CHAPITRE XXXi
lAHMES DE JÉSUS
- Notre esprit est peut-être resté insensible aux miracles de Jésus et à toutes les manifestations de sa bonté et de sa puissance: mais notre cœur restera-t-il froid au spectacle de ses doux yeux inondés de larmes? Vous résistez souvent aux charmes de l'éloquence ; mais les larmes ont une puissance devant laquelle vous céderez lorsque vous aurez été longtemps inflexible devant tous les arguments de la logique et de la raison.
Comme chrétien, les larmes de Jésus attendrissent mon pauvre cœur; mais comme Juif, il y a une cause mille fois plus attendrissante, car Jésus, approchant de Jérusalem, regarda la ville et pleura sur Elle.
Quoi! vous pleurez, Jésus, sur cette ville! mais elle est pourtant bien indigne de votre compassion, elle qui tient en son sein des clous, des épines, des fouets et une croix pour payer tous les bienfaits de ses malades guéris et de ses morts ressuscites.
Et en pleurant, Jésus disait : « Si tu connaissais du moins en ce jour ce qui peut te donner la paix, mais tout cela est caché à tes yeux; car des jours viendront où tes ennemis t'environneront de tranchées et te renverseront toi et tes enfants : il ne restera pas pierre sur pierre de ton enceinte, parce que tu n'as pas connu le temps où je t'ai visitée. »
Comment s'étonner des larmes de Jésus? U pleure la ruine matérielle de Jérusalem et la destruction violente du peuple de Dieu : il nous apprend à nous intéresser à la prospérité de notre patrie, à prier poursa grandeur, à ressentir ses douleurs, à nous attacher au sol qui garde nos foyers, nos autels et les cendres de nos pères; et les.larmes de Jésus vont encore plus loin : 11 pleure la ruine spirituelle de sa patrie, l'aveuglement, l'endurcissement de ce peuple, au milieu duquel il a passé en
fai s an t le bien, et qai a fermé les yeux, poar ne pas toît b 1 lainière ; tl pleare la raioe fatore de son penpLâ qai svtit [ coaaa U véiitê, qui en avait fait pendant de loDgs srèclesdc prospérité et de gloire, la règle de ses mœurs, l'inspiration de ses constitQtioDs et de ses lois, ei qui. après tant de bieiitûts, répudie sa foi antit]ae, déclare la guerre à Dieu ei à >'^n Christ.* Ah! Jérusalem I Jérusalem! dît-il un joor. toiqu: ■.;;-i les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, comb sn. de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme Upii,:r rassemble ses petits sous ses ailes et tu ne l'as pas vou!.j! - Dans cette tépétition de Jérusalem ! Jérusalem ! on trouv scotiment profond de compassion ou d'amour.
Comme il aimait cette ville chérie, celui qui devait eni'i au atilteo d'elle ces cris sublimes : Hûsannaî Hosam.^ &\s de l>ivid, suivis de ces autres si lugubres : Crucif^ cmcifieï-le! crucifîei-le! Toutefois, sous le nom de Jérusaictu <e o'est pas aux pierres, ni aux édifices de cette ville qa'»^ s'adresse, maisà ses habitants, snriesquels il pleure avec lo^w hl tendresse dun père envers ses enfants, et pour faire co*^' pc«u4re U grandeur de sa sollicitude vraiment maternelle,:*-^* ^;oant« terme de comparaison la poule qui s'agite, qui («mue qujtnd le danger menace ses petits, et qui les piotég «a le* cachant sous ses ailes et contre les rayons trop chai^*"^ 4h s»>ï**1. ift cv"»nire les rigueurs du froid ou de la pluie. Jés- ^iWitt'^'tM étendrait ses bras en crois au-dessus de Jérusal^^^^" ^..., • . orotéjçer et contre les foudres de lajustice de son pé^*' * , . > assauts réitérés de l'enfer; mais Jérusalem vo *-^ . j . ;djtnJ de victoire et se souciait fort peu de s'abrita ** 1
1 Je la crois.
1*' i approche ou votre maison sera déserte; car, . " »
, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à • ^^ i*
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C t*an Chrvsostome croitque lesens des psrol»-^ ^
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les larmes du Sauveur, l'exécution s'en fit attendre l'iurtant quarante années afin de faire remarquer davantage la 'Dnganimité de Jésus. La ruine de Jérusalem n'arriva que tuand Etienne eut été lapidé, Jacques précipité, et les apôtres accablés de mauvais traitements. Toutefois Jean l'Evangéliste ul plusieurs autres disciples du Sauveur vivaient encore lorsque la catastrophe éclata, et les mêmes personnes qui avaient entendu la prophétie furent témoins de son accomplissement. Les invitations pressantes, les avertissements, ne furent pas épargnés pour amener les Juifs à se convertir : Jésusleur envoyascs apôtres en disant : «Allez vers les brebis perdues de la maison d'Israël* ; et sur le point de remonter aux «ieux il leur recommande de lui rendre témoignage dans Jérusalem et dans toute la Judée. En conséquence, les apôtres évangélisèrent d'abord les Juifs et ils ne se dispersèrent pour aller ''crs les Gentils que quand ils eurent été repoussés par cette nation endurcie. Mais arrêtons nous! Ceux qui voudront lire 1* vie de Jésus la trouveront écrite par des mains d'un style Inimitable. M. le curé de Notre-Dame de Lorette disait à un de ^s confrères : « Voulez-vous connaître l'incomparable P. Di- ''On, lisez sa Vie de Jésus. Voulez-vous connaître la vie de , Jésus lisez sa vie écrite par l'un de mes vicaires. » , Notre rôle en ce moment nous empêche de continuer plus longtemps l'étude des sublimes passages du saint Evangile, nous avons h;Me de clore cette première partie pour entamer ^3 seconde, dont le plan nous entraînera peut-être plus loin ÎUe nous ne voudrions, car il nous reste à étudier le testament "^ J ésus-Christ et son legs à l'humanité, quelques scènes de sa ■douloureuse passion, sa résurrection et son retour au ciel. Puis ''Ous verrons lesdébuts desapôtres dans Jérusalem, leurdisper- ^'^n dans le monde, la raine de Jérusalem et l'horrible siège qui P^^céderasa destruction totale et définitive. Enfin, les efforts "^^tilesdes Juifs pour conserver leurs cérémonies, leurs rites, ^U-rs sacrifices, malgré la destruction du temple, leurs fautes * travers les siècles, et leur amélioration au contact du chris- *^riisme seront l'objet, nous l'espérons, d'une étude conscien- >■& Vise et intéressante, nous en concluerons tout naturellement ^*ie malgré tous les reproches qu'on adresse à juste titre aux
Juifs, ils ne sont pas aussi pervers qu'ils l'ont été, grâce à leur contact incessant avec le christianisme, et la conséquence toute naturelle que nous en tirerons est qu'ils approchent des temps bénis où ils entreront dans la bergerie du Christ pour former avec nous, chrétiens, un seul troupeau sous la houlette du même et divin Pasteur, Jésus ce Juif, béni entre tous les Juifs, vraiment adorable parce qu'il est Dieu.