont, dit-on, tout à fait propices pour la mise en bouteilles. Chaque pays de vignobles a d'ailleurs ses recettes auxquelles on se garderait bien de manquer.
Pour faire convenablement ce travail il faut disposer, auprès de soi, d'un même côté, les bouteilles vides, bien choisies et visitées après le rinçage. On installe alors un petit baquet sous le tonneau, on enfonce le robinet à l'endroit du bouchon, on donne de l'air sur le dessus du tonneau, puis on emplit les bouteilles que l'on bouche à mesure, à moins qu'une autre personne ne s'en charge, ce qui avance considérablement la besogne. Le bouchon est d'abord enfoncé à la main et ensuite à l'aide d'un petit battoir, à moins que l'on se serve d'une machine à boucher, qui le fait pénétrer d'un seul coup profondément.
Le choix des bouchons est excessivement important et sur ce point l'économie est un mauvais calcul. Il faut choisir des bouchons sains et neufs ou non percés, que l'on fait tremper pour faciliter le bouchage.