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FIG. 6. DOLMEN

Brantome (Dordogne).

Cliche A/on. Hist.

AVANT LES ROMAINS

Les dolmens sous tumulus. - On a soutenu que le dol men, une fois acheve, etait toujours enveloppe d un amas de terre, en d autres termes que le dolmen etait invariablement sous tumulus. Bien des dolmens ont du etre destines a rester decouverts ; d autres ont etc recouverts d un tertre factice, au centre duquel le dolmen forme une crypte. Ces tumuli sont parfois enormes : on a calcule, par exemple, que celui du Mont-Saint- Michel (Morbihan) ne cubait pas moins de 35 000 metres. Le couloir d entree des dolmens prouve qu ils ont etc rouverts en certains cas.

Us ont abnte des ossements, puis des corps inhumes, puis encore des corps incmeres ; dans tous les cas, ce sont des monuments funeraires. Les cryptes des dolmens sous tumu lus ont avec les chambres sepulcrales des Pyramides, avec les tombes mycemennes des affinites mysteneuses ; il est impos sible de dire ou il faut en chercher 1 idee premiere et le proto type, si nous avons recu 1 une et 1 autre de 1 Orient ou si nous les lui avons envoyes.

La vogue des tumuli ne disparut pas lorsque prit fin la periode de la pierre pohe : il existe notamment dans le Sud- Ouest, le long des Pyrenees, une trainee de tertres qui sont, du moins en partie, de 1 age du fer.

Les menhirs. Les menhirs, que naguere on appelait peulvans, sont surtout nombreux en Bretagne : ils sont d ailleurs assez repandus, plus que les dolmens. M. A. de Mortillet en a compte en France 6 1 92, dont 3 450 pour le seul departement du Morbihan. Dans ce chiffre sont com prises les pierres des ahgnements et des cromlechs.

Le plus grand menhir connu est celui de Locmanaquer, qui est renverse et brise ; il mesurait plus de 20 metres de hauteur. La plupart sont beaucoup plus petits.

Quelques-uns sont enfouis sous tumulus. Amsi en est-il du tumulus de Mane-Lud, a Locmanaquer, lequel renferme un dolmen a galerie et un cercle de petits menhirs, dont chacun supportait un crane de cheval.

On ignore quelle etait la destination des menhirs. Ils appartiennent, dans 1 ensemble, a la meme date que les dolmens ; toutefois on continua de planter des menhirs quand, depuis longtemps sans doute, on ne faisait plus de dolmens.

L ORNEMENTATION DES MEGALITHES

Les cromlechs et les alignements. JJe meme que les menhirs, les cromlechs se rencontrent surtout en Bretagne. Hors de cette province, on les connait assez mal; ils meriteraient d etre plus soigneusement recherches et decrits. On ne saurait dire avec quelque certitude a quel but ils repondent.

II faut en dire autant des alignements Bretons (fig. 7). Tout le monde connait les alignements de Carnac, qui s etendent, avec une inter ruption, sur une longueur de 3 kilometres.

L ornementation des megalithes. - - Ainsi qu il a etc deja dit, la penode neolithique laissa perdre Fart si remarquable de la penode precedente. Y eut-il sub stitution d une race a une autre? C est possible. Toujours est-il que 1 homme de la pierre polie ne sait plus camper et dessiner les animaux ; il se borne a quelques traces geometriques, a quelques idoles odieusement deformees par une schematisation excessive. II n y eut peut-etre pas, dit M. Jullian, dans tout le FlG . 7 . ALIGNMENTS. monde antique, une population plus re- Quibcron (Morbihan). fractaire que les Ligures a 1 image, a 1 oeuvre d art. Et par Ligures M. Jullian entend les populations qui occupaient nos contrees avant les Celtes. Ils savaient se battre et construire ; ils etaient d une insigne maladresse pour expnmer. Le meme auteur ajoute : II y eut, au moms a cet egard, un formidable recul de civilisation entre 1 epoque des cavernes et celle des dolmens, entre les siecles du renne et ceux des Ligures.

Des dolmens bretons portent des gravures, formees de traits paralleles ou concentnques, lesquels rappellent des empreintes digitales fort agrandies ; on y voit aussi la hache, le manche de la hache, la spirale et quelques signes tellement simplifies qu on n en peut definir 1 objet : le bouclier, le peigne ou peut-etre une barque montee, une barque ou peutetre un joug ou encore une paire de comes.

A cette ornementation se rattachent les cupules ou ecuelles creusees sur les pierres d un certain nombre de megalithes. Ces

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ecuelles, qui se retrouvent en des pays fort eloignes 1 un de 1 autre, sont parfois le resultat d accidents naturels, souvent 1 oeuvre de 1 homme. La tradition en a ete conservee jusqu en plein Moyen Age. Les cupules peuvent etre reliees par de petits canaux, par des rigoles.

L ornementation des menhirs affecte, dans certains cas, leur galbe meme. II reste, en efTet, dans le Tarn et 1 Aveyron, des menhirs-statues (fig. 8). La silhouette a ete ramenee vaguement a une forme humaine, et une sculpture peu profonde a mdique, ca et la, quelques details : les yeux, les seins, les bras, les pieds, certaines parties du costume, cemture, collier, etc., peut-etre le tatouage de la figure. Ce ne sont pas des statues ; ce sont plutot des ebauches ou des essais. Le personnage est represente assis.

Les grottes artificielles. On a explore en Champagne des grottes sepulcrales neolithiques taillees dans des roches tendres a 1 aide de pics en pierre ou en come. Ces grottes artificielles ressemblent moins aux cavernes naturelles qu aux dolmens sous tu mulus, avec leur couloir d acces et leurchambre funeraire.

Quelquefois un corps feminin est grossierement sculpte en bas-relief sur 1 une des parois. Les bas-reliefs dont il s agit ne sont pas sans rapport avec les menhirs-statues. On a meme cru saisir, et il se pourrait que Ton eut raison, un lien de parente entre ces productions de 1 art neohthique et des figures tres primitives modelees par des potiers troyens et de la Grece archaique.

II faut se garder de confondre les grottes artificielles avec les souterrains-refuges plus recents.

Les huttes neolithiques. Les Gaulois et les peuples qui les ont precedes sur notre sol avaient des habitations plus simples et plus fragiles : c etaient des cabanes de branchages, de clayonnages revetus de terre ; ces cabanes s enfoncaient dans le sol. Le type dura jusqu a la conquete romaine : on a deblaye il y a peu de temps dans les ruines d Alesia des depres-

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