RAT ; F1G. 210. — PEINTURE ROMANE
ture romane. — :. église latine XIS-XII® SIÈCLES. offrait à la peinture décora- Berzé-la-Ville (S.-et-L.). tive les larges surfaces des Photo. comm. par M. Lex.
murs, les pièces de la char-
pente ou les menuiseries du lambris. Les lois carolingiennes faisaient une obligation de peindre les églises. De cette décoration, il ne subsiste rien ou à peu près rien.
L'église romane n’est plus, comme l'église latine, composée de murs plats ; les piliers coupent les parois, les doubleaux font saillie sous les voûtes : l'édifice se prête donc moins aux grandes compositions. Il nous est resté néanmoins un nombre élevé de peintures murales romanes ; les églises de ce temps étaient peintes en dedans et, au moins pour partie, en dehors.
Les procédés étaient variés : à la colle, à l'œuf, à la fresque, à l'huile : faute de siccatif, la peinture à l'huile ne se prêtait qu'à des applications restreintes.
La peinture romane, comme la peinture byzantine, avec laquelle elle a souvent des affinités (fig. 210), est un art tout en
LES PROCÉDÉS DE LA DÉCORATION
formules : la façon de poser un personnage et de le représenter était fixée par la tradition ; l'artiste n'avait pas à chercher dans la gamme des teintes celle qui convenait le mieux : des traités lui indiquaient pour chaque morceau comment il devait composer la couleur. Un moine du xi° siècle, Théophile, a recueilli plusieurs de ces recettes : pour les chairs, on mélangeait de la céruse jaunie au feu, de la céruse blanche, du cinabre (rouge) et du sinople (vert) ; suivant qu'on voulait une carnation plus rouge ou plus blanche, on forçait la dose de cinabre ou de céruse ; pour une figure pile, on ajoutait une pointe de vert forcé.
Une autre couleur, dite posch, formée de vert
F1G. 211. — PEINTURE ROMANE. ; ; xI®-XII® SIÈCLES. foncé, d'ocre rouge et , :
Saint-Savin (Viennc£). d un peu de cinabre,
servait pour les yeux, les sourcils, les narines, la bouche, le menton, les fossettes, les rides et pour la barbe des jeunes gens. La lumière couleur de chair additionnée de céruse, donnait du relief aux parties saillantes du visage, nez, front, menton, etc.
Comme résultat, le dessin est incorrect et sans perspective ; le coloris est clair : les ocres jaunes et rouges y tiennent une place importante ; les bleus, dont le prix était apparemment élevé, sont employés avec parcimonie. Une gamme harmonieuse de variétés provient de la combinaison de ces couleurs entre elles et avec un lait de chaux. Les teintes sont plates : touches blanchâtres pour les saillies, traits plus foncés pour les ombres et les contours. De longs traits bruns ou rouges et à pois blancs appuient souvent les grandes lignes de l'architecture.
Les vêtements se collent presque toujours au corps : toutefois, dans les peintures de Saint-Savin (Vienne) (fig. 211), ils ont plus d'ampleur, avec des plis qui sont, çà et là, d’une sobriété, d’une sûreté et d’une noblesse impressionnantes. La figuration des arbres, des maisons, des accidents de terrain, etc.
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Rosmmen L'ATP EN TUREMGOTÉIQUE
| est un schéma mnémotechnique bien plutôt qu'une imitation. Cette apparente gaucherie ne provient pas uniquement de l'insuffisance des peintres ; elle tient aussi à un principe mé- | connu de nos jours : un tableau est une fenêtre ouverte sur un sujet, on ne le voit bien que d’un point, celui-là même d’où l'artiste l'a considéré ; c’est donc une erreur de traiter comme un tableau une-peinture murale, qui est destinée à être vue simultanément par un grand nombre de personnes. Les artistes du Moyen Age ont eu raison de sacrifier la perspective et de s’en tenir | à un genre sans profondeur, sans vérité, absolument conventionnel et décoratif.
Dans des édifices moins luxueux, la peinture simulait un appareil, relevé d'une fleur sur chaque bloc et qui pouvait être coupé d'une bande plus ou moins large de rinceaux, au sommet des voûtes, par exemple, ou à la hauteur F1G. 212. — PEINTURE GOTHIQUE. des chapiteaux. OC La peinture gothique. — Tresses (Gironde).
Deux circonstances tendent à modifier dans son principe la peinture murale à l’époque gothique (fig. 212) : en premier lieu, l’église gothique, toute en membrures, n’a guère de larges surfaces plates que dans les voûtes ; en second lieu, l'éclat des grandes verrières aurait éteint les peintures sur les murailles si on n'avait pas donné à ces peintures des tonalités plus vibrantes, plus soutenues et plus vigoureuses. | Les peintres gothiques ont donc principalement dessiné des ornements, en s’aidant de poncifs ; les artistes du xIrI® siècle ont appliqué des couleurs chaudes, bruns rouges, bleus profonds, ei, broyées notamment avec de la résine ou de la cire. Or, comme chacune de ces teintes, si elle avait rayonné sur la voisine, en aurait modifié la valeur, on les cernait d’un filet