MONUMENT DE FRANÇAIS
PEINTRE PAYSAGISTE
PAR PEYNOT
(Plombières, Vosges).
PRINCIPALES ŒUVRES
IJÉtang de Ciisson; — La Vallée du Roussillon ; — Lavoir à Pierre fonds ; Le Ravin de Nepi ; — Vue des environs de Rome ; — Le lac de Némi; Adam et Ève chassés du Paradis terrestre ; — Le Baptême du Christ.
A l’âge où je suis arrivé après tant de pérégrinations, je laisserais volontiers au hasard le soin de m’orienter, trouvant partout de quoi admirer et peindre. Plaines, montagnes, bords de mer, pays de centre, environs de Paris, Paris lui-même qui est un sujet inépuisable. Je dirai plus : pluie ou soleil, printemps, été, automne ou hiver, tout est également beau, également pittoresque, source d’émotion, d’impression!
Français.
L’interprétation saine, puissante et vraie de la nature est la seule voie qui conduit aux chefs-d’œuvre.
Le véritable artiste est celui qui voit la nature avec sincérité. Elle est le seul guide qui ne trompe jamais; mais il faut la suivre au plus près. Il y a des gens qui veulent faire mieux que la nature, qui l’arrangent, comme ils disent, qui, pour faire une figure nue, prennent la poitrine à celleci, le dos et les bras à une autre, les jambes à une troisième; et, quand ils ont fini, ils trouvent que cela est bon, car ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ont pondu un navet. C’est surtout dans l’art de la sculpture, qui est chargé de représenter les objets dans toute leur réalité, que la mathématique s’impose. Si j’avais à faire le portrait de Phidias ou de Rude, je leur mettrais un compas dans la main.
Gérome.
Rien n’est touchant et vénérable comme la vieillesse des hommes qui ont passé la vie à interroger la nature et à l’aimer. Le travail qu’ils ont soutenu et le but qu’ils se sont assigné ont ennobli leurs traits. Leur sang s’est apaisé; une douce pâleur éclaire leur visage. Leur conscience perce dans la droiture de leur regard et dans la netteté de leurs discours. Un grand calme est en eux. Ils ontvu face à face quelque partie de l’univers, et ils en ont pénétré le mystère; ils savent que la vérité n’appartient pas aux impatients, qu’elle ne se donne qu’au prix d’une longue fidélité.
Eugène Guillaume.
Le respect, l’amour de la nature, voilà ce qui vous conduira à l’art. Ouvrez les yeux jusqu’à ce qu’elle entre.
Henner.
La nature n’a rien à refuser à ceux qui l’interrogent en face.
C’est dans la nature qu’on peut trouver cette beauté qui fait le grand objet de la peinture. C’est là qu’on doit la chercher, nulle part ailleurs. Il est aussi impossible de se former l’idée d’une beauté à part, d’une beauté supérieure à celle qu’offre la nature, qu’il l’est de concevoir un sixième sens.
Ingres.
Qu’avez-vous besoin de plantes étrangères? N’avez-vous pas dans votre cour, dans votre potager, de quoi épuiser la vie de tous vos élèves en études infinies?
Galland.
Il faut se mettre à genoux devant la nature ; il faut aimer sa passion jusqu’à en devenir mélancolique pour se plaire dans la solitude.
Perraud.
La nature jette ses trésors à ceux qui l’aiment, la respectent et l’écoutent. J’ai dû rentrer à Paris pour demander à la nature son autorisation et marcher sûrement. Elle m’a donné raison; et, comme elle est sensible aux avances qu’on lui fait et au respect qu’on lui témoigne, elle m’a fait bonne mesure.