ÉLOGE DU RIRE
Sous tes cheveux que désunit Ton souffle odorant qui les frôle,
Tes petits rires sont un nid De fauvettes dans un grand saule.
Pourquoi tu ris? On ne sait pas.
Mais qui donc prend souci des causes Pourquoi fleurissent les lilas Et pourquoi fleurissent les roses?
D’ailleurs, s’il faut une raison,
Les fleurs de tes rideaux sont faites
Très certainement de façon A te mettre le cœur en fêtes.
On ne sait pas tout ce que peut Donner de gaîté naturelle La chanson du toit quand il pleut, Le cri des vitres quand il grêle.
Toi tu ris : Témail apparaît De tes dents petites et sûres, Dents de louve, où sommeillerait La méchanceté des morsures.
C’est très bien. Le rire charmant A la tendresse et l’ironie;
Il est le doux consentement Et l’opposition bénie.
C’est lui qui répond ; Je veux bien.
Sur les lèvres encore mi-closes De celles qui ne savent rien Des épines sinon les roses;