LES MURS
Les parements se seraient détachés du blocage si, pour assurer l'adhérence, on n'avait pas pris diverses précautions. La plus importante consiste à encadrer les panneaux de petit appareil dans des chaînes de moyen appareil. Parmi ces pierres de moyen appareil, les unes sont plus longues que profondes, ce sont ae les carreaux ; d’au- s tres plongent de leur plus grande dimension dans l'épaisseur du blocage, ce sont les boutisses ; d’autres enfin traversent le mur de part en part et sont visibles sur les deux parements, ce sont les parpaings. Boutisses et parpaings relient les parements au Bande blocages D 2e d poor ee Appui sétrs
D'assez bonne Fic. 32.— DIVERS APPAREILS.
heure, depuis le second quart du 11° siècle environ, le petit appareil est, de distance en distance, coupé d'assises de briques, lesquelles jouent le rôle de boutisses et arrêtent, s’il y a lieu, les déchirures de la maçonnerie. Ces assises de briques servent aussi à rectifier les niveaux pendant la construction.
Suivant la forme des blocs et la façon dont ils sont posés, |le petit appareil est cubique, allongé, en épi, autrement dit
en arêtes de poissons, enfin réticulé lorsque le dessin des joints rappelle les mailles d’un filet (fig. 32). On remarquera que le petit appareil peut être taillé en dépouille ; cela signifie que la queue des pierres, c’est-à-dire la partie opposéeà la face vue, est amincie, afin que le bloc soit mieux saisi par le mortier.
Dans les murs de moyen ou de grand appareil, les parements peuvent porter les traces de l'outil du tailleur de pierres. Ces stries, dans un petit nombre de murs romains, décri-
> Appareil cubique Appareil allongé L Boutisse
— LA CONSTRUCTION GALLO-ROMAINE
vent des lignes brisées. Elles ont pu servir à retenir les enduits. Les mortiers. — Le moyen et le grand appareil sont parfois à joinis vifs, c'est-à-dire que les pierres sont assemblées à sec, sans interposition de mor- PE tier. Le mortier est indispensable 2e RE avec le petit appareil. Les mor- > tiers romains sont en général ce extrêmement durs.
PAT Cette dureté est-elle due à #" des procédés spéciaux ? Il faut + l'attribuer, peut-être pour une & CR. part, à l’action du temps, sûrement au choix des matériaux DO et aux soins de la fabrication.
ET CONTREFORTS INTÉRIEURS- Toujours est-il que les maçonneries romaines de petit appareil forment une masse inerte : voûtes, arcs, supports, le tout peut être assimilé à un monolithe évidé, percé, façonné. Quand on analyse ces constructions, on ne doit pas songer aux poussées obliques qui agissent dans les arcs et dans les voûtes en pierres de taille à joints vifs.
L'épaulement. — I] fallait néanmoins, même dans les édifices de cette espèce, | épauler les murs, les assurer contre le renversement.
Dans la solution de ce problème, l’ingéniosité romaine a réalisé de vrais La Maison Carrée, à Nîmes. chefs-d'œuvre, en groupant Cliché Neurdein.
les salles secondaires autour de la grande salle qu'il s'agissait de consolider, ou encore en adoptant, au lieu des contreforts extérieurs, des murs de refend intérieurs (fig. 33, B).
Le contrefort(fig.33) estun bout de mur qui fait saillie sur une muraille, de façon à lui donner un surcroît de résistance. Le contrefort, qui renforce l'édifice, ne doit pas être confondu avec le