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VIT

— PRÉFACE

joints, à en noter les décrochements, qui sont d'ordinaire des indices de reprises, ou encore à remarquer les signes lapidaires. Ces signes étaient gravés rapidement et très simplement sur les blocs, parfois pour indiquer l'ordre dans lequel ces blocs devaient être posés, plus souvent pour signaler le travail de chacun des tâcherons tailleurs de pierre. Ils fournissent rarement, par leur forme, un élément chronologique ; mais il est souvent intéressant d'étudier comment ils sont répartis dans un édifice et de les comparer avec ceux d'autres édifices. /

En fait de dates, il importe grandement de se souvenir que les règles chronologiques n'ont pas une valeur absolue : l'avènement d'un style ne s’est pas produit partout simultanément ; il a laissé subsister en bien des endroits le style antérieur. C’est ainsi qu'on verra, dans les pages suivantes, quand est apparu le style gothique ; mais il doit être entendu que le style roman a subsisté longtemps après; les plus belles églises romanes sont postérieures aux premières constructions gothiques. Un rapprochement rendra sensible cette vérité: le département de la Gironde possède trois portails datés du xvII° siècle, de 1605 à Francs, de 1606 à Cadillac, de 1640 à Saint-Michel-Lapujade ; celui de 1605 est roman dans ses grandes lignes, celui de 1606 est classique, celui de 1640 est franchement gothique.

En présence d'une construction rurale, qui peut être en retard sur son temps, la prudence interdit d'affirmer que cette construction est de telle époque ; elle conseille de dire que cette construction peut être de telle époque ou, si l'on préfère, qu’elle est au plus tôt de telle époque.

J'ai dit: (au plus tôt », car la règle est qu’un architecte peut retarder sur son temps, que jamais, pour un ensemble de dispositions, il n'est en avance d’un ou de plusieurs siècles. Le retard est admissible ; la précocité, dans la mesure que je viens de dire, ne l'est pas. Il faut donc contrôler ses conclusions particulières | concernant un cas par d'autres observations. Il faut, en un mot,

PRÉFACE

s'appliquer à raisonner sur des groupes d'édifices et non pas sur des édifices isolés.

L'archaïsme, qu'on le note bien, peut être voulu et conscient. | . Les siècles passés ont réalisé, avant le nôtre, des reconstitutions archéologiques. La Provence du XII siècle, pour ne citer que cet exemple, a fait revivre, en certaines de ses œuvres, l'architecture gallo-romaine avec une fidélité qui a mis parfois les érudits en défaut (&g. A).

On vient de recommander la

prudence : elle représente, en un tel sujet, le plus clair résultat d'une longue pratique. Un débutant se croit tenu à la précision ; quand il aura beaucoup vu, beau-

coup analysé d'édifices, il sentira

la nécessité d'être toujours très

circonspect et quelquefois un peu Fic. A. — Pasricne DE L'ANTIQUE.

vague. xue siècle. Notre-Dame-des-Doms, : à Avignon.

L'architecture rétrospective EE ble

offre, au surplus, d'autres raisons

d'intérêt que la détermination des époques. Au plaisir d'attribuer une œuvre à un siècle déterminé, on peut préférer la satisfaction de l'expliquer, de dire quel a été le calcul de l'artiste et ce que vaut la solution. Trop de gens voyagent le nez sur leur Guide, admirant' de confiance et sans y regarder ce que le Guide déclare admirable ; mieux vaut, évidemment, étudier par soi-même et porter un jugement raisonné.

Le beau n'est pas toujours étonnant ; il est fréquemment de nuance délicate. En ce qui concerne l'architecture, la condition essentielle de la beauté est une conformité logique avec le but et avec le programme. L'ampleur des dimensions, le pittoresque du

site concourent à produire une impression esthétique : c'est ainsi De |

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