F1G. 350. — ARCHE MÉTALLIQUE DE LONGUE PORTÉE
Pont Alexandre-IIl, Paris.
.__ Quelques conseils pour la visite des monuments.
Il est bien des manières de visiter un monument, suivant l'intérêt qu’il présente, suivant le but que l’on poursuit, suivant le temps dont on dispose.
Les édifices romains sont plus ou moins ruinés ; ils n’ont guère subi de remaniements. Les édifices du Moyen Age, au contraire, ont été restaurés et parfois plus ou moins transformés. Certaines églises sont, dans leur état actuel, invraisemblablement compliquées : les maçonneries primitives, enfermées dans les maçonneries plus récentes, n’affleurent les parements que sur quelques points.
Si l'on veut connaître à fond un monument de ce genre, il y faut, avec de l'expérience et quelque pénétration, des visites répétées. Une pareille étude porte sur de nombreux problèmes de détail qui se commandent et s'enchaînent. Pour la mener à bien, il est nécessaire d'observer avec minutie, de consulter les textes si on en possède, de réfléchir afin de coordonner le tout, de voir à nouveau et de réfléchir encore. Des photographies précises rendent, pour un travail de cette nature, d'inappréciables services ; les meilleurs dessins ne les remplacent pas. On sait que les diapositifs de petites dimensions, projetés ou simplement regardés au stéréoscope, donnent des résultats surprenants.
Le cas le plus ordinaire est qu’on visite un édifice en passant et rapidement. On n’en prendra qu’une connaissance plus ou moins incomplète ; cette exploration, même superfcielle, peut être néanmoins très instructive.
Quel ordre doit-on suivre dans l'étude d'un monument? Celui qui permet le mieux de comprendre. S'agit-il d’une forteresse, on en reconnaîtra d'abord l'emplacement et le rôle ; puis on analysera le dispositif de la défense intérieure, on suivra le chemin que devait parcourir l'assaillant et on se rendra compte des obstacles qui lui étaient opposés.
On procédera tout autrement pour un château de plaisance ou pour une église.
En général, il est logique et profitable d'adopter pour l'examen d’un édifice l'ordre dans lequel les diverses parties ont été élevées. La règle est que les églises ont été commencées par l'est ; mais les exceptions sont assez nombreuses. La construction d’une église importante a duré ordinairement de longues années, sinon de longs siècles, et le style a sensiblement évolué entre le début et la fin ; un rapide coup d'œil permettra de reconnaître la marche des travaux.
Il est bon, quand on le peut, de sérier les questions : construction, ornementation, mobilier. Pour la construction, s’en prendre d'abord aux parties portées, les voûtes, après quoi on passera aux parties portantes, intérieures et extérieures : piliers, murs, contreforts, arcs-boutants. On s'attachera ensuite à l'ornementa-