SUR VERRE
Cathedrale d Auch.
LES pRocEDts DE LA DECORATION
Les pavements d eglises ont beaucoup souffert, soit de 1 usage ou on etait d ensevelir dans les edifices du culte les fideles de marque, soit de 1 exhaussement du sol. Les carrelages ont ete rompus, pour faire place a des dalles funeraires, ou bien, plus souvent, ils ont ete enterres.
La marqueterie s appelait chez les Remains opus sectile ;
elle est faite de lames en pierre ou en terre cuite, decoupees de facon a former des dessins de temtes assorties. Des ar tistes habiles produisaient ainsi de vrais tableaux ; on se contenta generalement de figures geometnques en noir, en vert, en gris, etc., sur blanc.
Le XII 6 siecle et les siecles qui suivirent preferaient les petits morceaux de terre cuite, debites en triangles, en carres, en polygones, en cercles, etc., portant sur leur face une couverte en noir, jaune, rouge, vert fonce, etc. Viollet-le-Duc a publie de curieux carreaux (fig. 222) ou une fleur de lis en trois pieces est dans un champ qui se compose de quatre pieces, et d autres ou de petits ornements s emboitent dans un carreau perce de part en part pour les recevoir.
Ce precede demandait des soins minutieux et du tour de main. Les tons etaient soutenus, au XII G siecle, et ils tranchaient sur lespemtures muralesclaires.Quand, au XIII 6 siecle, les peintures devinrent plus foncees, aux carreaux noirs, dans lesquels 1 argile portait une legere couche de terre fine noircie, on prefera les carreaux rouges ou 1 argile montrait sa couleur naturelle. En meme temps, les precedes de fabrication furent modi fies,^ et on abandonna les marqueteries pour les incrustations, -est cependant en marqueterie que le XIII 6 siecle dessina les labyrinthes^ de nos cathedrales. Le labyrinthe ou maison de Dedale est d origine antique ; le Moyen Age y rattachait des souvenirs de pelerinage et des pratiques de piete. Des fideles suivaient a genoux les sinuosites de cette longue ligne, que Ton appelait quelquefois la lieue,
Pour decorer les parements exterieurs, 1 ecole romane recou-
FJG. 222. CARRELAOE EN MARQUETERIE.
XII e SIECLE.
Saint-Denis.
D apres Viollet-le-Duc.
LA MOSAIQUE
rut au melange des pierres avec les briques ou des pierres blanches avec les pierres rouges ou noires. Cette pratique eut un succes particulier dans le Plateau Central (fig. 223), auquel ses laves diversement colorees fourmssaient un assortiment, tres riche et tres varie, de mater iaux polychromes.
La marqueterie reprit faveur avec 1 architecture classique, notamment dans 1 organisation officielle des Beaux-Arts, pen dant le regne de Louis XIV.
La mosaique. - La mosaique est un revetement forme de petits cubes que 1 ouvrier plante dans un enduit. Get enduit est generalement, pour la mosaique architecturale, un ciment a prise lente, dans lequel entre de la pouzzolane ou de la brique pilee.
Les cubes, plus minces du bas afin que le ciment les saisisse mieux, sont de pierres naturelles ou de matieres obtenues artificiellement : terre cuite, verre, morceaux d email ou smaltes.
Le mosaiste a, dans une boite a compartiments analogue aux
casses des imprimeurs, une provision de cubes ; il garde aussi a portee de la main divers outils, entre autres une marteline et un coupoir ; le coupoir presente, tournee vers le haut, une lame sur laquelle on pose le cube pour le couper avec la marteline et le ramener a la forme voulue.
Les Remains ont laisse chez nous un tres grand nombre de mosaiques, dont les sujets presentent une extreme variete, depuis les decors geometriques simples jusqu aux scenes compliquees. Certains motifs d ornement reviennent souvent dans les mosaiques romaines. En voici un (fig. 224) qui est une inter pretation de la pelta (fig. 131).
Quant aux mosaiques historiees, le sujet est en rapport avec la destination de la piece. La mosaique peut done aider a reconnaitre les dispositions d une villa : une scene de festin decorera
FIG. 2^3. APPAREIL A DKUX COULEURS. XII e S1ECLE.
Cathedrale du Puy.
Cliche Neurdein.
LES PROCEDES DE LA DECORATION
le triclinium ou salle a manger ; des monstres marins seront represented dans la piscine, etc.
Merovingiens et Carolingiens ont conserve Tart de la mosai que ; nous le savons par les documents et par les restes qui nous sont parvenus. Le plus important pour la France est la mosa ique, des debugs du IX 6 siecle, retrouvee dans la voute en cul-de-four de 1 abside a Germigny (Loiret).
Les mosai ques romanes sont moms rares. On en fit notamment, vers 1140-1150, dans ce chantier de 1 abbatiale de
,.,, > , ^., r ,^ w - ---.T^. Saint-Denis qui fut un mer-
veilleux laboratoire de Tart
francais. On a peut-etre
-, utilise pour les mosai ques
de Saint-Denis des cubes de
V* mosai ques gallo-romames.
ML art du mosai ste roman s est, en effet, directement PL inspire de I antiquite. II
FIG. 224. --MOSA IQUE. EPOQUEROMAINE. n CSt pas tOUJOLirs 31SC de
Bordeaux, Musce. savoir a laquelle des deux
Cliche de I auteur. epoques appartient une mo
sa ique ; pour des pavements
du Sud- Duest, des archeologues experimented s y sont trompes. 3n cite des mosai ques de 1209; le Xlll e siecle ne tarda pas a delaisser ce mode de pavement, que Ton reprit beaucoup plus tard, sous 1 Empire.
Les incrustations. Sur une dalle de pierre ou d argile
:uite, ^on obtient en creux un dessm et on remplit ce creux
soil dune matiere ductile, ciment, mastic, plomb fondu, soit
dune matiere dure, carreau emaille, verre, pierre de couleur ;
1 incrustation. Elle differe de la marqueterie en ce que,
ms celle-ci, les materiaux sontd egale epaisseur et juxtaposes,
que, dans celle-la, 1 un, moins profond, est pose sur
tre, plus profond, qui est creuse pour le recevoir. On peut
uer au moms deux precedes d incrustation : 1 incrusta-
ur une pierre creusee au ciseau, 1 incrustation sur un
m d argile dans lequel le creux estobtenupar 1 impression
1 une matnce en relief.
Le P. de la Croix a decouvert a Poitiers des fragments d ar-