IL A ÉTÉ TIBÉ DB CET OUVRAGE
60 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN PUB Fit DES PAPETERIES LAFUMA, DE VOIHON, DONT 10 HORS COM- MERCE, NUMÉROTÉS DE 1 A 60 ; ET CINQ EXEMPLAIRES SUPPLÉ- MENTAIRES SUR VÉLIN PUR FIL LAFUMA, DE VOIRON, BOBS COMMERCE, NUMÉROTÉS DE A A E-
"^ ^Jù'.
MB&
LES historiens qui se sont particulièrement occupés de Jésus se sont longtemps efforcés, pour le comprendre, de reconstituer, d'après ses actes et ses paroles, son état d'âme et les facteurs sociaux qui peuvent aider à en expliquer la genèse. A cette tâche, attirante entre toutes, ils ont consacré des trésors d'intelligence et de savoir. Toutes les pages des évangiles ont été scrutées par eux. en leurs moindres replis. Pour ne laisser échapper aucun détail, ils ont tour à tour mobilisé archéologues et philologues, paléographes et géographes, tous les spécialistes qui pouvaient leur apporter de l'aide. Nul autre sujet ne fui famais tant étudié, ni de si près.
Mais le soin même avec lequel ces recherches ont été conduites m'a fait qu'en démontrer la
â POUR COMPRENDRE LA VIE DE JÉSUS
vanité. A mesure qu'on a examiné de plus près les textes évangéliques, leur caractère fictif s'est révélé avec une clarté croissante. Ceux même qui semblaient autrefois les plus sûrs n'inspirent plus confiance.
Aussi les historiens se montrent-ils de plus en plus réservés. La vie de Jésus va chez eux en se rétrécissant, comme une peau de chagrin.
Voyez à quoi elle a fini par se réduire dans l'esprit de M. Loisy. Parti de la foi catholique., le savant et prudent cxégèie en est arrivé, après une enquête d'environ cinquante ans, à écrire ceci :
« Bien dans les récits évangéliques n'a consistance de fait si ce n'est le crucifiement de' Jésus, par sentence de Ponce Pilaie, pour cause d'agitation messianique (^). » ,
a est bien peu. Encore ce peu est-il fort contestable. Le crucifiement de Jésus est présenté déjà par Paul comme le moyen providentiel par lequel les hommes pécheurs ont pu 'être rachetés : il entre donc dans la catégorie des morts tragiques attribuées aux dieux sauveurs, iels qu'Attis ou Osiris. Le rôle que les évangélistes, du premier au dernier, font jouer à Ponce Pilote apparaît
\. La Passion de Mardouk (Rév. d'hisl. el de lill. rei., 1922, p. 297-298), cité par P.-L. Couchoud, Le mystère de Jésus, p. 70.
contraire à toute vraisemblance (^). Enfin Vagi- ^ ï|
iaiion meûianique du premier siècle de rwire^: :/ -y^-:;. ère s'appuyait sur des textes prophétiques, ou censés tels, qui contenaieni en germe tout le récit de la passion {^).
C'est le cas de rappeler le mol de Renan : I
« Les personnes religieu^s vivent d'une ombre. i|
Nous vivons de l'ombre d'une ombre (^). » La : ç personnalité de Jésus, qui a dominé jusqu'ici l'esprit des historiens, aussi bien que celui des ■ >!
croyants, s'évanouit peu à peu, au regard des 0:^
premiers, dans les régions du mythe. î|
Pour comprendre sa vie, ce n'est donc pas sa / ':%m psychologie qu'il importe de reconstituer, mais ^S
plutôt celle de ses premiers biographes. Comment : "
ont-ils été amenés à concevoir l'épopée messia- ;: r^f; nique dont ils se sont faits les narrateurs "i Tel est le problème capital qui se pose aujourd'hui. ^^4
Plus précisément, il s'agit avant tout de savoir quel était l'état d'âme du pliis ancien d'entre eux, quelles croyances, quelles préoccupations ont inspiré son œuvre. Puisque c'est Marc, ou pour mieux dire, l'auteur inconnu désigné sous ce nom,