HYGIENE. CHAUFFAGE ÉCLAIRAGE. DIVERS
Moyens d'aération des appartements. — La santé exige par-dessus tout un air abondant et pur. Or, quantité de personnes pensent avoir assez fait dans ce sens quand les fenêtres ont été ouvertes pendant le temps nécessaire au nettoyage. Certes, l'air du dehors est entré dans leur maison, en a rafraîchi la température, mais n'en a pas chassé les impuretés dégagées par une journée de travail ou une nuit de sommeil. L'air, enfin. n'a pas été complètement renouvelé.
Ce résultat ne peut être atteint que par l'établissement d'un courant d'air prolongé autant que possible.
Dans les chambres, les fenêtres doivent rester ouvertes jusqu'au moment du coucher. On doit en hiver les fermer à la tombée de la nuit, car à ce moment elles donneraient asile à une humidité redoutable.
Aucune partie de l'habitation ne réclame une aération plus complète, plus sérieuse ; l'atmosphère doit y être fraîche. C'est la première condition pour jouir d'un bon sommeil, d'une nuit calme. Le tablier de la cheminée, qui doit être relevé dans la journée pour établir une correspondance directe avec la fenêtre, peut assurer, la nuit également, un précieux système d'aération que l'on peut modérer à son gré. En été, si la fenêtre est fermée pendant la nuit, la cheminée doit être entièrement ouverte.
Les pièces inhabitées d'un appartement doivent être, quand même, aérées tous les jours ; négliger cette précaution serait créer, peu à peu, un foyer malsain dans sa maison
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Si l'on a fumé le soir dans une pièce voisine d'une chambre, il est bon d'aérer cette pièce pour la nuit afin d'en chasser l'odeur pénétrante qui pourrait nuire au repos.
Enfin, toutes les fois que la température le permet, les fenêtres des pièces où l'on séjourne, où l'on travaille, doivent être ouvertes, pour le plus grand bien de la santé et même du travail.
Cure de v. fenêtre ouverte ». — Il faut choisir la belle saison pour commencer cette petite cure d'air nocturne ; on s'y habituera peu à peu en fermant d'abord les persiennes et en laissant la fenêtre simplement entrebâillée. On aura toujours soin d'éviter que l'air ne frappe directement le lit ; on pourra même l'abriter au moj'^en d'un paravent.
Le sommeil sera calme, régulier et l'on éprouvera au réveil une réelle impression de repos.
CHAUFFAGE La question du chauffage, si importante dans l'économie domestique, est aussi difficile à résoudre au point de vue de l'hygiène, de la sécurité, que de son application pratique.
Aucun système de chauffage n'étant absolument sain, il faut se contenter de rechercher les meilleurs parmi les moins mauvais ; au nombre de ceux-là, se placent en première ligne les cheminées. Le feu en est gai et confortable ; sa clarté réjouit la pièce ; mais il ne faut pas l'alimenter chichement et comme à regret. A cette condition, c'est vraiment un des meilleurs modes de chauffage, parce que c'est un chauffage aéré; le gaz, la fumée et l'odeur du combustible montent normalement dans la cheminée et se dispersent sans laisser de traces dans l'appartement, dont l'air est sans cesse renouvelé par l'ouverture béante. C'est aussi, à cause de cela, le système.répandant le moins de chaleur et nécessitant le plus grand entretien. Dès que le feu vient à baisser, la cheminée procure plus d'air froid que de chaleur, ce qui oblige à en descendre le tablier avant l'extinction complète du foyer.
Le combustible de luxe des cheminées est le bois aux belles flammes claires.
Le meilleur bois de chauffage est le chêne ; c'est aussi le plus coûteux. Le hêtre, le frêne, l'orme et le charme font des feux agréables et donnent une bonne chaleur. Mais en dehors de ces feux de luxe, on fait dans les grilles des cheminées d'excellents feux de houille ou d'agglomérés. Il faut éviter autant que possible le coke, dont la chaleur est sèche et entête facilement. De tous les agglomérés, les boulets sont les plus employés. Ils donnent un feu durable, sans aucune odeur, et qui demande peu d'entretien si l'on a soin de garnir abondamment la grille.
On fait aussi des grilles en corbeille dont le fond, ingénieusement combiné, renvoie à peu près toute la chaleur dans l'appartement, et permet d'avoir un feu continu.
Ces grilles, qui sont d'un prix relativement modique, ne sont malheureusement pas assez connues.
Si la cheminée n'est pas élégante, si sa chaleur laisse à désirer, du moins peut-on être sûr qu'elle ne cache aucun danger. C'est aussi le mode de chauffage le plus courant pour le petit appartement et les petits budgets, puisqu'une nécessite pas l'achat d'appareils coûteux.
Tous les appareils de chauffage, aussi perfectionnés qu'ils puissent être, seront rigoureusement écartés des chambres à coucher, qui doivent être fraîches.
Les poêles de toutes formes et de tous modèles, les appareils mobiles, à combustion lente et à feu continu, ne devront jamais, sous aucun prétexte et dans aucun cas, être placés autrement que dans la cheminée ou installés avec tuyau de tirage conduisant gaz et fumées au dehors. Il faut éviter les coudes, les angles brusques, les tuj'^aux horizontaux qui nuisent au bon fonctionnement des appareils ; s'ils sont munis de clef de réglage, cette clef doit toujours laisser un tirage suffisant pour éviter le refoulement des gaz à l'intérieur.
Ce mode de chauffage est propre et donne une chaleur régulière et douce. Toutes les fois que la forme de l'appartement le permet, il faut y maintenir un récipient rempli d'eau, pour remédier à la sécheresse de l'air.
Il convient de veiller avec le plus grand soin à la pose des appareils.
La plaque que l'on introduit dans l'ouverture de la cheminée
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et qui doit recevoir la buse doit être absolument hermétique ainsi que le couvercle et tous les joints de l'appareil. La sécurité dépend en grande partie de ces précautions. Pour cette raison, il est bon d'exiger que la personne chargée de l'installation s'assure du bon fonctionnement en livrant son travail. Enfin, à la moindre odeur d'acide carbonique, il faut laisser éteindre le feu, chercher l'endroit défectueux et le faire réparer immédiatement.
La moindre fissure laissant échapper une faible émanation peut provoquer, d'abord des malaises, et à la longue un véritable empoisonnement.
Il est bon de laisser toujours à la même personne le soin de ces appareils ; elle en connaît mieux la marche et le réglage, et l'on évite ainsi des erreurs dangereuses.
Le chauffage partiel d'un appartement se fait encore au moyen de radiateurs à gaz, de poêles à pétrole. Ce sont des moyens pratiques pour chauffer rapidement des pièces de petites dimensions, où l'on séjourne peu, et ces moyens sont économiques en ce sens que le chauffage peut être diminué ou arrêté dès qu'il devient inutile. Employer ces appareils dans d'autres conditions, serait fort coûteux; de plus, un chauffage prolongé au gaz ou au pétrole donne une atmosphère sèche et répand une odeur spéciale à ces deux caloriques. Mais on chauffe ainsi avec commodité un bureau ou un cabinet de toilette.
Le chauffage central — à foyer unique avec distribution de chaleur par l'air, l'eau ou la vapeur — est le système le plus pratique et le.plus économique — comme dépense de combustible — pour le chauffage complet d'une habitation importante, d'une maison particulière, d'une villa, où les feux partiels sont dispendieux et insuffisants. La température d'une habitation doit être à peu près égale partout, afin d'éviter les transitions brusques, non seulement désagréables, mais mauvaises pour la santé.
Pour que le chauffage central soit sain, il doit être modéré et ne pas dégager une chaleur acre et suffocante. Il doit être facilement réglable.
La distribution se fait par radiateurs ou par bouches. Cellesci, faciles à dissimuler, ne sont applicables qu'au chauffage par
Tair chaud. L'eau chaude et la vapeur sont distribuées par les radiateurs, à tubes droits ou à ailettes, qui peuvent répandre une chaleur intense.
Le chauffage central s'établit au sous-sol et demande naturellement une installation spéciale assez coûteuse. Mais, cette dépense faite, si le calorifère est intelligemment conduit et réglé, on obtient pour un prix relativement minime et qui varie suivant la surface à chauffer, une chaleur régulière et parfaite. Le calorifère n'exige pas de combustible cher ; on y brûle les gros charbons et, de plus, les détritus de la cuisine et les débris de toutes sortes.
Pour le chauffage partiel, on peut employer, dans certains appareils à feu continu, les agglomérés sous forme de boulets ; on réalise ainsi une très sensible économie. Les boulets se consument très lentement et ne produisent pas le mâchefer qui s'engage dans les grilles et les empêche de fonctionner.
Le charbon ordinaire encrasse les appareils ; l'anthracite anglais, plus cher que l'anthracite français, donne une bien plus grande chaleur.
On remédie à ce que le chauffage, quel qu'il soit, peut avoir de malsain, en aérant de temps à autre les pièces chauffées. Mais il convient surtout de bannir toute chaleur artificielle des chambres à coucher.
Cheminées qui ftnnent. — Les cheminées fument pour des causes différentes auxquelles on peut toujours remédier, et qui sont les suivantes : 1° Une cheminée fumera si le tuyau conducteur de la fumée est trop court ; le tirage est alors insuffisant et l'air, au lieu de disperser la fumée dans l'espace, la rabat dans l'appartement.
Le remède est aisé ; il suffit d'exhausser le tuyau et d'y placer, par mesure de prudence, une girouette, qui mettra l'embouchure de ce tuyau à l'abri des mauvais vents.
2° Une cheminée peut fumer si la buse ou le tuyau de l'appareil qui s'y trouve placé bute contre le fond de la cheminée. Ceci se produit fréquemment. Il arrive qu'en nettoyant l'appareil, celui-ci se trouve déplacé, ou repoussé sans que l'on y prenne garde ; le tirage est alors à demi bouché, la cheminée
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fume, le feu meurt et l'on cherche la cause de ce désagrément subit sans se douter qu'elle peut être aussi simple et aussi facile à combattre.
Il arrive encore, car les cheminées sont capricieuses, quesans raison apparente l'appartement se trouve envahi de fumée. Le courant d'air seul, mais un courant d'air énergique, en aura raison. On peut activer encore le tirage des cheminées en brûlant abondamment de vieux journaux bien secs en dessous du foyer.
Les cheminées doivent être ramonées tous les ans. Les tuyaux des calorifères et des poêles, ainsi que les appareils, seront livrés à un nettoyage complet. Les joints seront raccordés avec soin, les fissures bouchées et l'intérieur des appareils vérifié scrupuleusement. Ceci fait, le chauffage aura lieu dans les meilleures conditions d'hygiène possibles.
Moines et chaufferettes. — Aujourd'hui le moine, le cruchon de terre ou de métal ont remplacé avec avantage le chauffe-lit d'autrefois.
L'eau chaude a remplacé la braise ardente et n'occasionne pas les mêmes ennuis. Pour éviter le contact du récipient trop chaud, on l'enveloppe d'une serviette ou mieux d'une flanelle de laine qui empêche la chaleur de se dissiper.
On prétend à tort qu'il est mauvais d'entrer dans un lit chauffé ; il est plus mauvais encore d'être saisi par le froid et, si l'on est frileux, de ne pouvoir arriver à se réchauffer.
On fait pour le lit des sacs à eau chaude en caoutchouc, mais il est préférable de les réserver pour le voyage, et le simple cruchon de terre est d'un usage plus pratique et même plus sain.
Toutes les chaufferettes à grilles, alimentées avec du charbon de bois ou des charbons spéciaux, devraient être détruites comme instruments dangereux. Rien n'est pernicieux comme ce foyer découvert d'où les gaz s'échappent librement. La meilleure chaufferette est celle qui se compose d'une boîte plate en métal, destinée à recevoir de l'eau bouillante et que l'on place dans une sorte de tabouret qui conservée fort longtemps la chaleur.
La chancelière en fourrure est chaude et douillette, mais se nettoie difficilement.
^ÇI^ÎRAGE Tous les modes d'éclairage, depuis l'antique bougie jusqu'à la moderne électricité, sont aussi répandus et s'emploient aussi couramment les uns que les autres. Chacun possède aussi une part égale de qualités et d'inconvénients.
Toute lumière artificielle est une source de fatigues pour la vue. L'électricité est la plus pernicieuse, parce que sa lumière est intense, aiguë et froide.
Il faut l'écarter du cabinet de travail, du bureau où l'on écrit, où l'on lit, de la table où l'on coud et de tout endroit où l'on s'applique à un travail minutieux.
On ne combat un peu ses inconvénients qu'en enveloppant entièrement l'ampoule d'une soie de couleur douce, afin que l'œil ne puisse rencontrer aucun point de lumière crue.
Il faut encore éviter de travailler auprès d'un éclairage emprunté aux bougies ; leurs flammes vacillantes fatiguent les yeux délicats.
L'éclairage au gaz, sans être aussi pernicieux que l'éclairage électrique, nest pas encore la lumière de travail.
Seules les lampes à pétrole ou à huile éclairent avec le moins d'inconvénients possibles les travaux demandant une attention oculaire soutenue et prolongée.
On éprouve une grande fatigue à travailler dans un endroit mal éclairé ; l'insuffisance de lumière est donc tout aussi mauvaise qu'une trop vive clarté.
Quel que soit le mode d'éclairage que l'on emploie, la lumière doit toujours être tamisée par un abat-jour, un écran, qui sera le protecteur de l'œil et s'interposera entre lui et la lumière, projetant entièrement celle-ci sur l'endroit qu'il s'agit d'éclairer.
Les lampes à essence sont d'une utilité toute ménagère et inquiètent peu l'hygiène de la vue.
Les veilleuses, quel que soit leur base, doivent laisser les yeux en pleine obscurité, car, même fermés, ceux-ci perçoivent très bien la clarté. Il faut éviter aussi que la lumière du jour ne frappe trop violemment les yeux au réveil.
La température. — La température normale, que l'hygiène
recommande et que la santé exige, ne doit pas être inférieure à 16° ni supérieure à 18°.
Pour obtenir cette température et la maintenir, il faut d'abord posséder un bon thermomètre, fonctionnant bien et... ne pas négliger de regarder chaque jour, plusieurs fois s'il le faut, le degré qu'indique la hauteur du mercure.
Il est puéril d'indiquer comment on obtient une température normale. En été, il est parfois difficile de se soustraire aux caprices de la saison, mais en hiver, on peut toujours combattre — dans l'habitation — un excès de chaleur ou de froid. Pourtant, on ne doit pas oublier qu'une chaleur médiocre est toujours préférable à un chauffage exagéré, qui dispose à l'anémie.
On modérera donc l'ardeur des feux, on aérera doucement l'habitation, pour rester dans la température moyenne indiquée. La ventilation offre encore un moyen d'abaisser la température dans une salle surchauffée.
La chaleur. — La chaleur naturelle, la bonne chaleur du soleil d'été, bien que souvent intolérable, est loin d'être aussi malsaine que la chaleur artificielle empruntée aux divers modes de chauffage.
Pourtant, la trop grande chaleur amollit et déprime. Pour s'en garantir, il faut d'abord plonger la maison dans une demiobscurité, en fermant persiennes, stores ou contrevents ; ceci fait, on laissera les fenêtres, ainsi que les portes, grandes ouvertes, pour établir un renouvellement d'air constant. Dans les pa5''s où l'on connaît la lutte contre la chaleur, on tend, devant la fenêtre ouverte, un rideau fiottant qui, au moindre souffle d'air, remplit le rôle d'éventail et donne en même temps l'obscurité voulue. Pour cela, il n'est pas besoin d'installation spéciale ; on peut employer un des grands rideaux existants, que l'on glisse entre les deux battants de la fenêtre, si leur disposition se prête à cet arrangement. Si la chaleur est persistante et que l'on veuille organiser un rideau fixe de ventilation, on installe un rideau de toile rude monté avec gros anneaux de cuivre glissant sur une tringle. Le soir venu, on le dissimule d'un côté, sous les plis des grands rideaux.
Enfin, le courant d'air, la ventilation artificielle et l'aération
Le buretiii et la InhUolhèquc. — i et 3. Modèles différents de bureau art nouveau avec bibliothèques du même style. — 2. Comment on peut donner un caractère artistique à une bibliothèque. ; — 4. Bureau et bibliothèque à improviser chez soi. — 5. .Modèle de bibliothèque.
Le salon. — En haut : un coin de salon Empire, avec meubles, tableaux et bibelots de l'époque. — En bas : Arrangement de salon avec utilisation de meubles de styles divers. Sur les deux photos, dispositif de décoration murale.
SA MAISON ig3
sont, avec l'obscurité, les grands remèdes contre l'ardente chaleur.
L'humidité. — Une maison humide est un danger, un danger latent, et qui cause les plus grands ravages si l'on ne parvient à y remédier.
Les habitations toutes neuves, tant décriées, ne sont pas les seuls foyers d'humidité. Bien mieux, cette humidité, quoique dangereuse, l'est infiniment moins que cette atmosphère humide que l'on rencontre fréquemment dans de très vieux immeubles.
En effet, Ihumidité de la maison neuve n'est que temporaire ; les plâtres sont frais, mais sécheront, il suffit de leur en laisser le temps. On est d'ailleurs toujours un peu prévenu contre eux et l'on s'en méfie, ce qui est le commencement de la sagesse en pareille matière.
Ce qu'il faut craindre bien davantage, c'est la maison ancienne à laquelle une construction défectueuse, l'emploi de mauvais matériaux, le manque d'appels dair ont créé, depuis des années, une atmosphère humide et des murs suintants. Le chauffage, pas plus que l'air et le temps, n'aura raison d'une humidité de cette nature. L'humidité, au contraire, ne fera que ressortir sous l'influence de la chaleur.
Si l'on avait commis l'imprudence de s'installer dans un milieu aussi malsain et que l'on fût obligé d'y rester, il n'y aurait à employer que des moyens énergiques et coûteux pour remédier à un tel état de choses, et ces moyens seraient les suivants :
Si l'endroit était obscur et sans air, il faudrait y percer des fenêtres et y établir une cheminée d'appel d'air.
Si, par suite d'un défaut de construction, l'humidité se trouvait enfermée dans les murs, il faudrait en arracher entièrement les papiers et les enduire avec l'une des préparations spéciales qui absorbent ou isolent l'humidité. Ces préparations sont compliquées et d'un prix de revient assez élevé. L'une des plus simples se compose d'un mélange de cire jaune et d'essence de térébenthine dans la proportion de 500 grammes d'essence pour 50 grammes de cire.
Dans une maison inhabitée depuis longtemps, on absorbe
Thumidité de l'atmosphère ou des murs en plaçant au bas de ceux-ci une petite quantité de chaux.
Enfin, le soleil et l'air combattent aussi efficacement l'humidité.
Assainissemetit. — Une maison que l'on rouvre après une absence exhale une odeur de renfermé, de poussière, qu'il convient de chasser au plus vite par une aération d'autant plus prolongée que la maison sera restée plus longtemps close. Si la chose est possible, le mieux est de faire aérer chaque jour la maison pendant de longues heures, avant de s'y installer tout à fait, et de faire, dans les mêmes conditions, procéder à un nettoj^age complet. Puis, une fois la maison propre et en ordre, on fera allumer, tout en laissant les fenêtres ouvertes, un bon feu de sarments ou de bois de cornouillier, dans chaque pièce.
La maison se trouvera alors dans de bonnes conditions hygiéniques.
Pendant les chaleurs. — En été, pendant les fortes chaleurs, on évitera de garder dans l'appartement des provisions inutiles de victuailles, de matières odorantes, que la chaleur pourrait corrompre facilement et qui seraient une source d'infection. On redoublera de soin dans le netto5'^age de toutes les choses ménagères, dans le fonctionnement de l'installation hygiénique, etc.
Pourtant, l'excès de chaleur, la pauvreté de l'air des grandes villes oblige à certaines mesures qui sont plutôt des préventifs que des remèdes.
L'aération est la première de ces mesures, puisqu'elle est la base même de Thygiène dans l'habitation ; d'autres, fort simples, contribuent à assainir l'air des appartements en été.
Quelques cuillerées à café de vinaigre, répandues sur une pelle rougie au feu, répandent une odeur aromatique, saine et agréable.
Quelques gouttes d'essence de thym mélangée à l'eau qui sert à laver le plancher ou le carrelage des appartements donnent une sensation de fraîcheur et un parfum pénétrant. On assainit également la maison en y dispersant des soucoupes contenant quelques gouttes de cette essence.
On peut aussi avec succès faire brûler une petite quantité d'eau de Cologne dans le fond d'une assiette creuse.
Les water-closets, l'évier seront assainis si l'on y verse un peu de sulfate de fer dissous dans une certaine quantité d'eau.
En général, toutes les essences aromatiques, employées soit en fumigations, soit en vaporisations, fournissent des mo5^ens pratiques d'assainissement.
Bn hiver. — Si la température empêche l'aération prolongée, il faut pouvoir suppléer au renouvellement de l'air, vicié par les longs séjours dans l'appartement.
Les feux découverts, les feux de bois principalement, purifient l'atmosphère ; on double leur action bienfaisante en y jetant des no5''aux de fruits séchés et concassés, des baies de genévrier ou de la poudre de sucre.
On fait aussi des brûleurs hygiéniques, infiniment pratiques, à cause de leur propreté, de leur petit volume et de la rapidité avec laquelle ils absorbent les miasmes et les mauvaises odeurs. Ils sont alimentés par un alcool parfumé qui laisse, dans l'appartement où l'on s'en est servi, une agréable odeur, très légère du reste.
Ceci est encore le système d'assainissement le plus commode pour Thiver.
Désinfection. — La désinfection s'impose après une maladie contagieuse, pendant une période d'épidémie, car l'état sanitaire de la maison où s'est déclarée et développée cette maladie se trouve des plus sérieusement compromis.
Lorsque l'on confie la désinfection de sa maison, de son appartement à un entrepreneur, celui-ci enlève la literie, les tentures, les tapis et toutes choses pouvant être soumises à l'étuve ; les murs, les plafonds, les parquets, les meubles sont désinfectés par des pulvérisateurs puissants, qui les couvrent d'une imperceptible rosée. Les fenêtres et les portes devront alors rester closes un certain temps et il sera préférable de ne pas habiter l'appartement le jour de sa désinfection, afin de le bien laisser s'imprégner de toutes les émanations purifiantes qui s'y trouvent enfermées.
Les ustensiles de cuisine, tous les objets de verre, de porcelaine, de métal, d'argenterie, seront placés dans un récipient d'eau froide que Ton soumettra à une ébuUition prolongée.
A la campagne, ou dans certaines villes de province ne possédant pas de service de désinfection, il faut se charger soi-même de l'opération, sans se rebuter, car, encore une fois, le danger est menaçant.
On s')'' prendra de la manière suivante : si l'on ne peut avoir dans les environs la ressource d'une étuve, pour la désinfection du linge et de la literie, on lavera ceux-ci dans une eau bouillante additionnée de phénol, de sublimé, ou d'une préparation désinfectante. A ce sujet, il est bon de faire observer que les procédés et les préparations les plus simples sont les meilleurs. Les matelas seront défaits et leur toile lavée de la même façon que le linge ; la laine et le crin seront lavés à l'eau tiède coupée d'un désinfectant, puis séchés à l'air et cardés. On procédera de la même façon pour les oreillers et les traversins.
On ébouillantera tous les objets qui pourront le supporter. Puis on lavera les parquets, les boiseries et les murs peints, avec une eau phénolée, ou bien encore avec une solution faite de 250 grammes de sulfate de zinc dissous dans de l'eau chaude et que l'on emploie à froid.
Les meubles qui ne pourront être lavés seront passés à l'essence de térébenthine.
Enfin, lorsque tout aura été nettoyé, lavé ou ébouillanté, on fera, avec une solution de sublimé à i p. i.ooo, une pulvérisation minutieuse dans tout l'appartement à l'aide d'un gros pulvérisateur ou d'une petite pompe servant à l'arrosage des plantes d'appartement.
On complétera le travail de désinfection en plaçant çà et là dans la maison de gros tampons d'ouate imbibés de formol.
On pourra aussi, employer ce procédé simple et efficace pour désinfecter un nouvel appartement, au cas où l'on aurait quelque doute sur la santé de ses précédents locataires. C'est .là une excellente mesure de précaution.
Les parfums. — L'hygiène s'accommode mal des parfums en afénéral.
Le cabinet de toilette ne doit donc pas révéler la présence des parfums qu'il renferme. Ces parfums, tout à fait personnels, ne doivent pas être imposés à ceux qui vivent à nos côtés, ni -ç ceux qui nous visitent.
L'appartement ne doit accuser que les parfums employés en manière d'assainissement; encore les faut-il légers, discrets et supportables pour tous les odorats.
L'essence de thym répandue sur un tampon d'ouate donne, en été, un parfum frais et piquant ; on peut aussi l'employer en pulvérisation avec un simple vaporisateur de toilette ; on peut également, et de la même manière, se servir d'eau de Cologne, d'essence de lavande. Si ces parfums étaient trop concentrés, on les dédoublerait avec de l'alcool pur.
En hiver on parfume agréablement la maison par l'usage des pastilles ou des papiers odorants. On les trouve couramment dans le commerce, mais il est fort amusant de préparer soimême ces substances embaumées ; on peut d'ailleurs les modifier suivant son goût en augmentant ou retranchant une des essences.
Voici plusieurs recettes :