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Dans I'hygièhe. — Deux exemples

1° Le Cancer lingual est irrécusablement, pour la très grande majorité des cas, un dérivé de la syphilis. Or, presque invariablement (107 fois sur 110), il ne se produit que par adjonction à sa cause première, la syphilis, d'une cause seconde, le tabagisme chronique. — De sorte que très légitimement on est autorisé à dire ceci : La suppression du tabac dans la syphilis aboutirait à la quasi-suppression du cancer lingual.

2° La statistique nous apprend que les

dangers les plus fréquents de la syphilis et ses pires méfaits résident dans le systènae nerveux, et cela sous forme, par ordre de fréquence, d'encéphalopathies spécifiques, de tabès et de paralysie générale. — D'autre part, nous savons de par la clinique que tout le monde n'est pas égal, tant s'en faut, devant la syphilis nerveuse, que bien au contraire certains sujets y sont particulièrement prédisposés, voire quasi-prédestinés.

— Eh bien, notre traitement actuel ne tient certes pas un compte suffisant de ces indications. Car, très vraisemblablement il y aurait d'heureux effets à attendre : 1® d'une hygiène antinerveuse ayant pour visée de soustraire les malades (et spécialement les « prédisposés )) dont je parlais à l'instant) à toutes les causes d'excitation morbide du système nerveux, à toutes les stimulations susceptibles d'appeler sur ce système les décharges delà diathèse; — 'i'' à' \xne thérapeutique antinerveuse, où l'hydrothérapie serait certes appelée à tenir un premier rôle. Agent tonique, reconstituant, modificateur de tout l'être, et spécialement régulateur des fonctions nerveuses, l'hydrothérapie a d'excellentes raisons pour être associée au mercure

10, 20, 30 ans au delà, elle soit encore sous l'action du mercure que nous aurons administré 10, 20, 30 ans auparavant! Mauvaise stratégie. Prétention d'autant plus singulière que, d'autre part, nous tenons tous le mercure pour un préventif à portée limitée et simplement proK>isoire^ pour un préventif ne conférant, à l'instar du vaccin, qu'une immunité temporaire. D'où, comme conséquence logique, nécessité pour entretenir cette immunité, de ^vaccinations mercurielles répétées à échéances plus ou moins distantes.

A cette pratique défectueuse il conviendrait donc, je crois, de substituer la suivante :

1® Pour les trois premières années de la maladie, appliquer dans toute sa rigueur le traitement chronique intermittent, tel que je l'ai formulé dans ce qui précède. Et cela pour la raison suivante : c'est que le tertiarisme prend déjà dès la seconde année un fort élan ascensionnel de fréquence, et qu'il atteint son apogée (son apogée, qu'on remarque bien le mot) dans la troisième année.

L'indication formelle est donc de tenir les malades à cette période sous une forte influence mercurielle,

2® Au delà de cette troisième ou quatrième

année, la fréquence du tertiarîsme diminuant rapidement, accorder un certain répit aux malades dans la double intention de ne pas les fatiguer par une mercurialisation assidue trop prolongée, et de ne pas produire une accoutumance au mercure susceptible d'émousser les vertus du remède.

3® Puis, dès la cinquième ou sixième année, se mettre en garde par une intervention nouvelle et énergique contre les deux grands fléaux de la parasyphilis, qu'il faut préoenir — (je dis pré^^enir) — à tout prix, puisque nous ne savons pas les guérir^ et qui s'appellent paralysie générale et tabès. C'est de la cinquième à la dixième année que l'un et l'autre atteignent leur fastigium de fréquence. Il y a donc là une passe essentiellement périlleuse pour les malades. Gonséquemment, c'est à ce terme qu'il faut établir nos défenses. Et que peuvent être ces défenses, sinon des interventions itératives du sauveur habituel, le mercure?

Ces cures nouvelles de mercure, ces « cures de renforcement », comme je les ai appelées, quelles devraient-elles être pour répondre à ce que nous leur demandons? Je ne saurais le préciser encore. Je ne prétends

pour rinstant qu*en poser le principe, en établir la nécessité. Quant au reste, c'est affaire d'empirisme clinique. Qu'on me laisse dire toutefois que ces cures de renforcement, je les voudrais à la fois discrètes et énergiques : discrètes, puisqu'elles ne sont que complémentaires, puisqu'elles ne constituent qu'une addition à un traitement principal accompli; — énergiques, puisqu'elles ont pour mission de résister aux deux plus redoutables assauts de la' maladie.

Pour répondre à cette double intention, je les ai instituées dans ma pratique l'^semestrielles, et 2® composées chacune d'une demi-douzaine d'injections d'huile grise.

Enfin, il me paraîtrait prudent de prolonger ces cures de renforcement jusqu'à la dixième année.

Mais tout cela, je le répète, ne saurait encore être précisé; tout cela reste soumis à des conditions multiples et variées.

Encore une fois je ne suis pas en mesure d'apporter dès aujourd'hui un programme de traitement complet et défini en tous ses points. Ce qui précède n'est qu'un projet, une ébauche, un plan de campagne, essen-

tiellement modifiable suivant les résultats de l'observation clinique. Et je me borne pour Tinstant à affirmer en principe ces deux points, à savoir : la nécessité d'un renforcement de notre thérapeutique préventive, et l'opportunité de cette intervention préventive dans retape morbide où se fait le plus habituellement l'entrée en scène des pires méfaits de la maladie.

Finalement, des circonstances particulières retardent parfois l'intervention thérapeutique à des périodes avancées de la maladie. Or, même à ces échéances lointaines de l'invasion morbide, le traitement spécifique conserve encore sa double action bienfaisante, curative et préventive à la fois.

TABLE DES MflTIÉR

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