‹ Pour et contre les JuifsChapitre 2 sur 55 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Peut-il exister dans l'univers une nation plus grande que celle qui a donné un Dieu aux hommes? Voilà bien ce qui, à nos yeux, fait de la race juive un grand peuple; et quand même il ne se serait pas élevé au zénith de la gloire humaine par sa puissance, il serait encore le peuple le plus grand du monde, parce que le ciel n'a jamais agi avec aucune nation comme avec la nation juive : Non/ecit talitcr omni iiationi. Le fils de Dieu a choisi la Terre Sainte pour la sanctifier encore davantage par le contact de ses pieds divins, et sa mère a été la plus pure des filles d'Israël.

Depuis lors, un autre peuple s'est formé. Ce n'était au commencement qu'un troupeau bien ^t\\i: pusillus grex, maintenant il s'est étendu jusqu'aux extrémités du monde et il n'a d'autres limites que celles de la terre : c'est le peuple chrétien, autrement dit l'Eglise catholique.

Le peuple dont je parle est issu du peuple juif, il n'en vit pas moins dans un antagonisme perpétuel, que ces lignes ont pour but de faire cesser ; et pour y réussir nous voulons mon-* trer que toutes les grandeurs, toutes les beautés, toutes les gloires, toutes les splendeurs du christianisme ne sont autres que celles du judaïsme, et nous répéterons à tous nos lecteurs qu'au sommet de ce chef-d'œuvre qui s'appelle l'Eglise, il y a un architecte invisible et divin, qui n'est autre que ce juif adorable qui s'appelle Jésus.

Or s'il en est ainsi, et si le catholicisme dans son culte e tout rempli de l'élément judaïque, nous ne comprenons pai pourquoi les Juifs poursuivent les chrétiens de leur haine e de leur mépris. Il nous paraîtrait plus juste que, sans partager nos convictions religieuses, les Juifs se disent : « Vravment. ils sont extraordinaires ces chrétiens, en venant chercher parmi nous et en plaçant sur leurs autels pour en îa.%'^^ le Dieu qu'ils adorent, un des nôtres que nous avons rejeté *3^ nos synagogues et envoyé au supplice. Merci I pauvres naï'f ^• merci de vos adorations qui s'adressent à l'un d'entre nou& qui rejaillissent sur notre race. Notre étonnement est s^ mesure, mais comme rien n'est plus innocent que cette cJ dule naïveté ou que cette naïve crédulité, il nous est imp* sible de haïr des gens qui nous font plus d'honneur que tort, et nous nous garderons bien de leur causer la peine plus légère. *

Tel est le langage, qui devrait s'échapper de toute poitri 3 juive; mais, hélas! combien les sentiments et les actes de race Israélite sont loin des paroles que nous voudrions 1 '^ imputer ! Elle s'acharne contre le catholicisme et lui por depuis dix-huit siècles les coups les plus terribles, et les prc^ grès de la civilisation moderne n'ont apporté aucun raént^ gement ni aucun adoucissement, à cette fureur aveugle. No^ écrivains catholiques pourraient encore reproduire les écrit" de saint Paul aux Corinthiens : « Nous sommes faibles et vou: êtes forts. Vous êtes honorés et nous sommes méprisés... Oc^ nous maudit et nous bénissons. On nous persécute et nous Itf souffrons; on nous dit des injures et nous répondons par ( prières. » (Ch. iv, v. io, ii et 12, i" ép.)

Depuis ce jour, nos sentiments n'ont pas changé, à l'égardS des Juifs ; et à travers les âges, l'Eglise qui voudrait enfanteCj ce peuple rebelle, comme saint Paul enfanta les premier! chrétiens, endure toutes les persécutions imaginables et n*ea redoute aucune; elle tend vers lui ses bras maternels pour 16' presser contre son cœur de mère, et au lieu de répondre à ses amoureuses invitations, la secte entretient un journal qui chaque matin lui décoche un trait satanique dans ses colonn du genre de celui-ci ; « Si vous voulez frapper le catholicisma

Eur, visez la poche du clergé» ; mais l'Eglise, formée à l'école du divin Maître, se souvient du conseil évangélique donné aux premiers apôtres chargés de prêcher le royaume de Dieu et de guérir les malades (t) : « Ne portez tien, ni bâton pour vous défendre, ni sac, ni pain, ni argent, et n'ayez même point deux habits. » Et depuis cette parole, le christianisme n'a point été et ne sera jamais une question d'argent ; si c'en était une, il y a longtemps que le judaïsme se serait transformé en christianisme ; car les Juifs ne sont indifférents à aucune question financière.

^ L'Eglise, au contraire, n'a sur les lèvres que ces paroles de la Sainte Ecriture : « Donnez-moi les âmes et gardez le reste. »

Il faut donc nous résigner à laisser nos poches comme

point de mire des visées juives. Soit ; continuez à viser l'argent

catholique, mais lisez mes pages et permettez-leur de viser vos

cœurs, car en tes écrivant, je me sens épris d'un grand zèle,

pour vos âmes. Si les Juifs n'endurcissaient pas leurs cœurs,

il se ferait bientôt un grand apaisement entre eux et nous. Le

judaïsme et le catholicisme s'embrasseraient dans une étreinte

I fraternelle; car, chers lecteurs, si vous êtes les fils d'Abra-

fham,nous, nous sommes les disciples de ce Juif qui s'appelait

Ile fils de David, et lui et nous, nous sommes lesfîls de ce Dieu

rqui s'appelait le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. D'où

[ je conclus que la guerre que vous nous faites est une guerre

' fratricide.

Faites une trêve pour lire ces lignes ; cherchez si elles contiennent une bonne et saine logique, vous aurez le droit de reprendre vos armes après lecture.

Pour nous, pendant la trêve, nous crierons aux antisémites : Paix aux Juifs! et aux Juifs : Paix aux catholiques! La Sainte Ecriture a dit : Non est pax implis ! mais vous et nous, nous ne sommes pas des impies.

(i) Saimt Luc, ch. r.

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