ORDRE DORIQUE. ORDRE IONIQUE. ORDRE CORINTHIEN
Croquis de M. P. Lafollye.
L'ordonnance architecturale. — Les temples romains du type classique, la Maison Carrée de Nîmes | (fig. 34), par exemple, rappellent les temples grecs; les colonnes portent un entablement :
architrave ou poutre de pierre, frise, corniche. Mais pour peu que l’on compare les édifices grecs et les édifices romains, on s aperçoit que l'architecture des premiers est gravement altérée dans les seconds.
Les ordres grecs sont caractér'sés principalement par certaines proportions, par des rapports entre le diamètre des colonnes et la hauteur desdites colonnes ou leur espacement. Dans les colonnades romaines (fig. 35, 36, 37), ces règles sont modifiées et les ordres se reconnaissent surtout à laforme 38 — Onones des chapiteaux S ils comportent des variantes ET ARCADES.
ME a s EE 6 ‘ ÉPOQUE ROMAINE.
indéfinies, inspirées par le luxe et le caprice. : : ; : Arènes de Nimes.
Les architectes prirent avec les ordres bien ;
’ ° / D'après dessin des d’autres libertés, comme de dresser deux DT
ou trois ordres l’un sur l’autre, le dorique en bäs, ou de combiner les ordres avec l’arcade (fig. 38).
LA CONSTRUCTION GALLO-ROMAINE
Les arcades portées par des colonnes sont rares ; l’idée paraît venir de l'Orient. Ce qui est fréquent, c'est l'association du pilier avec l’arcade : l’arcade retombe sur le pilier ; quant à la colonne, souvent réduite à n'être qu'une colonne engagée, elle sert surtout à la décoration.
Cette architecture, où les membres ont des formes qui ne répondent pas à leur fonction, ces colonnes qui ne portent rien, ces architraves qui s'appuient sur les arcs, tout cela est trompeur. Gounod a dit : «L'art est une parole. Le rôle de la parole est d'exprimer et d'être sincère. » Sincère, l’archi-
tecture romaine ne l’est as, et c'est pourquoi elle n'occupera | P
jamais parmi les productions de l'esprit humain qu’une place | de second ordre. Ce qu'il y faut admirer, c’est l’habileté et |
la grandeur des constructions utilitaires. Le Moyen Age eut la gloire de ramener dans l’art le bon sens et la vérité.