‹ Pour développer notre mémoire par l'audition, la vision, l'idée;Chapitre 4 sur 32 · POUR LA MEMOIRE IX · texte numérisé non relu

POUR LA MEMOIRE IX

méthodes pour la cultiyer. Eafio il est constant qu'ils ne la méprisaient point du tout.

Et pourquoi la mépriserait-ou? On a dit de l'esprit qu'il sert à tout et qu'il ne suffit à rien. Songez, que non seulement il en faut dire autant de la mémoire ; mais qu'en yérité il en faudrait dire davantage ; car elle ne suffit à rien, c'est bien certain; mais non seulement elle sert à tout, mais à tout elle est nécessaire. Ce n'est nullement un serviteur de second rang.

Son seul défaut et il est notable, c^est que quand elle est très forte, elle invite à ne point penser, en en dispensant, en fournissant au discours tant de matériaux tout prêts que la loi du moindre effort intervenant, la pensée ne sent nullement le besoin d'en fabriquer et reste dans une douce langueur.

Il est vrai; mais c'est un défaut dont il suffit presque d'être averti pour s'en garantir, et la mémoire ne prend le pas sur la pensée que par une sorte de distraction de notre part qu'il est peu difficile d'éviter. En somme, la mémoire est un très bon serviteur à qui il ne faut pas laisser l'occasion de devenir maître de la maison, mais qui n'y aspire pas de lui-même et qui garde très facilement les distances respectueuses.

Aussi je félicite M. Georges Art d'avoir, dans un ouvrage intéressant et utile, d'abord réhabilité la mémoire, si tant est qu'elle eût besoin de réparation, ensuite tracé toute une méthode de culture de la mémoire verbale et de la mémoire pratique.

C'est bien une méthode, et si elle est peut-être

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