FIG. 345. — ARC DE TRIOMPHE
A ROMAIN. de la scène.
Orange. Comme dans certains am- Cliché Neurdein. phithéâtres, on a pu, dans
certains théâtres, mettre à profit le relief naturel du sol pour loger la cavea, les gradins. Le Moyen Age ne construisit pas de théâtres. Les théâtres modernes sont des édifices clos et couverts On entend par arcs de triomphe (fig. 345) des arcs isolés, ce qui les distingue des portes monumentales. Ils sont bâtis pour commémorer un événement, pour glorifier un personnage ou pour embellir une ville, un pont, etc. Ces arcs peuvent présenter une grande baie accostée de deux baies plus petites. La décoration sculpturale s'imposait dans ces édifices purement somptuaires ; elle est souvent abondante autant qu'intéressante.
Le Moyen Age ignora les arcs de triomphe, dont la vogue | reprit en France au xvii® siècle (fig. 346). L'idée fut assez :
fâcheuse de dresser en travers d'une voie ces édifices parfai-
tement inutiles, qui aujourd'hui gênent la circulation devenue plus active.
arrière de la scène est un grand | mur de fond, percé de portes | pour le passage des artistes. La |
LES AQUEDUCS —— ee
Les aqueducs. — Les aqueducs romains sont des conduites maçonnées ou des tuyaux de plomb ou des tuyaux de terre cuite, pris ou non dans du mortier, ou enfin des tuyaux de bois. Les conduites maçonnées sont revêtues intérieurement d’un ciment qui doit à la présence de la brique pilée une teinte rougeâtre et qui forme sur les angles inférieurs de lacuvetteun bourrelet destiné à empêcher les infiltrations. La pente est très variable ; 1l semble que, pour ralentir le courant, on l'ait parfois rompu en faisant tomber l’eau dans des bassins.
Les Romains faisaient de préférence des conduites souterraines, qui conservaient à l’eau sa fraicheur. Ils connaissaient le principe du siphon ; lorsque la vallée à franchir était profonde, ils élevaient dans le bas un mur plein ou une série d’arcades, etilsétablissaient
un siphon pour racheter la diffé- Een re
rence de niveau entre ce sup- DE VILLE. 1672.
port et les crêtes. Paris, Porte Saint-Denis. Il est périlleux de poser les Cliché Neurdein.
aqueducs, qui sont étroits, sur des arcades trop hautes ; les piles grêles seraient ruinées par les forces diverses qui les travaillent, en long et en travers ; pour obvier à ces causes de renversement, on épaulait la construction au moyen de contreforts, ou bien (fig. 347) on faisait des piles très épaisses au pied et qui s’amincissaient en montant ; un procédé courant consiste à superposer deux ou trois étages d'arcades, dont les dimensions peuvent décroître de bas en haut. C'est à peu près le parti adopté au Pont du Gard (fig. 348). On a fait quelques aqueducs sur arcades durant le Moyen Age, un plus grand nombre depuis : l’aqueduc célèbre de Roquefavour (Bouches-du-Rhône) est du xix° siècle. Les canalisations en fonte ou en matériaux agglomérés ou armés, que | livre actuellement l'industrie, sont assez résistantes pour permettre de supprimer ces constructions, qui étaient d'un prix élevé, mais d’un si bel aspect.
F ÉDIFICES PUBLICS
Les ponts de maçonnerie. — Le réseau des voies romaines rendait nécessaires des ponts nombreux, que le Moyen Age utilisa longuement. On sait, néanmoins, que l'ordre des frères Pontifes fut créé, au XII® siècle, pour construire, comme l'indique leur nom, et pour entretenir les ponts.
Pendant l’antiquité, les arches dessinaient un plein cintre ou bien une courbe approchante (PI. XV, A): les maîtres d'œuvre gothiques adoptèrent plutôt l'arc brisé (PI. XV, C): cette forme a
FIG. 347. — AQUEDUC ROMAIN. un avantage — elle est plus Luynes (Indre-et-Loire). solide — et des inconvénients — Cliché Mon. Hist. elle exagère la hauteur, d’où il
suit qu'elle augmente le cube des maçonneries et qu'elle exige soit un tablier en dos d'âne, soit des rampes d'accès.
On construisit donc, depuis le xvI® siècle, des arches de plus en plus surbaissées (PI. XV, D), pour lesquelles on adopta souvent le tracé en anse de panier, formé d'un nombre impair d'arcs de cercle ; on fit aussi des arches de grande portée, pour diminuer le nombre des piles : les piles, en effet, encombrent le lit et gênent le cours, d'autant plus qu'il était
, < È = FIG. 348. — AQUEDUC ROMAIN À nécessaire de les faire très PLUSIEURS ÉTAGES. grosses, pour les fonder solide- Pont du Gard. ment, et de Îles protéger par Cliché Hachette.
des enrochements. Les ingénieurs modernes, pour faciliter le glissement de l’eau, ont
En — LES PONTS DE MAÇONNERIE ————
imaginé d'entamer obliquementle bord de la partieinférieure des arches ; il en résulte, dans chacune de ces arches, deux échan-
| crures faites en demi-croissants, dont les pointes tendent à se
rejoindre vers le haut : c’est la corne de vache (PI. XV, E). Lorsqu'un pont est à plusieurs arches, les poussées de deux
arches contiguës se neutralisent, en sorte que la pile intermé-
diaire peut être moins vigoureuse ; aux extrémités, il faut des
| massifs assez résistants pour contenir la poussée ; on les appelle
des culées. Des piles-culées peuvent exister sur la longueur du pont, notamment parce que, le pont ayant été bâti arche par arche, chacune des arches a dû se suffire provisoirement.
Les avant-becs et arrière-becs des ponts ont pour but : en amont, de couper le courant et d’écarter les épaves dont le choc pourrait ébranler les piles ; en aval, d'empêcher, en même temps que les remous, les ralentissements et les affouillements que ces remous entraîneraient. Ces éperons sont de plan triangulaire ou en amande.
La chaussée était étroite dans les ponts du Moyen Age ; aussi a-t-on fréquemment élevé jusqu'à ce niveau les éperons,
dont le dessus forme ainsi de petites gares d’évitement. Tou- | | tefois, on a souvent arrêté les éperons à la hauteur des eaux
moyennes et ajouré le tympan, entre les arches, d’une ouverture qui sert à l'écoulement des eaux de crue.
Le tympan ne joue qu’un rôle secondaire dans l'équilibre du |
pont. Dans les tympans des anciens ponts, les têtes sont maçon-
nées sans grand soin : de plus, les vides entre les deux têtes sont |
garnis de blocages et de déblais ; dans les ponts récents, on
| s'efforce de réduire et de supprimer ce poids mort (p. Vet
Pi. XV, F): tantôt la chaussée repose sur des arcs longitudinaux, tantôt elle est appuyée sur des voûtains transversaux dont les pieds-droits portent sur les reins des arches. On a poussé plus loin l’allègement : dans quelques ponts du Moyen Age (fig. 349), en Poitou notamment, chacune des arches est remplacée par un groupe d’arcs parallèles aux têtes et qui sont reliés par des dalles sur lesquelles est la chaussée. Au pont tout récent des Amidonniers, à Toulouse, on n’a gardé dans chaque travée que les arcs de tête, soit un arc en amont et un arc en aval, et sur ces deux arcs on a posé le tablier en béton armé ; l'essai est des plus curieux.
ÉDIFICES PUBLICS
Les Romains plaçaient volontiers des arcs de triomphe sur les ponts (PI. XV, A). L'arc de triomphe du pont de Saintes fut plus tard couronné d’un crénelage ; rien ne montre mieux les préoccupations diverses des deux époques. Tous les ponts importants du Moyen Age étaient fortifiés (PL. XV, C), chargés d’une ou plusieurs tours où pouvaient se tenir soit les agents préposés à la levée des péages, soit la garnison qui avait à défendre le passage. Sur les ponts on plaçait aussi des croix, des chapelles, quelquefois même des moulins et des boutiques.
La décoration des ponts est toujours sobre, même dans les villes : la minutie dans les détails ne convient pas à ces ouvrages.
©: Les ponts les plus im- : pressionnants se trouvent en montagne ; — une certaine rusticité | et quelque rudesse donnent à ces construc- T__\ tions un aspect de vigueur. L'ingénieur doit
F1G. 349. — Por suR ARCS INDÉPENDANTs. SUTtOUt accuser la force et l’élancement des pi-
les. L'usage s'introduit d'affirmer, dans les lignes, dans le choix des matériaux, la distinction entre l'arc et la charge qu'il porte.
Les ponts métalliques. — Nos ingénieurs se distinguent aussi dans la construction des ponts métalliques.
Les ponts suspendus n'ont pas à être décrits. Les premiers furent construits au XVIII° siècle ; il se peut qu'on revienne à ce procédé, — du moins quelques essais récents et d’un grand intérêt (PI. XVI, C), permettent de le croire.
L'idée la plus simple pour faire un pont métallique est de composer le pont de travées droites en tôles pleines ou en treillis, qui s'appuient sur des piles en fer ou en pierre. Pierre ou fer, lorsque ces pylônes atteignent une grande hauteur, on en augmente la stabilité en inclinant leurs faces, de sorte qu'ils soient plus larges à la base.
PÉAON VER
(FLO EE de No LESNPONESEMÉTALLIQUES =
Pour les ponts, de même que pour les fermes de combles,
| les premiers essais, tels que le pont des Arts (1801) (PI.XVL A), |
| rappellent les œuvres de charpenterie. Les arcs ont été faits en |
fonte, puis en fer. Dans de très grands viaducs, le tracé de l'arche n'est pas courbe, mais polygonal. L'arc peut être cons-
titué par de véritables claveaux ou bien formé, comme une ferme |
métallique, de deux arcs non concentriques et reliés par un treillis de traverses et d’écharpes. Comme pour les fermes, nos ingénieurs ont adopté pour les ponts le système des articulations : la construction est articulée aux pieds, ou bien aux pieds et à la clef.
accroché à l'arc, qui passe au-dessus, — c’est la solution adoptée pour le pont de Grenelle ; — tantôt le tablier, placé plus haut que l'arc, repose sur celui-ci, directement au cerveau, par l'intermédiaire de pilettes sur les reins. Ainsi sont compris, bien qu'ils diffèrent d’ailleurs entre eux, le pont Alexandre-III (fig. 350) et les viaducs de Garabit et du Viaur (PI. XVI, D). Ce dernier pont se divise en deux moitiés, dont chacune forme un vaste balancier oscillant sur la rotule qui est au pied
| librent, l’une se dirigeant vers la rive et l'autre constituant la moitié de l'arche principale. En outre des garanties de stabilité, cette combinaison présente encore un avantage : l’une des grosses difficultés de ces travaux provient de ce qu'il ne faut pas songer à établir des cintres provisoires de pareilles dimensions ; quand
un terrain à proximité, après quoi on les fait glisser sur les | piles ; on peut aussi les construire sur place, en prenant appui sur un appareil qui avance à mesure que le pont gagne sur le | vide (PI. XVI, B); dans le système adopté pour le pont du Viaur, chaque moitié de l'arche se construit en encorbellement ; l’autre bout du balancier forme contrepoids et empêche la console en construction de tomber dans le vide.
est d'arrêter la navigation. Pour permettre de franchir la rivière sans interdire aux vaisseaux de la remonter ou de la descendre, on fait des ponts tournants, dont le tablier tourne sur un pivot central : des ponts ouvrants (PI. XVI, E), en deux parties qui
Quant à la fonction de l’arc, elle varie : tantôt le tablier est |
Ponts de pierre, ponts en métal, l'inconvénient de ces ponts.
du pont: de ce pied s'élèvent deux immenses consoles qui s'équi- |
il s’agit d’un pont à travées droites, on construit les travées sur |