‹ Pour et contre les JuifsChapitre 43 sur 55 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

PCOIkAIKB ne DEUX kOXXS

.iffttMdaat qw Jémssleni s'écroole, une nouvelle Rod ' ftÛe ssr rsodeoDe: oa a. écrit sor la Rome de Ranmal sar celle de saint Piexre des ligaes qoe nous livrons ■ t mêiittstioQS.

Un joar. deux brigands. Roninlas et Remns. foodèreotus petit rojraonie. Après quelque temps de règne, l'aînè des deux attela on taoreaa et ane va^he à ooe charroi;. tra(a uo sîlloo autoar de ce petit roraame et voclat en être seul le maître.

Pour cela, il assassina son frère sept cent cinqoante-troisaos avant Jêsos-Christ. De cet assassinat naqoit la Rome patenne. Huit siècle plus tard, sur la voie d'Ostie, deux hommcâ étaient conduits au supplice par des boorreaox. Qu avaient- Us (ait? Ils avaient prêché IHomme-Dieu. aononcé l'Evangile et converti les Gentils. C'étaient Pierre et Paul, les deux grands Apôtres, dont la fraternité dure encore dans la tomtW' Arrivés à un certain endroit (qu'on montre encore), ils ' I «# ârent les adieax les plus tendres et tes pins touchants.

D'après la tradition, Paul dit à Pierre : < La paix soit avec I toi, foodement de l'Eglise, pasteur de tous les agneaux du Qjriît; > Et Pierre répondit à Paul : < Va en paix! prédica- ' DMM ^BS- bons et guide du salât des justes >. Cela dit. iU ^«iB[I>cwséreQt comme deux frères qui vont mourir, et l'un MtfOtsa tét<t a^^ eaux Salvienoes et l'autre au Janicule.

t4 -vifeitt Je se passer un acte solennel qui devait avoir uu ^j. . :il jusqu'à la fin des siècles.

gj^ - venait de naître (mais remarquez ceci).

__c . -.brassement fraternel.

.■jie ctait née d'un meurtre et Rome chrétienne j3fe d'amour.

; des deux villes, nous trouvons du sang.

mais dans Rome païenne, c'est le sang du crime, c'est le sang du fraticide, et dans Rome chrétienne, c'est le sang du martyre. La première a eu le Forum, le Capitole et la Roche Tarpéienne; la seconde a saint Pierre, le Vatican et le ciel. Les brigands n'ont laissé que des ruines, des souvenirs et une louve ; les Apôtres ont laissé leur cendre, qui fait des miracles, leur corps qu'abrite la coupole de Saint-Pierre, et cette grande chose qu'on appelle l'EGLISE.

O sainte Eglise du Christ! je te bénis, petite barque de Pierre le pêcheur, plus que jamais tu portes dans tes flancs le salut du monde : tu navigues depuis dix-huit siècles, malgré tous les déchaînements des tempêtes humaines, sans jamais sombrer et jamais périr. Tu as sauvé la société dans les envahissements des armées barbares, dans les périls du moyen-âge, tu la sauveras encore dans les périls du temps présent. Et quand nous regardons Rome et la barque de Pierre, nous y voyons briller un phare lumineux qui perce nos ténèbres et nous fait éviter tous les écueils d'une mer orageuse.

A bien considérer, nous sommes l'impuissance même, avec tous les moyens du progrès humain, pour guérir les maux dont nous souffrons et conjurer les catastrophes qui nous menacent, et plus que jamais il nous faut compter sur l'Eglise et sur Dieu.

Un coup d'œil rétrospectif sur le passé, nous inspirera confiance pour l'avenir. Quand l'Europe croulait, sous les coups des barbares, un vieillard priait, oublié, délaissé dans une cellule du mont Cœlius, au milieu de cette Rome qui avait dominé le monde et qui ne comptait plus que quelques milliers d'habitants, éperdus et tremblants au milieu des ruines et des plus superbes monuments de la grandeur ancienne.

Dans la solitude des choses abandonnées, saint Grégoire voyait le colosse romain s'émietter dans la poussière et les vagues de la barbarie, passer sur les débris comme une ,. tempête sans fin. C'était le chaos, le grand Pape lui-même soyait à l'approche des derniers jours du monde.

pt cependant, saint Benoît était né, il avait réuni autour de

lui quelques pâtres de Subiaco, et ces moines unis à ce Pape abandonné, devaient reconquérir ce monde de barbares, au travail, à l'ordre, à la civilisation, aux arts, à la science, à la liberté, à la charité; ils devaient, du sol de cette Europe dévastée, faire surgir des nations immortelles et glorieuses. Grégoire lui-même avait envoyé à l'Angleterre des apôtres qui allaient en faire l'île des saints; des évêques commençaient à enfanter la France comme fille aînée de l'Eglise, et puis le septième siècle, le siècle de fer formait une pépinière de saints, et dans nos forêts sillonnées par les missionnaires, éclaircies par la framée se préparait le berceau de Charlemagne, Ne nous en étonnons pas trop, c'est le plan providentiel qui se dessine. N'est-il pas évident que la barque du pêcheur de Galilée si dédaignée par les grands vaisseaux et surtout par les grands corsaires, sera toujours le canot de sauvetage des sociétés désemparées?

Voyez, de nos jours, le (lot montant d'un progrès rétrograde, menace de tout engloutir et de nous faire reculer aux temps de la barbarie ou du paganisme, mais aussi les forces vives de l'Eglise ne se sont jamais présentées plus puissantes ; partout nous avons des pontifes et un sacerdoce à la hauteur de ces périls et de sa mission, et partout des chrétiens doués de tous les courages, plus dignes et plus remplis que jamais de la grâce de Dieu. 11 le faut bien, car le péril social grandit tous les jours. Mais pendant que le flot du socialisme monte d'un côté, de l'autre, l'influence morale et sociale de la Papauté se développe dans des proportions inattendues et plus grandes que le mal. Impossible de nier le fait, ou de l'arnoindrir, il est éclatant comme la lumière du jour, il sera l'nvènement capital de la fin de ce siècle. Toutes les grandes affaires du monde actuel aboutissent à Rome, et non au Quirinal, mais au VATICAN.

Quelles institutions politiques échapperont à la future catastrophe sociale, ou sortiront des ruines? Nul ne peut le prévoir. L'avenir est un mystère redoutable; mais une chose est certaine, c'est que le Pape et les peuples resteront debout, avec lo christianisme, la charité et l'organisation chrétienne.

Au-dessus des vagues du déluge .révolutionnaire. l'Arche

c'est-à-dire l'Eglise, fiottera sur les flots apaisés, lantdans son sein les germes d'un monde nouveau; de arche les chrétiens sortiront pour offrir à la tere puri- ;.par ses désastres, le sacrifice d'une paix universelle, et semer sur le monde toutes les espérance^ de l'avenir. ;î peut dire si ce ne sera pas l'heure solennelle de la iciliation du Juif avec le Christ! Alors, le sauveur de la !sation et de l'ordre, ou de l'équilibre Européen, aura siège au sommet de la civilisation chrétienne, et de par comme de par l'histoire, ce siège sera le plus iste et le premier de tous les trônes, le trône de la mté!

quand l'Europe, sortie de la tourmente, chantera i^mne de la délivrance et de la résurrection, c'est vous, ô Juifs, qui me lisez, c'est vous, qui pourrez répéter le plus fièrement ; Chrt'stus viticit, Christus régnai, Chn'stus imperat. Le Christ régnant et vainqueur a sauvé son peuple. Vous devriez le comprendre, car vous êtes étrangement intelligents, et les gouvernements terrestres devraient, en le comprenant comme vous, se vouer sans retard à cette œuvre réparatrice de justice politique et de défense sociale. Car il n'est pas un seul ETAT qui, par un sentiment élémentaire de gratitude, ne doive rendre grâce au Pape et à l'Eglise du maintien, tout au moins relatif, de la tranquillité sociale. Supposez cette situation modifiée, supposez que par un impossible oubli de sa mission, l'Eglise se désintéresse de la cause de l'ordre. Supposez que par une impossibilité encore plus grande, elle dise aux masses populaires cette simple parole: Allez à la curée, tout est fini, irrévocablement fini! notre civilisation moderne n'en aurait pas pour six mois. Voilà le rôle de la Papauté, voilà la place de l'Eglise dans le monde. Elle le soutient et demain elle sera prête à le défendre dans un duel gigantesque.

Un nouveau Léon marche devant une nouvelle barbarie, et nunc reges intelligttet Voulez-vous qu'Attila se laisse abaisser, ou qu'un nouveau Clovis se laisse baptiser? Rendez à la Papauté les conditions normales de l'efficacité de son pouvoir; rendez au monde le Pape libre, et à Rome le Pape roi

Qui de vous, chers lecteurs, n'admirera pas ce trône c huit fois séculaire de la Papauté, avec sa dynastie qui a reçu la promesse d'une durée éternelle ! Vous oubliez ses origines juives, et ses bases fondamentales; c'est votre nation qui en a fourni les assises, et le premier occupant était un Galiléen. Ya-t-ilune nation dans le monde qui puisse s'attribuer une pareille gloire? N'avons-nous pas raison de penser et de répéter que toutes les splendeurs du christianisme étaient celles du Judaïsme ? Et pourtant nous ne vous avons encore montré que l'ombre des grandeurs de ce trône incomparable, grandeurs éphémères, parce qu'elles sont terrestres. Si vous voulez des trônes encore plus éclatants et d'une splendeur plus éblouissante, il faut que vous considériez les douze trônes que le Christ a prorais à ses douze apôtres. Saint Luc nous rapporte les paroles du Sauveur: Je vous ai préparé un royaume... et vous y siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël, c'est-à-dire pour condamner dans les douze tribus ceux qui auront persévéré dans l'infidélité, et saint Mathieu rapporte que le Christ promit à ses apôtres qui l'avaient suivi, qu'au jour où le Fils de l'Homme serait assis sur le trône de sa gloire, ils seraient assis sur douze trônes, en jugeant les douze tribus d'Israël. De toutes les prérogatives de l'Homme-Dieu en est-il une plus grande que celle de sa judicature? Le Christ n'a pas voulu répondre aux questions des siens sur le jour de son avènement, ni faire connaître l'époque ou il viendrait juger les vivants et les morts ; mais il ne lui répugne pas de partager avec ses Apôtres l'exercice du haut pouvoir, de scruter les consciences, dans les grandes assises du genre humain, en la vallée de Josaphat. Saint Jérôme en demande la raison ; et il répond qu'ils seront assis sur des trônes de juges, pour condamner les douze tribus d'Israël, qui après avoir été les témoins de la foi apostolique, n'ont pas voulu en être les imitateurs, et saint Jean Chrysostome ajoute que les Juifs auraient pu dire au jour du jugement : « Seigneur, en vous voyant revêtu d'une chaire mortelle, nous n'avonspu vous reconnaître pour le fils de Dieu. » Mais lesjuges répondront : 4iEt nous mêmes nous étions des hommes du peuple sans instruction; vous, au contraire, vous étic^

des prêtres et des scribes. Noire volonté droite a été comme une lampe gui a éclairé notre grossière ignorance, tandis que votre malice a été comme un nuage qui a couvert de ténèbres toute votre science. > Et montrant aux Juifs incrédules les nations réunies, ils diront : « Notre prédication a été reçue partoutes les nations, pourquoi avez-vous fermé votre cœur et vos oreilles à la bonne nouvelle de l'Evangile ? »

Dans la personne des Apôtres, les Juifs seront grandement honorés de siéger sur un trône de gloire comme le Christ, qui viendra juger le genre humain, et de partager avec lui les honneurs de cette souveraine judicature, au jour ou finiront les siècles.

Ces juges, le Christ aurait pu les choisir parmi un autre peuple, et les Juifs n'auraient pas eu le droit de s'en plaindre. Rien n'empêchait le Sauveur de prendre ses mandataires parmi les Romains, les Juifs auraient-ils été plus soumis à des Apôtres étrangers. Venant de Rome, la classe dirigeante de la nation juive aurait dit que le peuple de sa nation avait cédé plus à la puissance des armes qu'à une vérité persuasive. Venant de la Grèce, l'Evangile eut été prêché avec les ornements de l'art aratoire ou de la poésie, et Notre-Seigneur n'a voulu devoir la diffusion de son Evangile, ni à la puissance des armes, ni aux ressources des raisonnements humains, mais à la vertu seule de son nom.

d'exégètes y ont puisé avec abondance, sans jamais tarir les richesses qui y sont refermées. Qu'ai-je besoin de reproduire cette lettre, allez à sa source, lisez-là toute entière, et votre édification sera grande.

L'Eglise pense que cette Epître a été écrite de Rome ou du moÏDs en Italie, en 63 ou 63. Elle est adressée à tous les Hébreux convertis, en quelque lieu qu'ils fussent ; mais principalement à ceux qui demeuraient en Judée; elle est aussi un des plus beaux et des plus précieux monuments que l'Eglise possède. La grandeur des choses et l'importance des matières y sont partout soutenues, par la noblesse des expressions et par l'élévation du style. Si nous sommes heureux de posséder ce document, vous devez en être fiers, parce qu'i9 émane du génie de votre race. Nous ne ferions point un s -\ ' grand cas de cet écrit, si son auteur n'était qu'un fanggair r- Saint Paul n'a pas envoyé aux Hébreux une profession de foczraoi ni un programme politique, pour se réhabilitera leurs yeu— -^li3 ou capter leur confiance; il avait assez voyagé, il avait vw ~^— '1 d'assez près le colosse romain, et contemplé assez longtemp^igrP sa gigantesque capitale, pour donner des conseils de haut^»~ Jt vue et de haute importanceaux Hébreux aGn d'atténuer ou d-fc:>di retarder l'effondrement du royaume d'Israël; mais il est le soldai i* et l'amijassadeur du Christ, et dans ses écrits il ne songequ"^ -«'i la politiquedivine età l'empire universel de Jésus sur les âme^ — s.

Aussi le premier but de sa lette aux Hébreux est de \< confirmer dans la foi au Christ et de les détacher des obseï vances légales et judaïques. Pour cet effet, il leur fait coi naître la grandeur de la personne de son royal et divin Maîtr^^ l'excellence de son sacerdoce, qui donne congé au sacerdDC:=: du temple de Jérusalem, l'excellence de son sacrifice sangiaiKi^ et désormais mystique, qui abroge et rend inutile l'immo^^' lation des boucs et des taureaux. Et enfin le changement d. ^ la loi de Moyse par l'avènement de la loi chrétienne.

Le second but de cette lettre est de consoler les Juifs, dan.*: les persécutions qu'ils endurent pour la foi. Oh! sur ce chapitre, comme le cœur de l'Apôtre se révèle à ses compatriotes et comment ne pas admirer les sublimes consolations qu'il donne à tous ces infortunés, persécutés pour le Christ !

avaient été d'orgueilleux imposteurs, qui les empêchait d'accepter les taureaux que le sacrificateur du temple voulait leur offrir en sacrifice ?

Qu'allez-vous faire ?s*écrient Barnabe et Paul, en "déchirant leurs habits. Nous ne sommes que des mortels comme vous, nous ne venons que pour vous convertir au Dieu vivant, qui a fait le ciel et la terre.

Tous ces beaux sentiments de respect et d'adoration se cbangèrent en unefureur, excitée par les Juifs, qui soulevèrent les foules contre Paul, lesquelles l'entraînèrent hors la ville et le lapidèrent jusqu'à le laisser pour mort. Après avoir été saisi, battu, lapidé, flagellé, emprisonné par les Juifs, Paul cessera-t-il d'aimer ces Juifs pour le salut desquels il aurait accepté d'être anatbême ? ou bien parce qu'il a été envoyé vers les nations, négligera- 1- il de s'adresser aux Juifs, quand son zèle d'apôtre lui montrera la nécessité de les instruire, de les consoler ou de les fortifier dans la foi ? Partout où if rencontrait des Juifs dans ses courses apostoliques, il cherchait à les convertir. Mais les Juifs convertis resterontils dans le souvenir et dans le cœur de celui qui a la sollicitude lie toutes les Eglises, Son cœur est assez vaste pour les contenir. Aussi, lisez ses lettres, et vous comprendrez mieux l'étendue, l'immensité de son zèle apostolique.

Non content d'avoir écrit à ces fiers romains, les dominateurs et les conquérants du monde, il écrit encore à d'autres peuples et même à deux de ses chers disciples: Tite et

I-es Juifs peuvent-ils être oubliés? oh non! De là cette lettre si belle appelée Epître aux Hébreux. O vous qui êtes fics chercheurs d'or, eh bien lisez cette lettre, vous y trouverez ^^ or spirituel; ne cherchez pas dans les entrailles de la f^Te, mais dans les mines de l'Esprit. Cette Epître de saint Paul fist Une raine et une source de l'Esprit-Saint. Mine, d'abord parce qu'on y trouve des richesses plus précieuses que tout 'or du monde; source, parce qu'elle ne taritjamais; au contraire plus vous y puiserez, plus ses flots jailleront abondants, Ji^liez-en par les siècles écoulés. Depuis le premier siècle où fille a été écrite, que de grammairiens, que de docteurs, que

d'exégètes y ont puisé avec abondance, sans jamais tarir les richesses qui y sont refermées, Qu'ai-je besoin de reproduire cette lettre, allez à sa source, lîsez-Ià toute entière, et votre éditîcation sera grande,

L'Eglise pense que cette Épître a été écrite de Rome ou du moins en Italie, en 62 ou 63. Elle est adressée à tous les Hébreux convertis, en quelque Heu qu'ils fussent ; mais principalement à ceux qui demeuraient en Judée; elle est aussi un des plus beaux et des plus précieux monuments que l'Eglise possède. La grandeur des choses et l'importance des matières y sont partout soutenues, par la noblesse des expressions et par l'élévation du style. Si nous sommes beureux de posséder ce document, vous devez en être fiers, parce qu'il émane du génie de votre race. Nous ne ferions point uq ai grand cas de cet écrit, si son auteur n'était qu'un faussaire. Saint Paul n'a pas envoyé aux Hébreux une profession de foi ni un programme politique, pour se réhabilitera leurs yeux ou capter leur confiance; il avait assez voyagé, il avait vu d'assez près le colosse romain, et contemplé assez longtemps sa gigantesque capitale, pour donner des conseils de haute vue et de haute importanceaux Hébreux afin d'atténuer ou de retarder l'effondrement du royaume d'Israël ; mais il est lesoldat et l'ambassadeur du Christ, et dans ses écrits il nesongequ'à la politique divine et à l'empire universel de Jésus sur les âmes.

Aussi le premier but de sa lette aux Hébreux est de les confirmer dans la foi au Christ et de les détacher des observances légales et judaïques. Pour cet effet, il leur fait connaître la grandeur de la personne de son royal et divin Maître, l'excellence de son sacerdoce, qui donne congé au sacerdoce du temple de Jérusalem, l'excellence de son sacrifice sangLiiit et désormais mystique, qui abroge et rend inutile l'imniolation des boucs et des taureaux. Et enfin le changement de la loi de Moyse par l'avènement de la loi chrétienne.

Le second but de cette lettre est de consoler les Juifs, dans les persécutions qu'ils endurent pour la foi. Ob ! sur ce chapitre, comme le cœur de l'Apôtre se révèle à ses compatriotes et comment ne pas admirer les sublimes consolations 1 donne à tous ces infortunés, persécutés pour le Christ!

«Soavenez-vous, leur dit-il, de ces premiers jours, où vous îvei été éclairés et où vous avez eu à soutenir de grands combats et de grandes afflictions. » En effet, les épreuves se dressèrent autour des juifs dés les premiers jours de la prédication évangélique, et le baptême fut le signal du danger. € Souvenez-vous de quelle manière vous avez été offerts, leur dit-il, en spectacle par les injures d'une part et par les mauvais traitements d'autre part (i). i

Les injures, hélas! on les conspuait, on les outrageait, on les raillait, on les tournait en dérision, on les traitait de fous, parce que, renonçant à la religion de leurs pères, ils embrassaient une croyance nouvelle. C'étaient là des moyens bien capables d'abranler leur courage. Si la foi n'avait pas été bien enracinée dans leur âme, il n'y a pas de morsure plus sensible à l'âme que celle des insultes, rien ne blesse aussi cruellement que les railleries et les sarcasmes. Bien des hommes ont succombé devant les injures. Après les injures sont venus les mauvais traitements; saint Paul le constate dans le x"' chapitre de cette même Epître: « Vous avez vu avec joie lous vos biens enlevés, et vous avez compati à ceux qui étaient dans les chaînes. » La confiscation et la prison étaient le partage des Juifs convertis, et au lieu de s'emporter et de s indigner à ce sujet, les victimes de ces persécutions étaient au contraire remplies de joie ; car si des épreuves naissait la tribulation, de l'épreuve aussi jaillissait pour eux la joie.

Pour être consolés, il leur suffisait de savoir qu'ils soufiraient ces traitements pour le Christ. Et que dire des maux ^ue les premiers chrétiens avaient à endurer de l;i part de leurs parents, de leurs proches et de leurs concitoyens! Du reste '*'otre-Seîgneur l'avait prédit. La nature elle-même luttait contre ia nature. Des pères persécutaient leurs enfants, des "'les poursuivaient leurs mères de leur haine, les amis se Qt^louroaient de leurs amis, la division s'introduisait dans les '^milles et dans les maisons ; c'était un bouleversement effrayant et général. Tel un vaisseau, nous dit saint Jean Chry- ^ostome, environné des flots soulevés, des nuages qui s'entra

l'IHcb..

choquent, lies foudres qui éclatent, et plongé de toutes paite-j dans les ténèbres d'une mer en fureur, exposé aux attaques des monstres, aux coups de main des pirates, tandis que ses matelots sont eux-mêmes divisés, ne sauraient échapper au danger, si une main céleste, la grande et puissante main de Dieu, après avoir repoussé toute attaque, apaisé la tempête, ne rétablit le calme parmi les passagers : tels furent les commencements du règne de l'Evangile ; et saint Paul leur rend cette justice que leurs exemples de patience et de courage a trouvé des imitateurs, cardans une épître aux Thessaloniciens il leur annonce qu'un de leurs grands mérites a été d'être devenus les imitateurs des Eglises de Dieu qui sont dans la Judée, et en quoi imitateurs, parce que vous avez souffert de vos concitoyens les mêmes persécutions que ces Eglises de la part des Juifs.

C'est ainsi, chers lecteurs, que vos pères ont persécuté leurs propres frères pour le nom du Christ par une guerre ouverte et déclarée. Quelle leçon pour les catholiques de nos jours qui s'étonnent de voir le christianisme l'objet des vexations du judaïsme, dans une guerre occulte ou hypocrite! Mais ' aussi quel bel exemple pour les Juifs, qui voudraient être convertis et qui seraient retenus par la crainte des vexations de | leurs coreligionnaires. L'exemple des premiers Juifs convertis souffrant tout, endurant tout, injures et mauvais traitements de la part des Juifs incrédules et endurcis, doit soutenir le courage et triompher des hésitations de ceux qui recevraient la salutaire inspiration d'embrasser le christianisme. Les Juifs les plus éclairés, les plus intelligents, fussent-ils même docteurs enseignants, ne sont ni plus doctes, ni plus habiles que saint Paul. En se convertissant, les Docteurs de notre époque ne feraient qu'imiter l'exemple de Celui qui est le Docteur des Docteurs, qui les surpasse tous, parce que depuis Lui, aucun n'a pu l'égaler, encore moins le surpasser.

Mais si les Juifs endurcis ont été si durs pour les J uifs convertis, ne croyez pas qu'ils aient été plus tendres pour saint Paul lui-même : il s'en glorifie, non par vanité, mais parce qu'il exhortait ses frères de la sorte : « Soyez mes imitateurs» comme je le suis moi-même du Christ; nous nous montrons en toute chose tels que doivent être les ministres de Dieu .

d'une patience invincible dans les tribulations, sous les coups et daas les prisons, et s'il énumère quelques titres de sa supériorité, il ne décline ni ses miracles, ni ses prodiges, mais il a essuyi, dit-il, plus de travaux, reçu plus de coups, enduré plus de prisons, vu plus souvent la mort de près ; j'ai reçu des Juifsjusqu'à cinq fois trente neuf coups de fouet, j'ai été battu de verges par trois fois, j'ai été lapidé une fois, j'ai fait naufrage trois fois, j'ai passé un jour et une nuit au fond de la mer. » Par ce court exposé nous voyons l'accueil des Juifs accordé au transfuge du judaïsme au christianisme. Saint Paul n'a pas eu le talent de se faire aimer de ses anciens coreligionnaires qui ont eu moins d'admiration pour lui que pour le Christ. Car le Christ s'est vu prêt à être saisi par les Juifs pour être fait roi, mais envers et pour saint Paul, ils n'ont que des pierres, des fouets, des prisons et des verges, et cela sans parler de leurs diverses tentatives de le faire mourir. Après tous ces tourments, comme il a pu dire en toute vérité que lien ne le séparerait de la charité de Jésus, ni la faim, ni la soif, ni la nudité, ni la vie, ni la mort !

Mais Paul en quittant le Judaïsme n'avait point rompu avec ce qu'il y avait de beau et de magnifique dans l'Ancien Testament.

Il avait gardé au fond du cœur une inaltérable admiration pour tes saints et pour les Justes dont les noms sont écrits en 'litres immortelles dans les pages de la sainte Ecriture. Il en "Once un témoignage éclatant dans cette fameuse lettre des "8breux en citant les noms des héros qui firent de si grinds prodiges par la foi.

C'est par la Foi qu'Abel offrit à Dieu une hostie plu8 excel- '*fiteque celle de Caïn, c'est par la foi qu'Enoch fut enlevé V^Mx ne pas voir la mort, c'est par la foi que Noé bâtit une ^ï^che pour le salut de sa famille, c'est par la foi qu'Abraham P*riit sans savoir où il allait, c'est par la foi que Sara conçut ^Pr<^s avoir été stérile, c'est par la foi qu'Abraham offrit Isaac *ï qu'Isaac bénit Jacob et Esaù, c'est par la foi que Jacob bénit '^s enfants de Joseph et adora la verge du commandement de ^^^ fils, c'est par la foi que Joseph parla du départ des enfants ^ Israël, C'est par la foi que Moyse fut caché par ses parents,

c'est par la foi que Moyse refusa l'adoption de la fille de Pharaon, c'est par la foi qu'il méprisa les richesses et préféra les ignominies du Christ, c'est par la foi qu'il quitta l'Egypte et traversa la mer Rouge. C'est par la foi que les murs de Jéricho tombèrent et que Bahab ne fut point enveloppée dans leixi ruine avec les incrédules. H en fut de même pour Gédéon, Barac, Samson, jephté, David, Samuel et les prophètes, q -«ji par la foi ont conquis des royaumes, fermé la gueule des lion», s, éteint la violence du feu, évité le tranchant de l'épée. Les 11 *3.« ont été tourmentés, éprouvés, enchaînés, emprisonnés ;! *^ autres ont été lapidés, sciés, tués par l'épée. Quelques-u:^c^^ ont été vagabonds, couverts de peaux de brebis et de peai^:^ de chèvres, et ont vécu abandonnés, affligés et persécut&=eux dont le monde n'était pas digne! Relisez ce beau passa ^^^ et voyez la conclusion que saint Paul en tire ; tandis que non nous en tirerons une autre. C'est que saint Paul en prêcha le christianisme n'a pas répudié toutes les gloires du judaïsn et vous, lorsque vous voudrez embrasser le christianism vous n'aurez pas besoin de rougir de vos pères et de v^ -^^ patriarches dans la foi. Seulement remarquez en passant q^^^^i saint Paul met un couronnement à sa longue liste des p^^^^r sonnages qui ont illustré le Judaïsme. Regardez au sommet ei

jetez les yeux sur JÉSUS L'AUTEUR ET LE CONSOMM-*-^^-^ TEUR DE NOTRE FOI qui était assis à la droite du trône «=3» Dieu et qui au lieu des joies du ciel a préféré la croix avec 1*

honte et la confusion des supplices.

Tout te christianisme est là : se glorifier des patriarches ^t

des prophètes, mais surtout se glorifier de Jésus et de Jé& ^"-i» crucifié 1

Sur le point de terminer cette lettre incomparable, sai ^^'

Paul laisse tomber de sa plume ce mot : Orale pro nohis^ J^ :

me recommande à vos prières. Voilà tout le fruit qu'il atte c^^^ ' de son zèle apostolique. Ah ! si saint Paul croyait avoir encO ^** besoin de la prière des Juifs, pourrions-nous croire que ^^ prière soit négligeable pour le succès de nos lignes ou po«-JJ" l'efficacité de notre lecture. Dans le but que vous et moi no*Js poursuivons, il est de toute rigueur de recourir à la prière. ^^ en est une qui seroit bien efficace, ce serait de nous adresse/*

tous aux patriarches, aux prophètes, à tous les saints Hébreux de rAncien Testament comme aussi à tous les Juifs qui ont mérité le ciel dans la prédication ou dans la pratique des vertus enseignées et pratiquées par le Christ.

Page 1