II. Régnault
Rude, pendant toute sa longue vie d’artiste, a travaillé du soleil levant au crépuscule; il ne s’interrompait dans sa besogne que pour manger des petits pains et boire quelques gouttes d’eau-de-vie.
A ses débuts dans la carrière artistique, Hippolyte Flandrin faisait connaître ainsi à son père l’emploi de son temps, et comment ils vivaient, lui et son frère, qui s’adonnait aussi à la peinture : « Levés à cinq heures, nous allons sentir le bon air du Luxembourg qui n’est pas loin; à six heures, au travail; à huit ou neuf heures, nous déjeunons. Malheureusement, le pain n’a jamais été aussi cher qu’à présent. Ensuite, nous travaillons jusqu’à six heures. » Hippolyte Flandrin n’a pas consacré moins de quinze heures par jour à ses peintures murales de Saint- Séverin à Paris, et de Saint-Paul à Nîmes; souvent il continuait à peindre à la lueur d’une lampe, pendant les journées d’hiver. Le soir, après son dîner, il préparait la besogne du lendemain.