L'ARMEMENT
tèmes. Les unes avaient une longue flèche, terminée d’un bout par une fronde, de l’autre par un contrepoids. Dans le trébuchet (fig. 300), le contrepoids était articulé ; dans le mangonneau, il était rigide et une équipe en augmentait la force par une traction vigoureuse. Trébuchet et mangonneau lançaient surtout des boulets de pierre. Le grand inconvénient de ces deux engins consiste en ce qu'ils ne pivotent pas, d’où il résulte que le plan du tir est invariable.
D'autres machines étaient à ressort : dans la pierrière ou baliste (fig. 301), l'extrémité libre de la verge était façonnée en cuiller, sur laquelle on posait un boulet de pierre ; à la suite du déclic, la verge, sous l’action d'un ressort, heurtait avec force un butoir, et le F1G. 301. — PIERRIÈRE. boulet continuait suivant sa trajectoire. L'’arbalète à tour était simplement une arbalète de fortes dimensions, montée sur un affût et lançant de gros traits. La catapulte avait un ressort en bois vert.
L'artillerie à feu ne réalisa pas d’abord un très sensible progrès : les boulets en pierre, dont la portée était fort médiocre, se brisaient contre les parements. La substitution des projectiles en fer aux projectiles en pierre, à la fin de la guerre de Cent Ans, fut autrement importante que l'emploi de la poudre à canon comme moyen de propulsion. Le xvi® siècle imagina les tourillons, qui, permettant d'incliner plus ou moins la pièce, facilitent le pointage, et l'affût sur roues, qui donne à l'artillerie plus de mobilité. Il fallut dès lors changer les dispositifs de la défense.On sait que la portée et la force de l’artillerie se sont accrues sous le second Empire, par l'invention des canons rayés, et depuis lors, par l'emploi d'obus chargés de poudres explosives brisantes. Aujourd’hui, les gros projectiles sont de véritables mines très puissantes.
Un mot des armes portatives de trait : l'arc, plus léger et beaucoup plus rapide que l’arbalète, lançait des flèches empennées, à la volée ou de plein fouet ; l’arbalète, que l’on bandait avec une mécanique, tirait des carreaux, plus courts et plus gros
— LES ÉDIFICES MILITAIRES a
que les flèches: l'arquebuse, quiétait une arme à feu, futen usage dès le xv® siècle et lemousquet depuisle xvir° siècle. Naturellement tous ces engins servaient à la défense,aussi bien qu'àl'attaque
Le tracé des fortifications antérieurement aux fronts. bastionnés. — On choisit pour les forteresses une assiette défendue par des obstacles naturels, rivières, pentes abruptes, eics et qui domine, qui commande les environs. On garnit cette position d’une enceinte et on pro-
GS re é É US Ê TZ cette enceinte elle- INNSete même par des ouvrages
De 2 un . r .
NI lee avancés, destinés à briser
SEE l'élan des assaillants, à F1G. 302. — FLANQUEMENT : TRACÉ SINUEUX. les tenir le plus longtemps
possible sur un terrain découvert, exposés aux coups de la garnison. Les fossés, pleins ou secs, revêtus, c'est-à-dire maçonnés, ou non revétus, avaient, en outre, pour but de rendre plus difficiles les travaux de mine. On appelle escarpe, le talus, le côté des fossés vers la place, etcontrescarpe, le talus opposé. Un chemin de ronde est fréquemment ménagé entre l'escarpe et le pied du mur,et sur l’arête de l'escarpe on plante une barrière, que l'on appelle lices. Ce nom s'étendit au chemin de ronde lui-même. On fit d’autres barrières en avant du corps de la place, de même que des terrassements et des
Crémaillère Redent