FACTURE. EFFET PRODUIT
FIG. 217-218. — PEIXTURE SUR VERRE XIIN® SIÈCLE
Saint-Remy de Reims.
D'après Viollet-le-Duc.
extérieure du vitrail, ce qui produit un doublerésultat : le dessin paraît moins rude et la pluie lave les couleurs.
En dernier lieu, le verrier procédait au montage, à la mise en plomb : pour réunir les morceaux du vitrail, il engageait les bords dans des filets de plomb souple à deux rainures, et comme ce réseau de plomb était insuffisamment rigide et résistant, on renforçait le vitrail à l’aide d’une armature com- | posée de barres de fer.
Voilà donc le vitrail en place. Si on le regarde à distance, les teintes des ombres, les lignes opaques des plombs et des hachures, rongées par la lumière des parties claires, se fondent en un modelé vigoureux (fig. 217-218). Il n’en est pas moins vrai que le vitrail de cette époque n'est pas un tableau, mais une mosaïque translucide, où les teintes sont disposées en vue
pu
LES PROCÉDÉS DE LA DÉCORATION
de l'effet d'ensemble, sans grand souci de l'imitation. La coloration générale du vitrail est intense.
Voici, d’ailleurs, quelques-uns des caractères distinctifs des vitraux du x1® siècle (fig. 219): les barres de l'armature de fer sont droites et n’encadrent pas les médaillons ; le dessin est incorrect, mais les motifs d'ornement sont splendides ; le bleu des fonds est admirable. C'est, au dire de Viollet-le- Duc, un « bleu limpide, un peu nuancé de vert... qui rappelle
RER PRE À la couleur de cer-
ÉN MESEEME tans ciels d'au- % tomne» ; en général, les feuilles de verres ne sont pas de coloration parfaitement homogène elles ont des raies, des inégalités de
AP
L'ANNONCIATION. La NATIVITÉ. : =:
FIG. 210. — PEINTURE SUR VERRE. xII® SIÈCLE. TON; des stries, qui Cathédrale de Chartres. vibrent à la lu-
mière du Jour.
Les vitraux du XIII siècle. — Le peintre verrier bénéficie, au XII siècle, des progrès que réalisent, à ce moment, les arts du dessin : les personnages sont plus vivants et les draperies plus naturelles ; l'artiste cherche et souvent il trouve le détail piquant, le mouvement juste : il devient plus observateur et plus humain. D'autre part, les barres de fer cessent de couper les scènes et de les contrarier, elles suivent le contour des médaillons et les encadrent.
| Le vitrail acquiert donc des qualités ; par contre, il en perd d'essentielles : la magnificence des bordures, lesquelles deviennent plus étroites, plus monotones, plus mesquines et le bleu des fonds, qui souvent fait place au rouge. Du rouge et du bleu combinés 1l résulte un voile violet qui, trop souvent, attriste les verrières.
La splendeur des vitraux de la Sainte-Chapelle leur valut d'exercer une influence étendue. En général cependant, les fenêtres hautes de nos grandes églises sont comprises autrement et montrent aux regards des fidèles non pas des scènes enfermées dans des médaillons, mais des personnages en pied.
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A PE SEP PR AUX DES OXIVe- XVe SIÈCLES
| grisaille ; ces motifs sont réservés en
| drillé, qui est également en grisaille.
Le coloris est encore très soutenu, bien que certaines bordures soient dès lors en grisaille. :
Les vitraux incolores ; les grisailles ; les vitraux des XIVe-
XVE siècles. — Au x11° siècle, les Cisterciens, systématique- | | ment hostiles au luxe des églises, avaient fait des vitraux en
verre blanc, sertis dans des filets de plomb. Ces plombs dessinaient des entrelacs, diverses figures géométriques, de grandes fleurs stylisées. Le xIII® siècle fit, lui aussi, des grisailles.
On appelle proprement grisaille une couleur brun foncé. Dans les verrières dont il s’agit (fig. 220), les contours principaux sont tracés par les plombs ; des motifs sont cernés de larges traits filés en
blanc sur le fond couvert d’un qua-
On obtenait aussi certains effets en répartissant suivant leur teinte les verres blancs, qui ne sont pas tous de pe 30 — Virrai même ton, ou bien en relevant la blan- EN GRISAILLE. cheur opaline des vitraux de quelques D'après Viollet-le-Duc. touches colorées, fleurettes ou bandes ;
ou bien encore on conduisait autour des vitraux en couleur une marge blanche qui les encadrait. On se risqua ensuite à poser soit des médaillons polychromes, soit des personnages également en couleur sur le champ clair des verrières de grisaille. La coloration allait diminuant d'intensité.
Les merveilleux maîtres d'œuvre du temps de Philippe-le- Bel (1285-1314) raisonnaient plus subtilement sur les problèmes d'équilibre que les contemporains de Louis VII ({ 137-1180) ; pour cette raison peut-être, ils étaient moins sensibles à la magie des couleurs. Certaines formes d'art s'accommodent-elles mieux de l'enthousiasme simple et irréfléchi? Toujours est-il que, dans l'édifice gothique, plus la structure est savante et plus la puissance décorative décroît : les peintures murales s affadissent et les flamboyantes verrières rouges et bleues sont détrônées par de ternes vitrages blancs et jaunes.
Le jaune d'argent est appliqué au pinceau et cuit. On ne tarda pas à en abuser, de même que de certaines autres cou-
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