‹ Pour comprendre les monuments de la FranceChapitre 57 sur 202 · DE LA GALERIE · texte numérisé non relu

DE LA GALERIE

DES MACHINES, haute des vaisseaux. II a fallu prendre des mesures pour suppleer ces

tirants et pour empecher la ferme de s ecarter et de tomber. Les fermes sont habituellement faites de deux pieces maitresses non concentnques, la premiere formant intrados, la seconde formant extrados, les deux reliees par des traverses et par des echarpes simples, ou bien par des traverses et de doubles echarpes, en croix de Saint-Andre. Le treillis ainsi dispose entre les pieces maitresses transmet a I intrados les pesees que recoit I extrados et empeche celui-ci de flechir ; en un mot, il solidanse I ensemble, et la ferme travaille comme une poutre unique, d autant plus resistante que les pieces mai tresses sont plus ecartees.

En outre de ce role, qui est aussi devolu aux traverses, les echarpes et les croix de Saint-Andre remplissent une autre fonction essentielle, qui est de rendre I ensemble de la

LA CONSTRUCTION MODERNS

construction indeformable en le divisant en triangles. C est, en effet, un principe de geometric qu avec trois cotes de lon gueurs donnees on ne peut tracer qu un triangle. Soit(fig.84) un carre constitue par quatre pieces de fer : si on presse sur un angle dans le sens de la diagonale, ou si on tire sur un angle voisin du premier dans le sens de 1 autre diagonale, celle-ci augmente, celle-la diminue, et le carre s aplatit plus ou moins en un losange (fig. 85). Soit (fig. 86) un autre carre pareil au premier, mais dans lequel on a introduit une piece diagonale : cette piece determine deux triangles et, a moins que les cotes

ne s allongent par rup ture ou ne se raccourcissent par flechissement, ces triangles ne changeront pas ; la ngidite est

FIG. 8 4 -85-86. - EFFETS DES ECHARPE, obtenue.

DANS LA CONSTRUCTION METALLIQUE. Depuis qUclqUCS 3tt-

nees, les mgemeurs ont

imagine de decomposer les fermes en deux moities : chaque demi-ferme se relie, d une part, au sol par une rotule d acier placee a la base du pied-droit ; d autre part, a 1 autre demiferme par une rotule analogue (fig. 83). Une telle combinaison ofrre, entre autres, cet avantage que 1 ingenieur, connaissant exactement trois points ou passent les pressions, peut calculer avec precision la forme qu il convient de donner a la ferme et a ses di verses pieces.

Enfin, il semble que, dans les constructions metalliques, du moins dans les ponts et les viaducs, nos ingenieurs tendent vers une solution de plus en plus large : une ossature tubulaire puissante prend la place des treillis compliques, ou les lignes se multiplient et s enchevetrent.Le viaduc du Viaur(Pl.XVI,D), par exemple, est une immense ferme : Tare en est 1 intrados, le tabher est 1 extrados, et de grandes pieces conjuguees dans un plan vertical ou dans un plan oblique rappellent le treillis.

Le fer a rendu possibles des constructions d une hardiesse emouvante, comme la Galerie des Machines ou la Tour Eiffel, le viaduc de Garabit ou le viaduc du Viaur ; mais de ces essais, admirables a d autres egards, il n est pas encore sorti une formule esthetique. Le probleme est difficile, parce que le

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