‹ Pour causer de toutChapitre 62 sur 138 · HAINE · texte numérisé non relu

HAINE

Transvaal en valait la peine pour les Anglais, comme les Antilles pour les Yankees, comme la Mandchourie pour les Japonais. Conclusion : parler d'un ton doux mais avec un gros bâton à la main, dit Roosevelt, sur qui nos bons pacificistes, je l'espère pour eux, ne doivent plus avoir d'illusions. Mais ce sont gens à présomptions tenaces, et à assertions exaspérantes ; ils en arriveraient à rendre sympathiques Moltke et Nietzsche ! Savourez cette profession de foi de la plus pure orthodoxie: « J'ai toujours détesté l'empire de la force; la gloire militaire ne m'a jamais paru que cacher aux nations une atroce barbarie et tous les crimes réunis en un seul, etc. » Savez-vous de qui sont ces lignes ? De Barère, le pourvoyeur de la guillotine, le plus sinistre chenapan peut-être

J de l'histoire, de Barère qui avait fait voter par la Convention ce décret atroce défendant de faire quar-

j tier aux ennemis pris sur le champ de bataille !

Haine.

Les doctrines de haine politico-religieuses se tiennent, et comme le dit M. Anatole Leroy Beaulieu, « sans l'anticléricalisme, nous n'aurions peut-être pas eu d'antisémitisme et encore moins d'anliprotestantisme ». A cette constatation d'ordre chronologique, qui suffirait à empêcher de mettre ces trois antis sur le même plan, il faudrait en ajouter une autre, c'est que l'antiprotestantisme et l'antisémitisme n'existent jusqu'ici que dans les truculences d'un nombre infime de publicistes, alors que l'anticléricalisme existe bel et bien dans la réalité. On aura beau fouiller l'arsenal de nos lois, décrets, circulaires, ordonnances, etc., on

en trouvera bien qui créent un privilège en faveur de* israélites, le décret Crémieux par exemple, on n'ei trouvera pas qui leur soit spécialement défavorable, alors qu'en vérité on n'a que l'embarras du choix poui lestextes anticléricaux. Et il est regrettable que M. Leroy-Beaulieu n'ait pas indiqué la chose. Ce n'es! peut-être pas servir subtilement la cause de dam< Liberté, que, quand elle se frotte les reins d'une vigoureuse volée de coups de bâton, de venir lui dire Tout cela n'est rien à côté de ce que parle de faire ce malintentionné à l'horizon!

Haute Cour.

Une Haute Cour politique constitue un rouage nécessaire de l'organisation d'un État. Mais cette Cour devrait être un vrai tribunal ou mieux un vrai jury, et non une assemblée politicienne qui ne peut être que juge et partie. Chez nous, actuellement, c'est la Chambre seule qui met en accusation, et c'est le Sénat décoré du nom de Haute Cour qui juge. Ce système est indéfendable. Le Sénat issu de la même source en somme que la Chambre et agité des mêmes passions, n'a ni la sérénité, ni l'indépendance nécessaires pour porter des jugements, surtout politiques.

Une Haute Cour de justice politique digne de ce nom, serait louablement composée de 72 juges désignés parle sort, douze par douze, parmi les sénateurs^ les députés, les présidents des Conseils généraux, les conseillers à la Cour de cassation, Ves conseillers d'État et les premiers présidents des Cours d'appel. Elle serait ainsi une sorte de grand jury national analogue à celui qu'instituait la Constitution de 1852:

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