PREMIÈRE PARTIE LA BONNE NOUVELLE
LES premiers mots du livre annoncent, d'après la traduction courante, le « commencement de l'évangile de Jésus-Christ ».
On pourrait croire que cela veut dire : « Ici -commence la biographie de Jésus-Christ. » Ce serait le titre de l'ouvrage, muni d'un incipii.
Mais la formule « ici commence », qui vient si souvent en tête des manuscrits du Moyen Age, n'était pas usitée au début de notre ère. Elle constituerait, appliquée à Marc, un anachronisme.
Quant au mot « évangile », il doit avoir, au début, le même sens que dans tout le cours du récit. Or, dans la suite (I, 14, 15; VIII, 3 ; X, 29 ; XIII, 10 ; XIV, 9), il ne se rapportera jamais à un écrit. Il sera pris plutôt dans son sens premier de « bonne nouvelle », comme en certains passages de la traduction grecque d'Isaïe (XL, 9 ; LU, 7 ; LX, 6 ; LXI, 1), dont h narrateur ai dû ^e souvenir. Il désignera
l'heureux message de la venue en Jésus du a Christ » ou du roi idéal prédit par les prophètes.
Cette « bonne nouvelle » va inspirer plus ou moins tout le livre. Mais elle fait l'objet direct d'une première partie, assez longue, où on verra comment elle a été annoncée par le Qhrist lui-même et comment elle doit être reçue par les chrétiens.