Feuilles déiachées, p. XVIII
qui a frayé la voie aux autres, la lâche première de rhistorien doit consister à se familiariser avec lui, pour lui arracher son secret. D'où lui est venu le thème de chacun des épisodes qu'il décrit, de chacun des propos qu'il met dans la bouche de ses personnages ?
En un premier volume, j'ai eu déjà l'occasion de montrer, sur des exemples typiques, qu'il est hanté par le souvenir de textes scripturaires, considérés comme des prophéties du Christ et préalablement groupés, selon toute apparence, dans un recueil d'oracles messianiques. J'ai fait voir aussi qu'à ces réminiscences de la Bible juive s'ajoutent des influences chrétiennes, celles surtout des Epîtres pauliniennes, qui sont pour lui l'expression canonique de-la vraie foi (^).
Le présent travail tend à établir que ces deux
■ fadeurs suffisent à expliquer l'ensem^ble de son
œuvre. D'autres, assurément, ont pu intervenir {^).
Mais ceux-là les dominent. D'un bout à l'autre du
récit ils se trouvent au premier plan.
Les preuves qui en seront fournies n'ont pas toutes la même force. Certains rapprochements
1. La plus ancienne Vie de Jésus, p. 88-105. Pour rintelligence des pages qui suivent, il sera bon d'avoir constamment sous les yeux, la traduction de Marc qui est donnée en ce premier volume.