LES GRANDES ARCADES
depuis le XVII 6 siecle, est plus trapu, arme de pilastres et non plus de colonnes engagees.
Les grandes arcades. Les vides manages entre les piliers et par lesquels la nef communique avec les bas-cotes sont toujours couverts d un arc ; 1 architrave disparait sur ce point des les premiers temps du Christianisme et ne reparait pas avant le XVl e ou le XVI l e siecle.
Dans les eglises a transept, chaque bras du transept rompt 1 ordonnance inteneure de la nef et ouvre dans la serie des gran des arcades un tres large vide, comme une arcade beaucoup plus importante. Cette arcade developpe une poussee consi derable et, d autre part, la construction, affaiblie par ce vide, est moins en etat de resister a la poussee des arcades voisines : de la vient la double necessite de proteger et le percement du bras du transept et les arcades contigues. Dans ce but, on a eleve aux angles de la croisee, de la travee d intersection, des piliers tres vigoureux en outre, on a quelquefois fait plus etroites les deux arcades qui touchent au transept, ou monte a mi-hauteur dans ces deux arcades un arc qui les etresillonne, qui empeche les pieds-droits de se rapprocher (fig. 78). II est permis d attribuer pour une part a cettememe preoccupation les tribunes qui, dans certaines eglises, garnissaient le debouche de chacun des bras sur la nef.
La poutre de gloire et le jube. - - On nomme arc triomphal celui qui marque du cote de 1 Est 1 entree de la nef. Des eglises latines ont en cet endroit un mur transversal ajoure de baies, rappelant 1 iconostase des eglises grecques et qui pousse beaucoup moins que Tare triomphal.
Plus souvent, on a jete en travers de Tare triomphal une poutre destinee a porter un Crucifix, les statues de la Vierge et de saint Jean, des chandeliers, des reliquaires. C est la poutre de gloire, qui pouvait etre revetue de metal et posee sur des poteaux ou sur des colonnes.
La poutre de gloire amena, pendant la periode gothique, le jube. Le jube est ainsi nomme de la formule que recite le diacre avant 1 Evangile : Jube, Domne, benedicere. C est un mur transversal, portant une galerie qui servait a des lectures ou a des chants ; il est orne du Crucifix, comme la poutre de gloire. Les jubes se rattachaient d ordinaire aux clotures late-
LES EDIFICES RELIGIEUX
rales du choeur. On en fit, au XIII 6 siecle, qui etaient merveilleusement beaux, et plus tard, aux XV e et XVI 6 , qui sont invraisemblablement ouvrages (fig. 278).
Les jubes avaient 1 mconvenient d encombrer la nef et de couper les perspectives. Us ont ete enleves presque partout.
Les portes d eglises. Les portes principal es sont Tun des morceaux essentiels dans 1 architecture des eglises romanes, aussi bien que dans 1 architecture des eglises gothiques.
La porte des eglises latines (PI. VI, A) est simple, pauvre
meme, si on la compare aux portes de la periode qui suivit. Ces portes romanes (PI. VI, B-C) sont souvent d une richesse extreme. Pour donner a I encadrement son importance, on a multiplie les voussures, c est-a-dire les arcs concentriques qui couvrent la porte, et les jambages, qui sont les supports de ces arcs. II a fallu augmenter egaJe- , , ment les dimensions de
(fig. 279). Or, Ie linteau, cette piece horizontale qui clot la e, persista,et comrne on ne pouvait pas en accroitre indefinila longueur, on le soulagea au milieu par un montant ou I etait naturel de placer centre ce trumeau une statue, qui, peut-etre,conduisitaenposer d autres contre les jambages. n, pour avoir ] epaisseur de mur necessaire a des encadre- 3 aussi profonds, on logea souvent la porte dans un avant- >rps, qui eut parfois une ordonnance particuliere, avec son mnement et sa corniche. Ainsi s expliquent logiquement le developpement du type des portes d eglises. ecoles n ont pas de linteau et, par suite, de trufrequent que les belles portes de la Saintonge et us en soient depourvues. Ailleurs, principalement en Auvergne, le linteau, plus epais au milieu, rappelle un fron-
FIG. 278. JUBE. 1600.
Paris, Saint-Etienne-du-Mont
Cliche Hachette.
LES PORTES D ZGLISES
A. PORTE LATINE, x e SIECLE.
Gennes(M.-et-L.).
Cliche A/on. Hist.
B. ROMAN PROVEN CAL, xn e SIECLE.
St-Restitut (Drome).
Clicht Mon. Hist.