REPRÉSENTATION ÉCONOMIQUE
idole que je nomme anarchie. » Il est indéniable que nous voilà loin de Burke mourant : « J'ai toujours aimé la liberté des autres. » Hélas ! Renouvier mourant a été moins bien inspiré et dans ses Derniers entreliens on trouve, çà et là, des mots bien fâcheux : « J'approuve la guerre sans merci que le ministère Combes fait aux congrégations. » Si du moins cet austère vieillard avait distingué entre les moines politiciens et les autres, mais quoi, même aux bénédictins ou aux sœurs de Saint- Vincent de Paul, guerre sans merci? C'est justement parce qu'il s'était converti au protestantisme que Renouvier aurait dû donner l'exemple de la tolérance.
Représentation économique.
Il ne faut pas confondre deux choses fort différentes, la représentation politique et la représentation léconomique. En ce moment, celle-ci n'existe pas, mais l'excès serait contraire de l'organiser aux dé- [pens de celle-là. Une représentation ne fonctionne (utilement qu'avec des organes multiples, il faut au (moins deux Chambres ; et transformer l'une d'elles de Chambre politique en Chambre économique, ce serait compromettre toute notre organisation. La solution, plus facile d'ailleurs, consiste à organiser la représentation économique parallèlement à la politique, sous forme de plusieurs Chambres ou Conseils supérieurs. Il y a déjà le Conseil supérieur du Travail, qu'un décret vient retoucher tous les trois ou quatre mois, mais qui n'est pas trop mal composé. Quant aux deux Conseils de l'Agriculture et du Commerce et Industrie, ils sont
à refondre. Il faudrait d'abord les séparer en trois assemblées différentes, les intérêts de Pindustri< étant différents de ceux du commerce, et les transformer, de simples Commissions nommées par le ca« price ministériel, en corps vraiment représentatifs. On pourrait obtenir ceci en établissant que chaqu< Conseil serait composé de cent membres, dont vingtcinq de droit (hommes politiques, par exemple anciens ministres et rapporteurs, ou hauts fonctionnaires techniques), cinquante tirés au sort (bon moyei pour prévenir les brigues) parmi les présidents des Chambres locales d'agriculture, du commerce et des arts et manufactures, et ces Chambres seraient elles mêmes à réorganiser dans un sens libéral ; enfii vingt-cinq choisis, parmi les notabilités du pays, agricoles, industrielles ou commerciales, par les membres déjà en titre. Cela fait en tout quatre Conseils qui pourraient siéger à Paris pendant deux courtes sessions par an. Le Parlement n'oserait pas ne pas leur soumettre tous les projets de lois sur des sujets techniques, et ainsi un partage de pouvoir s'établirait entre les cinq cents députés politiques et les quatre cents conseillers économiques, le Sénat restant audessus pour départager les conflits.
Représentation proportionnelle.
Le vrai profond mérite de la représentation proportionnelle des partis n'est pas d'arriver à plus d'exactitude dans la transcription parlementaire du pays électoral (il faudrait avoir l'âme bien ingénue pour croire que les représentants représentent quelque chose) mais tout modestement, et c'est déjà