LA CONSTRUCTION GOTHIQUE
ozives soutenaient (fig. 56): entre la nervure et le plafond est monté un tympan vertical plus ou moins découpé.
La butée : piliers, contreforts et arcs-boutants. — L'un des principaux avantages de la croisée d'ogives consiste en ce que la poussée n’est pas diffuse, elle suit les nervures (fig. 58), d’où 1l résulte que le constructeur la surveille et la maîtrise avec une facilité relative. &
A la Yen contre des voûtes, surtout de deux voûtes pareilles entre elles, les poussées contraires se résolvent en une pesée verticale. Ainsi s'explique l'extraordinaire élancement de certaines colonnes gothiques (fig. 59) :
2 étant uni-
F1G. 55. — VOUTE SEXPARTITE.
1200 environ. Notre-Dame-de-Paris.
Cliché Mon. Hist.
quement soumises à une force de com- Fic. 56. — PLAFOND SUR pression et NERVURES.
non pas à une force de renversement, ces colonnes peuvent avoir un très petit
xvie siècle.
Église de Tillières (Eure)
soient de pierre très dure.
>» Lorsque la poussée atteint un F1G. 58. — BUTÉE GOTHIQUE. mur, le constructeur la neu-
er tralise au moyen de massifs de butée, de contreforts. Tandis que, dans les édifices
romans, le mur est épais et le contrefort plat (fig. 57), dans les constructions gothiques, le mur est mince et le contre-
diamètre, à condition qu'elles
44 Dr: cl
Fes PILIERS, CONTRE-FORTS, ARCS-BOUTANTS -———
fort très saillant (fig. 58). A la rencontre de deux travées gothiques, les poussées obliques des ogives se combinent en une force perpendiculaire aux murs et le contrefort est dirigé dans le sens de cette force ; sur les angles de l'édifice, le contrefort gothique, depuis le XIV® siècle avancé, peut être dans le sens de la diagonale, dans le prolongement du plan veitical de l’ogive.
Les contreforts romans (fig. 60) se terminent d'ordinaire en un glacis, d’une pente plus ou moins raide. Les contreforts gothiques (fg. 61) ont plutôt un couronnement à deux versants : vers la fin de cette période gothique (fig. 62), le haut du contrefort est souvent de section triangulaire, de façon à éviter les ombres portées qui tombaient sur les vitraux devenus plus grands.
des Quand il s'agissait d'épauler la voûte d’un er vaisseau bordé de bas-côtés, des contreforts Saint-Serge d'An- saillants appliqués contre les parois de ce gers. vaisseau auraient encombré les bas-côtés. On
CI. Mon. Hist. rejetait donc les massifs de butée à l'extérieur de ces bas-côtés :
puis, entre le mur à contenir et la culée, on bandait un arc-boutant (fig. 63), qui neutralisait ou qui transmettait à la culée les poussées de la -——— — voûte. On a voulu rattacher les arcs-boutants aux procédés de la charpenterie ; mais les plus anciens sont maçonnés pesamment; cest dans
A An
les plus Jen (Gg. 64) CoONTREFORT (CONTREFORT (CONTREFORT que le rôle de Farc se ROMAN. GOTHIQUE. GOTHIQUE.
borne à porter les étais
de pierre. 1 1 FN | Il était difficile de déterminer le point précis où s exerçait
la poussée et où il convenait d'appliquer l’arc-boutant : on a
ee ne 5 49
ne — L'ALCON STRUICTIONAGIOMEIO UE
donc superposé souvent deux arcs (fig. 65) ou deux rampants, que l’on a unis et solidarisés par une arcature. Le tracé de ces
F1G. 63. — AnRc-