CHAPITRE XIV
CONCLITSION DIiS DEUX CHAPITRES PRÉCÉDENTS
Chers lecteurs, n'avez-vous pas été comme moi remplis d'admiration devant ce récit si touchant d'une conversion juive.
De cet exemple laissez-moi tirer une conséquence. Si ce miracle de la grâce sur un individu, sur un Juif en particulier, vous a paru vraiment beau et édifiant, que sera celui de la conversion en masse du peuple juif. L'année qui suivit l'abjuration de M. Ratisbonne vit porter un décret émanant de Tautorité pontificale. La cour romaine affirmait par un décret que cette conversion était sans aucun doute miraculeuse. Il en sera de même et d'une façon plus éclatante lorsque cette race toute enticre embrassera le christianisme.
Voilà qui explique la patience et les lenteurs de la justice divine. Si les Juifs étaient détruits pour leurs crimes la postérité ne verrait pas la conversion des Juifs comme nation et nous ne verrions pas ces exemples individuels qui sont si édifiants. Dieu ne se venge pas, en ce monde, des actes coupables des pécheurs, parce qu'il sait toujours du mal tirer le bien. Dieu n'est pas pr(Hnpt au chAtiment, et par cette divine mansuétude r Eglise a possédé saint Paul. Les blasphèmes de M. Ratisbonne n'ont pas été punis aussitôt proférés et il en est résulté une source intarissable de bien.
Les deux (léres, Tabbé Théodore, converti le premier, et le second, converti à Rome, pourront désormais, suivant Tadage ^/.L'union fait la force//, s'unir pour travailler à l'œuvre du salut des Juifs. Une ligue de pricivs est constituée pour cet objet; une double congrégation de religieux et de religieuses,' sous le vocable de Notre-Dame de Sion. ne cesse maintenant de travaillera la conversion des |uifs.
Or, puisque Dieu temporise et qu'il épargne cette race, objet de ses vengeances et digne de ses divines colères, pourquoi nous croirions-nous autorisés à n'user d'aucun ménagement
envers elle et à la pourchasser en punition de ses agissements ? Je ne réclame pas pour elle le bénéfice de l'impunité quand elle est coupable, mais, dans nos plus grandes colères, nous ne devons jamais perdre de vue cette sentence du Psalmiste: Irascimini et noUte pcccarc : mettez-vous en colère et ne péchez pas. Punissez-la selon ses fautes, mais épargnez-la conformément aux desseins miséricordieux de la justice divine qui la réserve pour la gloire de son nom. 11 n'est pas nécessaire de nous livrer, pieds et poings liés, aux Juifs et de les laisser nous tondre la laine sur le dos: mais ne réclamons pns leur extermination violente ou sanguinaire. Comme citoyens, mettons-nous à l'abri de leurs coups, de leurs rapines et de leurs exactions, mais comme chrétiens, sachons endurer quelque chose de leur part en vue de leur conversion possible et future. Ayons avec 1 eux des rapports de courtoisie, comme ceux inspirés a M. de Bussière envers M. Ratisbonne, sans ostentation et sans respect humain.
Ce dernier et vilain sentiment nous inspirerait de ne rien oser ni de ne rien tenter pour et contre eux ; ils sont sous le joug du démon, sous l'empire du lucre, sous l'oppression tyrannique de leur obstination et de leur aveuglement ; mais quand la grâce parle à leurs cœurs, et elle y parle quand ils ont quelqu'un qui prie pour eux et qui leur tend la main et que leurs qualités personnelles viennent en aide aux secours charitables qu'on leur procure, alors ils ouvrent les yeux à la lumière et ils sont capables d'embrasser tous les généreux sentiments du christianisme; ils se jettent à corps perdu dans les voies du bien en se livrant à une fervente croisade pour le salut de leurs frères égarés.
Voilà l'Antisémitisme le plus légitime et le plus autorisé que nous puissions ressentir. Je laisse à d'autres le soin d'envisager la question juive comme question sociale et nationale, moi je reste sur le terrain religieux et je Tenvisage comme question religieuse; je ne cherche pas à fermer les synagogues, à expulser les rabbins ni à débouter de leurs places lucratives les cent quarante mille Juifs qui les occupent. Toutefois, en passant, j'ai le droit de leur dire quesi je reconnais les qualités de leur race, je sais aussi qu'elle est dénuée
— code tout scrupule, aussi bien pour arriver à la conquête du ' pouvoir que pour s'y maintenir, et je lui adresserai un conseil : celui de se faire pardonner leur fortune insolente par un peu de modération et d'équité; car un jour viendra où la nation française se fatiguera de voir fermer ses églises, chasser d'inoffensifs religieux et expulser ses crucifix. Elle commence à s'apercevoir que les Juifs traitent la Patrie en pays conquis, et que la France n'est plus aux Français. Je n'ai pas besoin de vous engager à être plus rései-vés, en vous apprenant qu'un coup de cloche a retenti contre vous à la tribune parlementaire et que la voix de M. Drumont depuis huit ans a sonné le réveil de la nation française en lui signalant le péril juif. Ne vous croyez donc pas en possession d'état pour toujours; rentrez dans vos rangs avant que l'exaspération générale ne fasse explosion, car les colères populaires ne se laisseront plus apaiser par de trompeuses promesses ou de banales déclarations.
Par les mille bouches de la presse française tout le monde sait que vous avez touché et froissé non seulement les catho liques, mais encore les mœurs, les traditions et les plus che^ souvenirs de la vieille France.
Vous auriez dû vous contenter de votre droit de cité et d votre qualité de citoyens français, sans semer tant de fermenta de haine contre vous par des provocations intempestives. Votn influence s'est manifestée trop ouvertement, et c'est votre faut! si ce livre intitulé La France Juive a eu tant de succès ets'ï a été tiré à plus d'éditions que le roman le plus retentissant."
N'était-ce pas assez pour vous qucla jouissance delà liberté religieuse qui vous permettait d'ouvrir des synagogues et d'y prier en paix ! Il fallait en rester là sans oser nous enlever non libertés religieuses catholiques, car vous êtes une infimâ minorité et vous vous attaquez à la religion de la majorité dei Prançftis. Je m'étonne que sur ce point votre clairvoyance voua aUUU défaut et que votre bon sens ait dévié d'une si étrang U^on; En populus sapt'ens et iniclîigens, gens magna. (Dedt.I c\i. w.,v. b.l Vraiment vous n'avez, guère le droit dévoua ç\a\w4rt (\uand vous entendez ces sourds murmures ou ce; mW KXtîiWisanIs poussés parles foules : A bas les Juifs !