‹ Pour devenir un artisteChapitre 45 sur 73 · FRÉMIET · texte numérisé non relu

FRÉMIET

SCULPTEUR

Né en 182V.

PRINCIPALES ŒUVRES

Statue équestre de Louis d’Orléans, au château de Pierrefonds; Statue équestre de Jeanne d’Arc, sur la place des Pyramides, à Paris Statue équestre de Velasquez;

Homme de l'âge de pierre ; — Gorille enlevant une femme ; Saint Michel; — Credo ; — Be'tiaire et gorille ;

Porte-falot à cheval (Hôtel de ville de Paris).

travail, ne se laissera jamais abattre par les déceptions ni par l’adversité.

— Si l’on fait résolument une chose, on arrive bien vite à la faire gaiement et avec amour.

Je n’ai jamais pu comprendre qu’on fasse du travail un châtiment. Le travail, non seulement le travail intellectuel, mais le travail manuel, est ce qu’il y a de meilleur dans la vie. Quand vous avez peiné, quand vous avez vaincu la matière, quelquefois brisé de fatigue après l’effort, quel bonheur ne ressentez-vous pas de la tâche accomplie !

E. Barrias.

Je puis certainement me restreindre et limiter le nombre de mes tableaux pour les rendre plus chers. Mais que ferais-je pendant les intervalles? Je m’ennuierais. Peindre est mon seul plaisir.

Boudin.

Le tableau est déjà fait dans le cerveau du peintre qui en a eu la lumineuse vision, et qui n’a plus à transmettre aux organes et aux membres, ses agents, qu’un ordre rapide, clair et précis, jusque dans les mystères qui prolongent la pensée. Et le peintre va vers le but indiqué, sûrement, sans hésitation, la permanence de l’effort de volonté nécessaire étant aussi inconsciente que celle qui dirige les jambes lorsqu’il marche. C’est charmant.

Jules Breton.

On me reproche de trop produire de tableaux. Ils sont bons, eux! Et, si ça m’amuse, moi?

Mon père, qui trouvait que la peinture est un métier de paresseux, m’a dit, au moment où je me suis mis à peindre : « Je t’aurais donné cent mille francs pour t’acheter un fonds

POUR DEVENlh UN ARTISTE

cle commerce. Ta n’auras que deux mille francs par an. Ça t’apprendra. Allons, va et amuse-toi! » Je me suis rappelé ces paroles de mon père : je me suis toujours amusé.

Corot.

Il faut se laisser aller à ses impressions, travailler librement, n’être ni trop exigeant ni trop sévère ! Le trop d’exigence et de sévérité est un défaut aussi nuisible que le trop grand contentement de soi-même.

Ne travaillez pas quand vous êtes indisposé, et, lorsque vous vous remettez à l’œuvre après avoir été malade, ne travaillez pas trop la première fois. Arrêtez-vous sitôt que vous vous sentez fatigué. Reposez-vous souvent. Si l’entrain vous prend, abandonnez-vous; mais il faut être déjà fort habile pour aller ainsi. Il arrive souvent qu’en pleine verve on gâte certains travaux. Arrêtons-nous alors, et attendons un meilleurmoment.

Delacroix.

Toute œuvre exige un effort de volonté, une peine; mais pour les artistes, cette peine devient un plaisir au fur et à mesure que la pensée prend corps, et que ce qui n’était rien tout d’abord devient une réalité à la suite de cet effort, qui, d’ordinaire, pour les ouvrages de longue haleine, est continu et constant. D’ailleurs, les œuvres bien pensées, bien combinées, et comme composition et comme effet, s’exécutent facilement.

Gérome.

11 n’y a de choses réellement amusantes que celles qui donnent beaucoup de mal.

Je ne me souviens pas, dans ma vie, de m’être ennuyé à faire une besogne quelconque. Il faut toujours être tout entier à ce qu’on fait, penser aux grandes choses, pour faire bien ce qu’on doit.

Meissonier.

Le premier point pour bien travailler est de se plaire dans

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