PRÉFACE
le concert unanime de toute une nation qui fait retentir airs du »es plaintes légitimes contre une race turbulvnlu, vous éVonnés, thcrs lecteurs, à la vnc de ces pages écrites par un iteur qui n'a pas reçu la mission de parler A des Juifs ! Les Israétles, par un sentiment de liéfiancc, {Jarderont une certaine réserve eV ili-tlaignt-Tont de lire un livre, dont l'impartialité leur semlilc impossible, eu égard au caraclore de réerivaiii. Les catluiliciues j»e deinunderont : si l'autenr du voliime n'est pas un translii^^e on un apostat, car ytinéralenicnt on se iigure que le clergé cnlliolicjue nepent pactiser avec un ennemi acharné et ii-réconcilialite, tel (pie peuple (l'Israël. Il est vrai que la presse juive voudrait bioycr pmvrc clergé catholique, mais il ne s'en suit pas, que par récité, le prêtre doive nourrir une liaiue féroce contre le juif. iDX ne saurions trop exhoiter nos (iéfiants adversaires à déposer [le crainte A notre égard. Nous sommes anivés au .soir d'une stCDce qui a loujoui-s été cliétive et pleine de défaillanc*. Soûlot Dieu nous u conduit aux portes du tombeau, et sa main bénie lou* en a ramené.
Nous avons souvent gémi de rinulilité de notre vie ; il nous eut été plus agréable de combattre le bon combat et de nous dépenser 3U .««.'rvice Je nos frères.
Dieu ne l'a pas voulu !
Au lieu de nous révolter contre les desseins de la divine Pravï-
Icnce, ne vaut-il pas mieux accepter, avec résignation, l'épreuve
l'immobilité et de l'inipuissiinee? Aussi, au milieu de nos infir-
ilés, nous murmurions tout bas, et sous forme d'oraison jacula-
. les paroles dn Psalniiste ; « Cum ipno'sum in Irilmlationej eri'
ettm et ijhrifiatho cum, htigittidine dientm replebo mim et
fo/li un salutare ineiim : Je serai avec lui dans ses jours
ins ft de tribulations, je l'en tirerai el je l'en ferai sortir
ire. Je le remplirai de joie par la longueur de ses jours et
^^ nnées, et je lui montrerai le salut, n Oh ! que ces paroles
,dc bien à l'âme qui souffre. L'espérance de celui qui les redit
coofiance n'est jamais trompùe.
F.l niaiiilt-iiiiiil, puisque notre cliclivc cxislciiCL- n'a pas élŒ s(^c. la l'cconnaissance nous impose un ilevoir qui est tnult (inns ti's paroles qui suivent ol qui sont umpruiilées au i l'salmiste ; « Qui millns me de parles mortis ut nnnunlian M tiniips tiiiis in partis filiœ Sion : Dieu qui m'avez lîn-'desj lie la mort, n'esl-cc pas pour annnnwr vos louaiïges et la retentir aux portes île la lille *ie Sion ! »
L'IiPiire nous semble venue île montrer aux unies de 1 volonté que ttniles les gloires, les grandeurs, les beautés, le» É (leurs du tlirislianisme ont leur source et leur origine " judaïsme.
Tous le» mallieurs d'Israël ont ému noire cœur sacerdota exil prolongt^ depuis taiil de siècles, sa captivité nu nûliei nations, malgré ses chaînes dorées, ne |)rendronl fin qne à miséricorde divine; alors Jacob trcssailleia d'allcfîresse eq Israël sera dans une joie inexprimable : t'.um aoerlerit j viiptii'ilutrni plehis sua; exnltubit Jaroh ci lœliihiliir Israël. \ liénissons Dieu d'avoir prolon^u notre existence pour conll i\ rendre la joie et l'allégresse, à l'ancien peuple de Dieu cnl vaut ces pages en faveur des Juifs. J'espère que vous voudreiT croire (|ue mes vœux sont .sincères et désintéressés, car quel i to^e teiTestre peut nie procurer la cessation de l'endui-cis; des Juifs, ou quel tort peut m'apporter la continuité de leur i glcmenlVSi donc je désire qne leurs yeux s'ouvrent à la luo c'est dans leur intérêt plus que dans le mien. Je voudrai^ mon Messie que j'adore, avance l'iicure bénie et solennelle i les rassemblera des quatre coins du monde, pour les reconsii en une belle cl grande nation.
Dans notre siècle, on a vu se faire deux grandes choses ]>ar(i génie d'un grand politique: l'unité italienne et l'unité allemand Mon Messie adorable en fera une plus grande et plus colossale, sera l'unité judai"(pte avec le catholicisme. Toutefois, ne tirez j vanité de la grandeur future qui vous attend et qui vous est ré* véc comme nation, et cela pour deux raisons. La |>remîère, c'f qu'à riu'ure actuelle, vous ne formez que des débris épars, et von n'avez guère d'existence légale, et en second lieu, fussiez-voil restés la plus grande nation de l'univers, vous devez ne jamaU oublier cette parole mémorable d'un de nos plus illustres proJ phcles : a Toutesles nations du monde sont devant Dieu commef si elles n'existaient pas. » (Is. ch. xl, v. 17.)
Quel malheur que devant ce thème fécond qui s'impose :
ssse, je n'aie ni la plume de Fénéloti, ni le langage de l'Aigle [eaux. Mais tout en restant convaincu que je ne suis pas à la ;uf de ma tâche, je ne reculerai pas devant cette difficile :prisede parler au peuple juif, si grand parle nombre, par son BquitÉ, par son passé glorieux cl par ses destinées futures qui int encore plus glorieuses.
Il puis, au cours de ces pages, nous prendrons la défense des
léliles, non pour excuser leurs fautes, mais pour dire à leurs
iaires : que ceux qui sont sans péché leuh jettent la
lÉOE PIERRE.
Infm nous ferons constater à ceux dont nous sommes les rersaires, sans qu'ils puissent arriver à être les nôtres, que si les jines du christianisme se trouvent dans le judaïsme, la religion iChrist l'emporte sur celle de Moyse, parce qu'elle nous presd'aimer notre prochain comme un autre nous-niéme, et nous irend que ce prochain comprend tous les hommes et même nos iiiemis. C«tte vérité apparaît claire et lumineuse dans la parabole du l)oii Samaritain. Le prêtre et le lévite passent, à côté de ce malheureux laissé pour mort sur le chemin par les voleurs, qui ^ l'ont dépouillé. Mais vient le Samaritain. Il s'arrête, il regarde, il ' charge l'infortuné sur son cheval, le transporte dans une hôtellerie, le recommande aux soins de l'hôlelUer et paie d'avance le prix de sa guérison, Ali ! nous voudrions faire quelque chose de semblable aux Juifs infortunés, dépouillés, non des biens de la terre, mais des dons de la grâce, par ce cruel voleur qui s'appelle l'esprit des ténèbres. Nous serions si heureux de ne plus les voir gisants sur le chemin qui conduit aux abîmes, plus heureux encore de les déposer dans l'hûtellerie, c'est-à-dire dans le giron de la sainte Eglise du Christ qui les soignerait, panserait leurs blessures et les rendrait à la santé de l'âme et à la vie éternelle.
Le prêtre et le lévite passent sans secourir le blessé, c'est l'image de la loi de Moyse, impuissante à guérir riiumanilé dépouillée par Satan. Le Christ, seul bon Samaritain, peut relever le peuple juif attaqué et blessé. Son sang répandu est la rançon du monde ; il vaut mieux que l'huile et le vin versés sur le pauvre moribond du chemin de Jérusalem A Jéricho.
Puisse quelque lecteur être rencontre^ par le divin guérisseur.
L'Auteur prie les Catholiques de se faire délateurs de la propagande de son livre auprès des Juifs dun caractère religieux^ qui le liraient avec fruit. L'ouvrage est composé dans un but d'apaisement.