BOUTANT PESANT
x11e siècle.
Cathédrale de Soissons.
Cliché Mon. Hist.
desstoitures et les conduit aux gargouilles
F1G. 65. — ARcs- BOUTANTS SU- PERPOSÉS ET A DEUX VOLÉES.
xir1e siècle.
Beauvais,
arcatures sert à dater la construction. On en peut dire autant de la forme générale de l'arc; le rampant décrit quelquefois, dans des édifices des XV® et XVI® siècles, une courbe concave en haut (fig. 64) ; ce tracé empêche que le rampant se relève sous la pression de bas en haut que transmet l’arc-boutant.
L'arc-boutant concourt à l'évacuation des eaux de pluie. La corniche gothique porte chéneau; elle n’est pas, comme la corniche romane, -recouverte par l'avancée du toit: le toit s'arrête en arrière de la corniche: celle-ci est creusée, à sa face supérieure, d'un chéneau qui recueille les eaux
(fig. 67), pour être rejetées loin des parements. S'il y a des arcs-boutants, les eaux Rent suivent une rigole ménagée Louviers (Eure).
dans le chaperon de ces arcs, Cliché Mon. Hist. traversent les culées et attei-
gnent les gargouilles extérieures. Ces chutes d’eau, incommodes pour les passants, dangereuses pour les maçonneries voisines, qu'elles dégradaient, ont été très souvent remplacées, de nos jours, par des tuyaux de descente.
Les pinacles. — Les pinacles sont de petits édicules de pierre, plus ou moins percés sur leurs faces, ornés de crochets sur leurs arêtes et que l’on dresse en haut des contreforts et des pilastres, à la naissance d’une flèche ou d'un pignon. L'idée première du pinacle est de fixer, par une charge verticale, une
F1G. 64. — ARcC- BOUTANT LÉGER.
maçonnerie soumise à une poussée oblique (fig. 19, C). Il a pour but de lester la maçonnerie sur laquelle il est élevé, d'en
RRACÉNDE SAR CS
empêcher le glissement. Par exemple, le rampant d'un contrefort ou d’un pignon a | une tendance à s’échapper vers le vide; le constructeur ménage donc, à la naissance, un petit arrêt horizontal, et il le (A \ | charge d'un pinacle | (fig. 63 et fig. 68).
D’autres pinacles sont prodigués, qu'il serait F1G. 66. — CoRNICIHE ROMANE. plus diffcile de justifier, Jusque sur les montants des balustrades ou sur les pilastres purement décoratifs : c'est TN que le Moyen Âge et sur- LL. tout la période gothique AE CERTA RAR pas qu'un membre vertical restât sans remplir une fonction, sans porter un couronnement ou, pour employer le terme, un amortissement. Le résultat F1G. 67. — CORNICHE GOTHIQUE. fut un hérissement excessif d’aiguilles et de clochetons.
Tracé des arcs. — Nous savons que | l'arc brisé était en usage dès la fin de l'époque romane ; ce tracé s’est généralisé à l’époque gothique : des arcs où il s’imposait parce qu'ils étaient soumis à un travail considérable, comme les grandes arcades entre nef et bas-côtés, il passa aux fenêtres, par exemple. Il servit notamment à porter la clef des doubleaux et | des formerets au niveau voulu pour éviter un bombement excessif des voûtes sur croisées d'ogives. L'arc brisé est plus ou moins aigu (fig. 69 et 70), suivant