MONUMENT DE RAFFET
PEINTRE ET DESSINATEUR
(Jardin du Louvre).
PRINCIPALES ŒUVRES
Souvenirs d'Italie ; — Siège de Rome ; — Épisodes du siège d’Anvers; Voyage dans la Russie méridionale et le Caucase;
Les deux Sièges de Constantine ; — L’Expédition des Portes de fer.
d’enseignes, du nom de Jubel. Son patron l’employa immédiatement à décorer l’auberge des Trois-Couronnes, à Meudon; et le futur peintre des grognards de Napoléon brossa, sur les volets des fenêtres, des brioches, des lièvres, des lapins, des canards, etc.
A ses débuts d’artiste, à Cherbourg, J. -F. Millet peignit des enseignes; il fit notamment une Petite Laitière pour un magasin de nouveautés, un cheval pour un vétérinaire, une scène de la conquête de l’Algérie pour un saltimbanque, qui la lui paya trente francs en monnaie de gros sous. Les personnages de la ville qui s’étaient intéressés à lui, en considération de ses aptitudes artistiques, l’abandonnèrent, déclarant hautement qu’ils ne voulaient pas encourager un vulgaire peintre d’enseignes.
Dans sa première jeunesse, Daubigny brossa des tableaux pendules pour un horloger de la rue Portefoin, à Paris, des vignettes de prospectus pour des commerçants, et fut employé à l’ornementation des panneaux et des portes de plusieurs salles du musée de Versailles.
Robert Fleury, le peintre du Colloque de Poissy , se trouva, dès son enfance, dans le dénuement le plus profond, par suite de la pauvreté de sa famille. Il dut, pour vivre, entrer comme apprenti chez un peintre en voitures. Celui-ci, lui trouvant de l’intelligence et du goût, le spécialisa dans les armoiries. Le jeune ouvrier ne tarda pas à constater que son patron ne connaissait pas le premier mot de l’art héraldique, et se contentait de faire reproduire les documents que lui apportaient ses clients ; il résolut d’apprendre cet art, pour être en mesure de gagner de l’argent à la fois comme dessinateur et comme peintre. Il acheta chez un bouquiniste des quais, pour cinq sous, le Traité du blason, s’exerça à composer des armoiries pittoresques, des écussons originaux, accostés d’animaux fantastiques, pouvant jouer les armoiries les plus historiques.
Le succès le plus complet couronna ses efforts et justifia son initiative audacieuse. Il se rendit bien vite assez indé-
pendant, dans son travail d’atelier, pour pouvoir suivre les cours de l’École des beaux-arts.
L. de Fourcaud conte, dans une biographie de Théodule Ribot, que ce peintre fut très heureux, dans sa jeunesse, d’entrer comme teneur de livres chez un fabricant de draps d’Elbeuf; cette place le tirait d’une misère noire. Marié, et père d’un enfant, son destin le conduisit à Paris. Il se fit artisan pour nourrir sa famille. Il peignait du matin au soir, dans un atelier de marchand de glaces, des cadres à marges violettes, semées d’oiseaux; et, plus tard, un marchand de stores l’occupa à décorer des toiles de déjeuners sur l’herbe, de parties de pêche, etc.
Bracquemond a débuté dans la vie comme apprenti écuyer; il avait à nourrir lui-même sa famille : son père venait de mourir en laissant cinq enfants en bas âge ; puis il fut engagé dans un atelier de lithographe. A dix-neuf ans, ayant pu suivre les cours d’une école de dessin, après sa journée de travail, il envoyait au Salon de 1852 un portrait de femme qui attira l’attention de Théophile Gautier.
En arrivant de sa province lyonnaise à Paris, où il n’avait ni protecteur, ni maître, ni amis, Ch. Roybet dut, pour vivre, faire un peu de tout : des cartons de vitraux, des dessins de perruques pour coiffeurs, des tableautins qu’il vendait au prix moyen de dix francs; quand on lui en donnait quinze, c’était du délire. Il contait, un jour, à Firmin Javel que son premier client sérieux et notable fut Ribot, que Vollon, son camarade de l’École des beauxarts de Lyon, lui avait fait connaître. Le peintre des marmitons lui acheta un tableau représentant une bonne dans une cuisine, et le paya vingt francs. « Je n’ai jamais été si fier que ce jour-là, » ajoutait-il.
Félix Charpentier, qui a obtenu, en 1898, la médaille d'honneur de la sculpture du Salon des artistes français, a travaillé, de treize à seize ans, dans une fabrique de briques réfractaires de Vaucluse comme manœuvre. Les dimanches et le soir, après son travail, il s’amusait à modeler