F1G. 316. — PORTE ET PONT-LEVIS
Les places fortes. — Les places fortes sont de nature et d'importance très variables : des enceintes abritaient une grande ville et une garnison nombreuse ; dans les Pyrénées, des tours de guet avaient pour toute garnison un ou deux hommes et un
LES PLACES FORTÉS
chien : l’homme surveillait le pays et signalait les dangers par des feux ou des fumées dont le nombre était proportionné à la force de l'ennemi. Les églises voûtées, surtout les églises romanes, massives et résistantes, étaient à peu de frais mises en état de soutenir un assaut : la défense était installée dans le clocher ou entre voûte et toit. Les moulins pouvaient être fortifiés et aussi les manoirs, les monastères, les villages :
dans la langue du Moyen Âge, castrum ne désigne pas un château, mais un village clos de murs.
Dans le monde gallo-romain, les castra sont les camps. Les
troupes romaines se IT mn" retranchaient tous les CH
soirs pour prendre leur ns :
repos, à ce point a à qu'elles comptaient les Il ne
journées de marche par
le nombre de camps NS
qu’elles avaient établis. 7 2e a Ces camps de passage 13 We On J s’appelai entacasira F1G. 317. — PONT-LEVIS A BASCULE.
æstiva, camps d'été,
parce que l'on ne faisait guère campagne que pendant cette saison. Les castra hiberna, où les troupes prenaient leurs quartiers d'hiver, étaient entourés de défenses plus solides, et ils comportaient des baraquements. Les castra stativa étaient des camps permanents, qui pouvaient être utilisés comme gîtes d'étape, mais dont l'objet était d'occuper à demeure une position stratégique. Parmi ces derniers camps, beaucoup ont donné naissance à des villes.
Les camps romains ont maintes fois occupé les archéologues. Les auteurs militaires anciens ont énoncé à leur sujet des règles
— LÉS ÉDIFICÉS MILITAIRES
théoriques : le camp devait décrire un rectangle légèrement allongé ; en réalité, le plan était approprié aux circonstances, surtout au relief du sol.
Quelle que soit la place forte, il est d'usage qu'elle comprend l'enceinte et un réduit : dans les châteaux, ce réduit est le donjon. Les plus anciens donjons étaient des tours de bois posées sur des mottes de terre rapportée, qu'il ne faut pas confondre avec les fumuli préhistoriques. Il subsiste de la fin du x® siècle un donjon de pierre, construit à Langeais (Indre-et- Loire), par Foulques Nerra. Ces
F1G. 318. — DONJON, xI° SIÈCLE. SE - —— | Beaugency (Loiret).
Cliché de l'auteur. .
donjons de pierre carrés, à contreforts, avec ou sans tourelle d'angle pour l'escalier, furent surtout nombreux au xI° siècle, dans la vallée de la Loire (fig. 318). Le même siècle fit des donjons circulaires, cylindriques ou tronconiques, et des donjons de charpente. Le xII® siècle tâtonna à la recherhe d’un type rationnel : tours en quatre-feuilles, comme la tour Guinette d'Étampes ; tour carrée cantonnée de tourelles rondes, comme le donjon de Provins (fig. 319); tour en amande, comme le donjon de Château-Gaillard des Andelys, construit par Richard Cœur de Lion en 1196-1197 et enlevé par Philippe-Auguste en 1204, etc.
F1G. 319. — DONJON, x11° SIÈCLE.
Provins (S -et-M.).
Cliché Mon. Hist.