LANGUES
s'étail-il soumis à l'encyclique Mirari vos, qui le condamnait, que Grégoire XVI, comme pour le pousser à bout, lui demande de « mettre son talent et sa ( science » à défendre le contraire de ce qu'il avait jusqu'alors soutenu. On comprend le mot du malheureux tourmenté : « Tout cela est trop dégoûtant ! » Sans doute Lamennais était le contraire de la docilité et même de la douceur, et l'on ne peut que déployer l'aveuglement de tous ceux qui, son saint frère en tête, influèrent sur son âme impressionnable pour ,1e pousser à la prêtrise. L'aveu désolé qu'il faisait à un ami intime trois mois après son ordination: « Je isuis et ne puis être désormais qu'extraordinairement malheureux... », prouve que ce fut là une inspiration déplorable. Mais, encore une fois, le fait que Lamennais n'avait en rien l'âme sacerdotale n'excuse pas les monsignorl du Vatican qui profilèrent de la niaiserie de Grégoire XVI pour acculera la révolte le pauvre Féli.
Langues.
On ne peut apprendre une langue étrangère, soit bour la parler, soit pour l'écrire, qu'en se faisant des vocabulaires gradués de mots groupés par leur affinité de sens et non certes par ordre alphabétique, le premier contenant les mille mots nécessaires à l'expression de toute idée (donc autant de prépositions et ie verbes que de substantifs), le second comprenant matre ou cinq autres milliers de mots encore utiles, e troisième pouvant aller jusqu'à des dizaines de mil- ! iers de mots techniques. Le travail est pénible à faire, nais une fois fini, il servirait pour toutes les langues.
Or un livre de ce genre n'a jamais été imprimé en France, et aucun des éditeurs à qui j'ai eu l'occasion de le faire remarquer n'a semblé désireux, ô routine ! de combler cette lacune.
Latine (Décadence).
Est-il bien certain que la décadence latine soit irrémédiable ? Il faudrait auparavant être sûr qu'elle existât. Laissons là, puisque nous sommes trop intéressés dans la question, la France, qui doit pourtant avoir un sacré tempérament pour résister à ses gouvernants ! Mais l'Italie décade-t-elle ? Elle vient, en moins de dix ans, de retirer de l'étranger les deux tiers de sa dette, près de quatre milliards, cela n'est pas maL L'Espagne a, sans doute, fait piètre figure dans la guerre de Cuba, mais les défaites, qui prouvent tant contre les généraux et les ministres, ne prouvent guère contre les peuples ; la pauvre Espagne souffre du même mal que nous, la vermine politicienne ; le jour où elle aura passé ses sublimes au sublimé, elle sera stupéfaite de son rajeunissement. Quant aux républiques sud-américaines, qui sont le grand cheval de bataille de nos antilatinistes, j'oserai faire remarquer d'abord que leurs habitants ne sont pas Latins, mais métis de Peaux-Rouges et d'Espagnols lesquels ne sont d'ailleurs pas Latins, ni peut-être même Aryens ; ensuite que ces républiques ont été désorientées par le prestige des États-Unis qui sont responsables de leur longue anarchie ; enfin qu'aujourd'hui les quatre grands pays (en comparaison desquels on peut bien négliger Colombie et Véné. zuéla,car ils constituent les cinq sixièmes de l'Ibéro-