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CHAPITRE XI

Édifices militaires.

Les conditions, le milieu. — Durant la longue paix romaine, les villes de la Gaule n'étaient pas fortifiées ; ainsi s'explique la facilité avec laquelle les Barbares traversèrent le pays au Ii siècle. Pour résister aux invasions futures, on réduisit l'étendue des villes et on les enferma dans des murailles faites de débris des édifices renversés.

Arriva le Moyen Age. La France fut divisée en une foule de petites seigneuries indépendantes et ennemies ; les places de peu d'importance se multiplièrent. C’est le temps des chàteaux forts, des maisons fortes. Dans les villes, on arma les quartiers l’un contre l’autre, et même des maisons urbaines furent munies de défenses contre la rue.

Après l'époque romaine et jusque vers le xI° siècle, les fortifications étaient légères et il n’en reste à peu près rien. L'art de l'ingénieur militaire profita, pendant les Croisades, des rudes leçons de l'Orient. D'autre part, des seigneurs féodaux lisaient Végèce et s'inspiraient de ses enseignements. Enfin, l'attaque et la défense des places se perfectionnèrent sous l'action des grands hommes de guerre du temps : c'est ainsi que le duel épique engagé, à la fin du xri° siècle, entre Philippe- Auguste et Richard Cœur de Lion marque dans l’histoire de la fortification une date mémorable.

Les progrès du pouvoir royal devaient fatalement amener la ruine des petites places : au xvii® siècle, les châteaux furent démantelés, détruits. On ne protégea que les villes, les villes frontières surtout, ou les positions stratégiques importantes. Il faut toutefois compter avec les exceptions : sur le littoral méditerranéen, par exemple, les populations durent avoir, jusqu’à

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LES CÉDIFICES MILITAIRES ren

la prise d'Alger en 1830, des lieux de refuge légèrement fortifés pour se défendre contre les pirates barbaresques.

L'attaque des places et l'armement. — La fortification a un double rôle, passif et actif : elle est un obstacle à l'attaque, elle met en valeur la défense. Pour la comprendre, il faut donc se rendre compte des moyens dont disposaient l'une et l’autre.

Lorsque l'ennemi ne pouvait pas forcer la porte ou l'enlever par surprise, ni atteindre le haut des murailles à l’aide d’échelles, il investissait la place.

Un siège en règle comprenait, de la part de l’assiégeant, une double ligne : contrevallation pour résister aux assiégés, circonvallation pour faire front, du côté de la campagne, aux armées de secours. Ainsi

FiG. 300. — TRÉBUCHET. couvert, l'assaillant menait ses travaux.

Dans certains cas, il construisait des beffrois, tours roulantes munies d’un pont-levis à leur partie supérieure et revêtues de peaux fraîches qui les garantissaient contre le feu. I] poussait le beffroi sur le fossé préalablement comblé et abaissait sur les murs le pont-levis, par lequel s’élançait la colonne d'assaut.

Parfois, on faisait brèche dans les murailles, soit en les sapant, soit en ébranlant les maçonneries. Le mineur ou le pionnier avançaient, le premier sous terre, le second sous une galerie de madfriers ou sous un abri quelconque ; ils attaquaient le mur, étayant la sape avec des poteaux enduits de matières inflammables, et ils mettaient le feu : le mur croulait.

bélier ou des machines de trait. Le bélier était une grosse poutre armée d'une tête de métal ; cette poutre était logée dans un abri mobile et suspendue au faîte de l'abri ; on la ramenait en arrière à force de bras et on la poussait violemment contre la muraille.

Quant aux machines de trait, elles étaient de plusieurs sys-

Pour ébranler et ruiner les maçonneries, on se servait du |:

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