‹ Pour comprendre la vie de Jésus [microform]Chapitre 10 sur 53 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

1. P. Alfaric, La plus ancienne Vie de Jésus, p. 122, not. 3.

L'évangéliste ne dépend pas seulement de l'Exode mais encore des textes pauliniens. Il a soin de noter que Jésus « appela près de lui ceux que lui-même voulait », parce qu'il a lu chez Paul que la « vocation » procède uniquement du bon plaisir divin {Rom., VIII, 30 ; IX, 11, etc.). Il dépend encore de l'Apôtre dans rénumération qu'il fait des douze élus, car il nomme d'abord les trois « supports »

de l'Eglise mentionnés dans l'Epître aux Galates (II, 9). C'est seulement après eux, au quatrième rang, qu'est mis André, le frère du premier. Les suivants viennent seulement pour le nombre, car aucun détail n'est donné sur eux, et ils ne figureront plus dans la suite du récit. Seul le dernier a un rôle personnel. C'est « celui qui livra le maître ». Par là il réalise un ancien oracle (p. 99). Le nom de Judas lui convient excellemment, du point de vue de Marc, très hostile au judaïsme (t. I, p. 48). Son surnom étrange « Iscariote », ou, comme portent d'anciens manuscrits, « Scariote », a été récemment expliqué comme une déformation hellénique du latin « sicarius » (^), De fait, Judas fera plus loin figure de sicaire, à la tête de gens « armés de glaives et de bâtons »

(XIV, 43). Il est associé à Simon « le Cananéen ».

Page 1