STATUAIRE ET PEINTRE
Né en 1829.
PRINCIPALES ŒUVRES
Tombeau de Lamoricière (Chœur de la cathédrale de Nantes) ;
Statue équestre de Jeanne d’Arc (Parvis de la cathédrale de Reims) ;
Statue équestre d’Anne de Montmorency (Parc de Chantilly) ;
Le Chanteur florentin; — Narcisse au bain; — Ève naissante; Portraits de mes enfants ;
Bustes de Henner, de Paul Baudry, et du docteur Parrot.
les apparences, les spectacles que nous offrent le monde et la nature ne sont guère sujets au changement; les maîtres vous enseigneront que c’est par la manière personnelle de sentir et d’exprimer les passions éternelles de l’humanité, qu’un artiste renouvelle et s’approprie un sujet. De même qu’ils ont su se frayer un chemin à côté de celui qu’avaient suivi leurs devanciers ou leurs contemporains, de même, n’en doutez pas, ils vous laisseront vous frayer le vôtre. Mais, au lieu de chercher seuls, et à l’aventure, en courant le risque de vous égarer dans les ténèbres, vous les aurez pour guides et vous marcherez d’un pas sûr, à l’éclatante lumière de leurs exemples.
Paul Dubois.
Je ne suis pas de ceux qui se font les détracteurs du temps présent ; mais il me semble pourtant, je dois le dire, qu’aujourd’hui dans les arts règne un certain désarroi, et que les jeunes gens, au milieu de toutes ces voies nouvelles, doivent éprouver quelque inquiétude sur le chemin à suivre. Leur esprit est sollicité de toutes parts, dans les sens les plus divers, et il est très difficile, à ce qu’il semble, de se décider. Eh bien! ne vous effrayez pas, allez de l’avant sans consulter personne que vous-même; adressezvous en toute confiance à la nature, qui est le seul guide à suivre, le seul guide qui ne trompe jamais. Si vous l’interprétez sincèrement, votre œuvre sera bonne, et vous entrerez à coup sûr dans une voie qui vous sera propice ; mais, pour marcher il ne faut pas chausser les souliers d’un autre.
Gérome.
Etre soi-même, voilà certainement l’idée dont chacun de vous est occupé, et rien n’est plus juste. Mais laissezmoi vous le dire : le problème n’est pas d’être soi-même, mais de le rester. Dans les arts, il ne faut pas se chercher au dehors, mais se garder la fidélité. Vivre avec sa pensée, n’en rien laisser sortir qui ne soit conforme à une certaine idée que l’on ait en propre; c’est pour nous une
règle de vie, c’est un devoir. Le poinl^essentiel est toujours de savoir si ce que l’on peint, si ce que l’on sculpte, si ce que l’on chante, est l’exacte expression de ce qu’il y a de plus profond dans le sentiment; si l’on ne sacrifie rien de cette vision invisible à tout autre, que l’on porte en soi; si on ne lui donne pas une forme mensongère; si l’on ne se trahit pas.
Eugène Guillaume.
Le maître est celui dont les œuvres ne font pas penser à celles des autres.
Meissonier.
Ce n’est pas tant les choses représentées qui font le beau, que le besoin qu’on a eu de les représenter; et le besoin a créé lui-même le degré de puissance avec lequel on s’en est acquitté.
J. -F. Millet.
Je ne peux ni ne veux voir par les yeux des autres ; leurs lunettes ne me vont point. J’observe la nature, et je tâche de l’imiter dans ses effets les plus attrayants.
Prudhon.
L’originalité est dans l’art la première de toutes les qualités.
Viollet-le-Duc.
Après avoir évolué successivement avec indécision, à travers toutes les manières des maîtres célèbres et populaires, J. -F. Millet arriva un jour triomphalement à la création d’un type absolument personnel, qui n’avait jamais été inventé avant lui : le Paysan.
Au début de sa carrière artistique, le peintre de Y Angélus et de la Tonte peignit dans le goût de Boucher, puis à la façon de Corrège, et ensuite, sur le modèle de Prudhon, des fantaisies galantes, parfois légères, où apparaît un