PLANCHE XIV
— LES ÉLÉMENTS DES ÉDIFICES CIVILS célèbre du théâtre de Bordeaux (PI. XIV, B), dont Charles
Garnier s’est inspiré à l'Opéra.
Les escaliers à vis. — L'escalier à vis s'élève en décrivant une hélice : cet escalier à vis présente des avantages multiples : il est plus facile à loger et il se prête à l'ouverture de portes dans toutes les directions et à toutes les hauteurs.
L'escalier à vis existait chez les Romains, qui en ont placé un, par exemple, dans la colonne Trajane ; mais c’est la période gothique qui a le plus fréquemment et le plus heureusement tiré parti de ce type d'escalier.
Les escaliers à vis de l’époque romane étaient couverts d'un berceau également en hélice, qui montait et tournait avec l'escalier. Un pareil berceau était difficile à appareiller : la vis de
FiG. 334. — ESCaLtER À VIS. Saint-Gilles (Gard) est renommée
pour la perfection de sa stéréotomie. Les naissances de ces berceaux reposaient parfois, du côté du mur sur une encoche, du côté du noyau sur une saillie : encoche et saillie suivaient le mouvement de l'escalier.
Tout cela compliquait la construction.
On fit donc, pendant le x111° siècle et après, des escaliers à vis dont les marches restent visibles par-dessous. Chaque marche porte un bout du noyau, correspondant à la hauteur de la marche ; chaque marche repose de l'avant sur l'arrière de la | marche inférieure ; enfin, l'extrémité opposée au noyau est | tantôt insérée dans le mur extérieur (fig. 334) et tantôt soulignée par une forte moulure, qui forme un corbeau continu et qui suit, par-dessous, les ressauts des marches. Lorsque l'escalier était large, il devenait impossible de tailler dans le même bloc marche et noyau ; le noyau était monté séparément et il était quelquefois très riche.
Enfin, depuis le xIV® siècle, on a fait des escaliers à vis sans
ms L'EST ESCALIERS
noyau, dont le limon tourne en montant autour d'un vide. L'escalier à vis a pris place quelquefois, lui aussi, dans l’épaisseur des fortes murailles d’une tour ou d'un château. La combinaison la plus ordinaire consiste à l’enfermer dans une tourelle (PI. XIV, C). Ces tourelles peuvent être engagées dans la façade ou dans un angle: parfois l'escalier est à l'intérieur de la construction Â# jusqu'au premier étage, et la tourelle = forme saillie à partir de ce niveau.
Les lignes montantes des fenêtres | ou même des emmarchements, | visibles sur le parement extérieur, donnent aux escaliers de ce genre | du mouvement et une jolie allure. |4 C'est du pittoresque de bon aloi.
Le x1v® siècle perfectionna no- |=:
tablement la construction des grands escaliers à vis. Il en fit, comme plus tard le xvi® siècle
(fig. 335), où deux montées sont =
encloses dans une tourelle unique, pic. 335. __ Escarrér À peux soit que l’une tourne autour de MONTÉES, XVI® SIÈCLE. l’autre età même hauteur, soit que Château de Blois.
l’une s’élève au-dessous de l’autre.
Aux escaliers à vis on peut rattacher ces beaux escaliers que le xvr£ siècle a laissés, notamment à Périgueux. Ils sont dans une cage carrée assez grande ; un bout des marches est dans le mur, l'autre s'appuie sur un limon qui, lui-même, est porté par des piliers disposés aux angles d’une très petite cour carrée. Chaque volée correspond à un côté de ce carré ; entre deux volées consécutives, un palier rachète la différence de longueur entre le côté intérieur et le côté extérieur, entre le limon et le mur