L’IMPERTINENTE
Il est raidi. Zo a sonné. Rosette, la femme de chambre, entre vivement, va et vient, avec le petit bruit d’un rat qui furette, ramasse les jupes, les jette sur le sopha, écarte les rideaux, et se tourne vers sa maîtresse pour lui demander s’il faut apporter le chocolat. Mais, au lieu de parler, elle pousse un cri d’étonnement, et, la bouche grand ouverte, lève les bras au plafond. Qu’est-ce qui la surprend de la sorte? Est-ce de voir sur l’un des oreillers, à côté de Zo qui bâille de toute sa petite bouche et se frotte les yeux dans
ses frisons défaits, un jeune homme encore endormi de ce sommeil profond et doux qui suit les laborieuses nuitées? Hypothèse invraisemblable. Rosette est une camériste qui sait son monde, subtile et futée, experte en toutes choses, n’entrant Jamais dans le boudoir sans avoir regardé par le trou de la serrure, assez longtemps quelquefois, et s’entendant mieux qu’aucune autre à répondre : « Impossible de voir Madame, elle s’habille, » lorsque Madame, précisément, est en train de faire tout le contraire. Une perle ! et, pour tout dire, Jo l’a cédée à Lo qui l’a donnée à Zo. On pense bien qu’une telle personne n’est pas pour s’étonner d’une moustache blonde ou brune qui ronfle un peu dans les dentelles de l’oreiller. Cependant Rosette ne cesse pas de donner les signes de la plus parfaite stupéfaction ! Si bien que Zo, tout à fait réveillée, s’impatiente déjà. « Eh bien ! Mademoiselle, que vous prend-il? Avez-vous fini de me regarder avec ces yeux effarés? Je n’ai