L ANTIQUE
Xlll e SIECLE.
Cathedrale de Reims.
Nymphe de Jean Goujon.
Paris, Apres le Moyen Age, 1 art est de plus en
innocents? 5 plus personnel : le type uniforme domine moins
Ci. Neurdein. imperieusement la maniere de chaque artiste.
La Renaissance italienne exerca sur notre statuaire une influence moins determinante que sur notre architecture. A vrai dire, la sculpture francaise n avait aucunement besoin d un regain de vie, d une renaissance ; la formule moderne se trouve deja dans certaines effigies du plein Moyen Age : entre la Madone de la Chartreuse
LES PROCEDES DE LA DECORATION
de Dijon, qui est de 1 extreme fin du XIV 6 siecle, et les Madones du XVIII 6 , la difference est moindre qu entre les Vierges du milieu du XII 6 siecle et celles du milieu du siecle suivant. Certaines oeuvres du Moyen Age sont etonnamment modernes. II est acquis neanmoins que le XVI 6 siecle, le siecle des humanistes, s eprit de 1 antiquite classique ; il 1 aima dans des types
conventionnels, dans des formes eru dites, ou il croyait voir revivre la pensee greco-romaine. II habilla volontiers les statues feminines de vetements amples, mais legers (fig. 145), qui accusent les formes plutot qu ils ne les voilent. Les oeuvres de ce temps degagent une note d elegance affinee et de fraicheur que les epoques ulterieures ne retrouveront peut-etre jamais.
Le XVII 6 siecle est moins gracieux, mais plus grandiose et souvent theatral (fig. 146) : le siecle ou Rigaud peignait Bossuet drape dans son manteau magnifique recherchait 1 expression grandiloquente ; la force un peu lourde et la solennite etaient dans le gout du temps.
Pour rendre emouvante une telle pompe, il aurait fallu sous cet apparat la chaleur et la vie ; la formation academique n en donnait pas. Du moms, les artistes possedaient leur metier ; leur habilete de composition et d execution parvient a faire oublier le pedantisme qui habille a la romaine Louis XIV et ses sujets ; il fallait bien du talent pour rendre acceptables des personnages qui etaient a la fois armes a 1 antique et coiffes d une perruque.
La sculpture du XVIII 6 siecle est plus vibrante (fig. 147) : les modeles ne sont plus des heros surhumains, ce sont des hommes qui ont souffert et joui, joui surtout. Les corps des femmes ont des formes rondes et un peu molles ; les draperies contmuent a etre somptueuses, parfois pesantes et tourmentees. Les tetes ont de la sensibilite ; elles ont de 1 esprit, ce qui est encore de la vie. Le ciseau, moins froid qu au XVII 6 siecle, n en
FlG. 146. SCULPTUHE