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FIG. 3. - ENTREE D UNE GROTTE

Cap-Blanc de Laussel (Dordogne).

Cliche du D* Lalanne.

AVANT LES ROMAINS

I Ariege, elles sont a 800 metres du jour, comme si on avait voulu les soustraire aux regards des profanes.

Cette ornementation des cavernes, que Ton n avait pas remarquee jusqu a ces dernieres annees, provoqua d abord une defiance bien comprehensible. Une observation plus atten tive et des comparaisons montrerent que les couches archeologiques et les decompositions chimiques garantissaient 1 anciennete de ces ceuvres, qui, d ailleurs, se ressemblaient entre elles et ressemblaient aux gravures sur os de la meme

epoque. Les grottes a parois decorees actuellement connues sont au nombre d une quarantaine, reparties surtout dans le Midi de la France, Sud-Est et Sud-Ouest compris, et dans le Nord-Ouest de 1 Espagne.

II est a prevoir qu on en decouvrira dans FIG. 4. -GRAVURE d autres pays.

Les figurations (fig. 4 et 5) ont d ordinaire pour objet les grands animaux de la faune quaternaire : le mammouth, le bison, le renne, le cheval, toutes les betes dont on vivait alors. Quelques-unes portent au flanc une fleche ou 1 empreinte plus ou moins defiguree d une main ; Tune et 1 autre image evoquent 1 idee du totem, une croyance des peuplades tres arrierees, qui n est pas sans rapport avec 1 envoutement : en figurant le gibier, 1 artiste quaternaire pensait lui donner une existence factice ; il le multipliait, il le capturait en effigie. L art se melait a des rites magiques, a une religion grossiere. II est plus simple de reproduire les objets tels qu ils sont que de faire abstraction de la profondeur et de les representer tels qu on les voit, en dessin. La sculpture apparait des les origines de 1 art : on a meme signale naguere des bisons modeles superbement en argileaufond d une caverne anegeoise. Les gravures au trait les plus archai ques montrent les animaux de profil, les deux membres de premier plan cachant les deux autres; plus tard, 1 allure fut plus libre et le dessin plus vane. La peinture pouvait etre associee a la gravure : le trait grave arretait les contours. On choisissait parfois une bosse du rocher, un accident naturel formant une silhouette, one Ton coloriait ensuite. La palette etait pauvre, mais suffi-

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