‹ Pour devenir un artisteChapitre 48 sur 73 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

L’amour de la nature. — Le culte du pays natal.

— L’amour, en art, est le sentiment par lequel le cœur se porte vers ce qui lui paraît mériter ses désirs et sa prédilection.

— Pour l’artiste, la nature n’est point seulement la campagne, mais l’univers entier, les êtres et les choses, les champs, les bois, les prés, les montagnes, les nuées, le ciel, la rue, la place publique, les intérieurs, les épisodes de vie, etc., en somme, tout ce qui contient des formes^ t offre à l’imagination des éléments de sensation.

— La nature se donne tout entière à l’artiste qui l’aime et l’admire avec tendresse, avec simplicité, avec naïveté, c’est-à-dire avec tout son cœur, avec toute son âme.

— - La nature ne livre son mystère et sa volupté secrète qu’à ceux qui l’étreignent avec amour et avec fidélité; elle ne cède qu’aux forts et aux fidèles.

— La nature est une source de joies, une source de vie intense pour l’artiste.

— La nature enseigne à l’artiste la variété infinie des formes dans l’unité des principes. Des myriades de feuilles qui parent un chêne, il n’y en a pas deux semblables.

— La nature enseigne encore à l’artiste qu’une liarmo-

nie universelle régit les rapports de tous les éléments et de tous les règnes. La moindre fleurette est une merveille de précision, de logique et d’ingéniosité, dans son organisme, dans ses évolutions du germe au fruit, et dans sa fonction.

— La nature fait admirer, principal but et principal moyen de la vie.

— Le paysage est le visage de la patrie.

— Quand on aime, on trouve incomparablement beau le visage de l’être aimé.

Aimez la nature, aimez-la toujours et quand même, cette bonne et impeccable nature. Aimez-en les couleurs, les formes, les harmonies.

Donnât.

Il faut aimer de tout son cœur et de toute son âme la nature, être capable de rester des heures entières devant elle à l’étudier et à la suivre. Tout est dans la nature : une plante, une feuille, un brin d’herbe, sont des objets de méditations infinies et fécondes ; un nuage qui passe dans le ciel a pour l’artiste une forme, et cette forme le réjouit et le fait penser.

Bouguereau.

Sans la nature, sans son concours directement obtenu ou sans ses lois connues et rigoureusement appliquées, il n’y a, il ne peut y avoir qu’erreur, incohérence, présomption, cabotinage et imposture; il n’y a pas d’art.

Bracquemond.

Ah çà! vous n’êtes donc de nulle part, vous?

Courbet.

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