PLANCHE XI
= ; LES ÉDIFICES RELIGIEUX
présentent une véritauie originalité; les autres, Bourgogne, Champagne et Normandie, se ressemblent entre elles et ressemblent au gothique pur de l'Ile-de-France. nr
On trouvera, résumés en marge de la carte ci-après, les principaux caractères des écoles d'architecture religieuse gothique,
Les écoles romanes, moins accusées au XxI° siècle, se distinguent mieux au XII*; en évoluant, elles prennent plus d'originalité. Les écoles gothiques, au contraire, plus diverses à l'origine, vont en se rapprochant d’une formule uniforme.
Les cathédrales gothiques. — En face de nos cathédrales gothiques, nul n’est indifférent : les uns admirent avec passion, les autres critiquent non sans âpreté. On reproche volontiers à la cathédrale de n’avoir pas les lignes sereines du temple grec et de recourir à des procédés, comme l’arc-boutant, que l'antiquité n’a pas connus.
C'est oublier que, le problème ne se posant pas ici et là de même façon, les solutions sont nécessairement différentes. | Avant de s’en étonner, il faudrait nous dire comment les artistes qui ont élevé le Parthénon s'y seraient pris, s'ils avaient eu à équilibrer une voûte comme celle d'Amiens.
En vérité, pour n'avoir pas la même beauté que le temple, la cathédrale n’en est pas moins très belle. Un homme que sa for- | mation ne prédisposait pas à s’enthousiasmer pour l'architecture médiévale, un Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Choisy a dit du chœur de Beauvais qu'il est « le plus splendide vaisseau qui ait jamais été construit »,
Au surplus, si les deux arts aboutissent à des formes dissemblables, ils se rencontrent sur des principes communs. C'est ainsi que, sous le ciseau du sculpteur gréc et de l'imagier gothique, sont écloses des effigies d’une noblesse et d’une simplicité incomparables.
Le temple est-il supérieur, grâce à sa perfection? La cathé- ! drale l'emporte-t-elle, par la hardiesse et l'ingéniosité de sa construction, par la libre variété de sa décoration, par la grandeur émouvante de ses lignes? Ce qui est certain, c'est que l'un et l'autre comptent parmi les créations qui font le plus d'honneur à l'esprit humain.
ÉCOLE NORMANDE. — PLAN : dans les grandes églises, déambulatoire et
chapelles rayonnantes. — (ORDONNANCE INTÉRIEURE DE LA NEF: galeries étroites dans l'embrasure des fenêtres. — PILIERS, etc. : tour-lanterne : arcs parfois suraigus ; persistance des flèches carrées. — Décorarion :
motifs géométriques, notamment trèfles et quadrilobes ; stylisation monotone des feuillages ; chapiteaux ronds et mous.
ÉCOLE BOURGUIGNONNE. — VOUTEMENT : persistance de la voûte
d'arêtes et de la voûte sexpartite ; arcs-boutants quelquefois supprimés. — ORDONNANCE INTÉRIEURE : petites galeries dans les embrasures des fenêtres. — PILIERS, etc. : tour centrale fréquente ; entre le formeret et la fenêtre, vide qui est clos en dessus par des dalles allant de l’un à l’autre et portant le chéneau : persistance du plein-cintre dans les portes. — Déco- RATION : sculpture riche et pleine, persistance de la corniche à corbeaux, de forme spéciale.
ÉCOLE CHAMPENOISE. — PLAN: quelquefois chapelles rayonnantes
carrées, avec deux colonnes entre la chapelle et le déambulatoire. — VOUTE- MENT : variété dans le nombre des branches d’ogives. — ORDONNANCE INTÉ- RIEURE : étroite galerie dans l’embrasure des fenêtres. — PILIERS, etc. : entre le formeret et la fenêtre, vide au-dessus duquel est un berceau court qui porte chéneau. — DÉCORATION : quelques chapiteaux ronds.
ÉCOLE D'AQUITAINE. — Les provinces de l'Ouest qui sont au sud de la
(Se
Loire ont deux types d’églises : à une nef, à trois nefs de hauteur approximativement égale. Dans l’un et l’autre, la formule gothique est incomplètement développée : pas d’arcs-boutants, des murs épais, des contreforts massifs, une construction d'allure un peu lourde, des fenêtres médiocrement grandes.
Les indications suivantes se réfèrent aux édifices des x11°, xr11° siècles : le plan carré des voûtes entraîna la largeur égale des nefs : quand on fit des voûtes barlongues, on renonça au bombement et aux liernes multiples. Églises à trois nefs. — PLAN : dérivé du roman poitevin, mais modifié : pas de déambulatoire ; collatéraux à peu près aussi larges que la nef. — VOUTEMENT : voûtes de plan carré, bombées, sur ogives et sur liernes. — ORDONNANCE DE LA NEF:n1 triforium, n1 fenêtres.
Églises à une nef. — PLAN : dérivé de celui des églises à coupoles : travées carrées. — VOUTEMENT : comme dans les églises à trois nefs. — ORDON- NANCE DE LA NEF : à mi-hauteur, galerie intérieure,
COLE DU LANGUEDOC. — PLAN : dérivé d’un plan roman à nef unique accompagnée de chapelles : pas de déambulatoire ; nef quelquefois très large, bordée, à droite et à gauche, de chapelles séparées par des murs de refend formant contrefort. — ORDONNANCE DE LA NEF : entre le debouché des chapelles, en b:s, et le formeret, en haut. petites fenêtres rondes ; les chapelles sont quelquefois à un étage. — DÉCORATION : sobre ; quand les nervures sont en briques, le profil est compris en conséquence.
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