LES PONTS DE MAQONNER1E
imagine d entamerobliquementle bord de la partieinferieure des arches ; il en resulte, dans chacune de ces arches, deux echancrures faites en demi-croissants, dont les pointes tendent a se rejoindre vers le haut : c est la corne de vache (PI. XV, E).
Lorsqu un pont est a plusieurs arches, les poussees de deux arches contigues se neutralisent, en sorte que la pile mtermediaire peut etre moins vigoureuse ; aux extremites, il faut des massifs assez resistants pour contenir la poussee ; on les appelle des culees. Des piles-culees peuvent exister sur la longueur du pont, notamment parce que, le pont ayant ete bati arche par arche, chacune des arches a du se suffire provisoirement.
Les avant-becs et arriere-becs des ponts ont pour but : en amont, de couper le courant et d ecarter les epaves dont le choc pourrait ebranler les piles ; en aval, d empecher, en meme temps que les remous, les ralentissements et les affouillements que ces remous entraineraient. Ces eperons sont de plan triangulaire ou en amande.
La chauss-ee etait etroite dans les ponts du Moyen Age ; aussi a-t-on frequemment eleve jusqu a ce mveau les eperons, dont le dessus forme ainsi de petites gares d evitement. Toutefois, on a souvent arrete les eperons a la hauteur des eaux moyennes et ajoure le tympan, entre les arches, d une ouverture qui sert a 1 ecoulement des eaux de crue.
Le tympan ne joue qu un role secondaire dans I equilibre du pont. Dans les tympans des anciens ponts, les tetes sont maconnees sans grand soin ; de plus, les vides entre les deux tetes sont garnis de blocages et de deblais ; dans les ponts recents, on s efforce de reduire et de supprimer ce poids mort (p. V et PL XV, F) : tantot la chaussee repose sur des arcs longitudmaux, tantot elle est appuyee sur des voutains transversaux dont les pieds-droits portent sur les reins des arches. On a pousse plus loin I allegement : dans quelques ponts du Moyen Age (fig. 349), en Poitou notamment, chacune des arches est remplacee par un groupe d arcs paralleles aux tetes et qui sont relies par des dalles sur lesquelles est la chaussee. Au pont tout recent des Amidonmers, a Toulouse, on n a garde dans chaque travee que les arcs de tete, soit un arc en amont et un arc en aval, et sur ces deux arcs on a pose le tablier en beton arme ; 1 essai est des plus curieux.
EDIFICES PUBLICS
Les Remains placaient volontiers des arcs de triomphe sur les ponts (PI. XV, A). L arc de triomphe du pont de Saintes fut plus tard couronne d un crenelage ; rien ne montre mieux les preoccupations diverses des deux epoques. Tous les ponts importants du Moyen Age etaient fortifies (PI. XV, C), charges d une ou plusieurs tours ou pouvaient se tenir soit les agents preposes a la levee des peages, soit la garmson qui avait a defendre le passage. Sur les ponts on placait aussi des croix, des chapelles, quelquefois meme des moulms et des boutiques.
La decoration des ponts est toujours sobre, meme dans les villes : la mmutie dans les details ne convient pas a ces ouvrages.
Les ponts les plus impressionnants se trouvent en montagne ; une certaine rusticite et quelque rudesse donnentaces construc tions un aspect de vigueur. L ingenieur doit surtout accuser la force et 1 elancement des pi les. L usage s introduit d affirmer, dans les lignes, dans le choix des materiaux, la distinction entre Tare et la charge qu il porte. Les ponts metalliques. Nos ingenieurs se distinguent
aussi dans la construction des ponts metalliques.
Les ponts suspendus n ont pas a etre decrits. Les premiers furent construits au xvill 6 siecle ; il se peut qu on revienne a ce procede, - - du moins quelques essais recents et d un grand interet (PL XVI, C), permettent de le croire.
L idee la plus simple pour faire un pont metallique est de composer le pont de travees droites en toles pleines ou en treillis, qui s appuient sur des piles en fer ou en pierre. Pierre ou fer, lorsque ces pylones atteignent une grande hauteur, on en augmente la stabilite en inclinant leurs faces, de sorte qu ils soient plus larges a la base.