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L'ARCHITRAVE

revêtements plus ou moins luxueux, sous lesquels ils dissimulaient la construction fruste.

Cette conception, contre laquelle les défendaient mal leur tempérament et leur tournure d'esprit, permettait d'élever d’im-

menses édifices en matériaux que l’on pouvait aisément se

procurer, transporter et tailler, et que l’on habillait ensuite de

placages. C'était pratique, mais fort éloigné du principe de l’ar- |

chitecture grecque, à la- — quelle on empruntait ses formes.

L’architrave. — Lorsque les Romains arrivèrent en Gaule, leur art avait déjà subi une évolution dont l’histoire détaillée serait en dehors de notre sujet. L'art

romain dérive de l’art Pia. 10. — ARCHITRAYE. étrusque et de l’art Théâtre d'Arles.

grec. L'art grec ne Cliché Hachette.

fut jamais à Rome qu'un

art d'importation : le fond de l’art romain est étrusque. Une première différence entre l'art grec et l'art étrusque ou romain provient de ce que le constructeur grec n’emploie pour couvrir les baies et pour franchir les vides que l'architrave, tandis que les Étrusques et après eux les Romains ont connu l'usage de l’arc. Cette différence est essentielle; car, en principe, si l’on fait abstraction de l'architecture militaire, le mode de couverture commande tout l'édifice.

L’architrave (fig. 10) est une FOUT de pierre jetée d'un appui à l'appui voisin, d’une colonne à la colonne suivante. Quand la poutre de pierre couvre une baie pratiquée dans une

| maçonnerie pleine, elle prend le nom de linteau. L'architrave pèse verticalement sur l'appui ; ; pour que celui-ci supporte la charge, il faut qu'il soit assez large et de matériaux assez résistants pour ne pas s’écraser sous la pression. Si le poids est trop fort, la pierre surchargée se fend et l'appui présente des fissures qui attaquent les blocs.

Tout autre est l’économie de l'arc.

LA CONSTRUCTION GALLO-ROMAINE

L'arc. — Pour faire un arc (fig. 11), on pose au-dessus de l'appui ou pied-droit une moulure saillante ou imposte ; sur cette imposte.on construit un appareil provisoire de bois où cintre, sur lequel les maçons rangent les claveaux, c'est-àdire des pierres taillées en coin. Lorsque l'arc est terminé, on le décintre, en d’autres termes on enlève le cintre. À partir de ce moment, l'arc est soumis à un travail : les claveaux inférieurs, qui reposent sur un lit horizontal ou à peine incliné, sont stables, — ces claveaux-là s’appellent les retombées ; — mais, au-dessus d'un certain niveau, les claveaux tendent à s'échapper vers le vide, surtout les claveaux supérieurs, dont les lits sont pres-

F1G. 11. — ARC EN PLEIN CINTRE. que verticaux ; pour se faire un passage, ils chassent les pieds-droits et ils les renversent quand ceux-ci n'offrent pas une stabilité suffisante ; les blocs se disjoignent, les maçonneries se rayent de lézardes qui ne sont que des joints élargis et, lorsque les pieds-droits sont assez écartés, la voûte s'effondre. En résumé, l’architrave développe une pesée verticale ; l’arc exerce sur chacun de ses pieds-droits une pression oblique ou poussée. L'histoire de l’art de bâtir dans nos pays tient pour la plus grande partie dans un mot : c’est une lutte contre la poussée.

Le claveau qui est à la naissance de l'arc (fig. 11) est dit sommier ; le claveau supérieur, qui ferme l'arc, est la clef. On appelle tétes les deux plans verticaux de l'arc. L'intrados ou douelle est le plan concave qui se trouve à l'intérieur de l'arc. L'extrados répond à la convexité extérieure. En général, l'extrados est concentrique à l'intrados ; lorsque l’extrados dessine alternativement des joints verticaux et des joints horizontaux (fig. 11, moitié gauche), on dit qu'il est en escalier.

Le tracé et la poussée de l'arc. — Les arcs ont des figures diverses. La plus habituelle est le plein cintre (fg. 12), qui

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