LÉS ÉDIFICES MILITAIRES
de l’arbalète. Les meurtrières des fortifications romaines sont de larges baies, pareilles à des fenêtres.
Les machicoulis et les archères. — Il était, malgré tout, impossible d'atteindre sans se découvrir un ennemi placé au pied du mur. I] fallait pour cela un tir vertical. On l’obtint en reportant le parapet un peu en avant de la muraille : entre celle-ci et celui-là on laissait béants des vides ou mâchicoulis, par où tombaient les projectiles ; suivant leur éloignement du mur, les projectiles pouvaient heurter | un empattement en talus et ricocher, battant une zone en avant du pied de la muraille.
Tel est le principe : l’application varia. Les premiers parapets en saillie paraissent avoir été de bois et démontables ; des trous et des corbeaux étaient disposés pour établir, en cas d'alerte, des galeries de charpente (fig. |
: 308), qui sont les hourds, les | 116. 310. — MACHICOULIS SUR CORBEAUX. hourdages; les hourds furent en usage dès le xI° siècle.
Au siècle suivant, on monta contre les murs (fig. 309), au-dessus de l'empattement, des contreforts, dont les têtes étaient reliées par des arcs ; sur ces arcs on bâtissait le parapet. Cette combinaison avait l'inconvénient de diviser la courtine en compartiments séparés par les contreforts et qui ne pouvaient pas s’entr'aider. On préféra d'ordinaire obtenir la saillie par des encorbellements de quelques assises, entre lesquels étaient réservés les mâchicoulis (fig. 310) ; le parapet s’appuyait sur l'extrémité libre du corbeau supérieur. Enfin, on profila par places des moulures, dans le but d'arrêter les traits qui glissaient sur les parements.
Les fenêtres étaient rares sur le dehors, étroites et haut placées. Quant aux meurtrières, on les répartissait à tous les niveaux et dans tous les sens, de telle sorte que les défenseurs eussent des vues sur tous les abords. Le bas de la fente s’élargit pour augmenter l'angle du tir ; la plongée, surtout dans les archères
ae LES TOURS
hautes, est très inclinée. Depuis le début du xiv® siècle, l’habitude s’introduisit d'échancrer ces rainures (fig. 311), non plus seulement en bas, mais en haut et au milieu. L’échancrure du milieu servait pour tirer de but en blanc 7 et celle du haut pour tirer à la volée : la flèche montait, puis descendait brusquement, suivant une ligne presque verticale et avec une grande force de pénétration. b Ces meurtrières étaient précédées, du côté intérieur, par une niche (fig. 312) où le tireur se plaçait et qui affaiblissait beaucoup la construction Les tours. — Les moyens de défense sont particulièrement accumulés dans les tours, tours de flanquement, tours-réduits qui s'appellent les donjons.
: A F1G. 311. — ARCHÈRE | Les tours sont creuses, à cela près QUE Là MEURTRIÈRE À l'on a fait parfois le rez-de-chaussée massif. MRE. EXTÉRIEUR.
Ces rez-de-chaussée pleins résistent mieux
à la mine ; par contre, ils rendent plus malaisées les manœuvres de contremine. D'autre part, on a utilisé les sous-sols des tours pour y loger des caves, des citernes, des latrines, quelquefois des glacières ou des cachots : les oubliettes, où l’on aurait abandonné les prisonniers, paraissent être un mythe.
Les murs des tours montent généralement d’une venue à l'extérieur ; mais, généralement aussi, ils s’amincissent, à l’intérieur, d’un ressaut à chaque étage. Même dans les tours rondes, les salles sont souvent carrées ou polygonales, parce Fic. 312. — ARCHÈRE. INTÉRIEUR. que ces plans se prêtent mieux
à la construction des niches d’archèreset des voûtes. Les voûtes, en effet, sont fréquentes dans les étages bas, depuis le x11° siècle environ. Les voûtes d'ogives
———— LES ÉDIFICÉSIMILITAIRES EE
ont autant de branches qu'il y a d’angles dans la salle : les nervures sont souvent de profil très simple, sur culs-de-lampe,
lasse RE al
avec une clef largement percée d’un œil pour le montage rapide des munitions.
Quelques tours s’ouvraient sur le dehors par des poternes, qui servaient aux sorties. On accédait plutôt dans les tours, des courtines; on y arrivait aussi de l'intérieur de la place, par une porte élevée au-dessus du sol et que desservait une échelle à main. On a également placé en avant des portes une fosse qu'enjambait |
d'un étage de la tour à un autre. Il est
F1G. 313. — DouBLE
CRÉNELAGE. des tours di- Hope visées en deux
Pierrefond Oise).
MR TEEN dans le sens
Cliché Neurdein. de la hauteur:
la moitié haute communique avec une partie de la forteresse, par exemple, le chemin de ronde en haut de la | muraille et la moitié basse avec une autre partie, comme la rue du rempart ou une cour. Les escaliers pouvaient aussi être brisés :
la personne qui montait ou descendait devait, à mi-hauteur de la tour, traverser une salle de garde et se faire reconnaître.
Dans de grosses tours des châteaux, le couronnement comprend deux ou trois étages de défenses (fg. 313). La couverture est tan-
un pont volant (fig. 307).
On ne montait pas toujours directement
tôt une terrasse, tantôt une toiture conique plus ou moins aiguë, qui, depuis le xIV® siècle, peut être posée non Dé