‹ Pour et contre les JuifsChapitre 42 sur 55 · AU DIEU INCONNU · texte numérisé non relu

AU DIEU INCONNU

En se rangeant parmi le choeur des apôtres, Paul devait exécuter l'ordre que le Christ leur avait donné : Allez vers les nations, instruisez-les! Paul, l'apôtre désigné des Gentils, dut aller vers les natioos civilisées, néanmoins plongées dans les ténèbres du paganisme. Un jour, il arrive au milieu d'Athènes, ville S! renommée depuis tant de siècles pour son éloquence et ses lettres. Comment va-t-il oser paraître et parler devant l'Aréopage Athénien ? Quel sujet traiter devant ces savants de la Grèce? La Providence lui fournit un sujet, il a aperçu un autel avec cette inscription :

Ignoto Deo ! Au Dieu inconnu !

Dans sa haute sagesse, Paul parlera-t-il de l'Evangile à ces païens? Us s'en moqueraient 1 Leur parlera-t-il des prophètes et des tables du Sinaï r Ils n'y croiraient pas. Comme un autre David courant à l'épée de Goliath, Paul prend l'inscription de l'autel pour triompher de ses adversaires ; il se fait de cet autel ilne arme pour sa sainte et divine cause. O athéniens! il me semble qu'en toutes choses vous êtes religieux à l'excès. Quelle précaution oratoire pour capter la sympathie de ses auditeurs 1 il aurait pu les traiter d'impies, puisqu'ils adoraient des idoles, mais il ménage leur susceptibilité et préfère reconnaître en eux un sentiment religieux, qu'il s'apprête à redresser et à éclairer. Vous avez un autel qui porte cette inscription : AU DIEU INCONNU! Or ce Dieu que vous adorez sans le connaître, je viens vous l'annoncer. Comme la curiosité de ces savants dut être adroitement piquée par la révélation de Paul! et ce Dieu qu'il vient leur prêcher, c'est le Christ, c'est son Jésus, qui lui est apparu plus foudroyant que les éclairs du Sinaï, qui l'a terrassé et renversé de dessus son coursier fougueux, c'est Jésus de Nazareth, le véritable roi des Juifs et Juif lui-même par sa naissance terrestre, quoique de

rfotife éternité il soit engendré de Dieu le Père. O Juifs qui nous lisez, quel reproche oserez-vous f.iire à celui qui vient iai le adorer par le plus savant peuple du monde ce Jésus que ro»is avez crucifié? Jjisques à quand resterez-vous plus incrédu. les que ces païens qui furent heureux de découvrir le Dieu iacronnu, objet de leurs adorations? Quoique païens ils ont pïT^sscnti le Dieu du christianisme, tandis que v.ous, depuis *^3«-huit siècles, vous vous obstinez à le répudier. Sans doute la. prédication de Paul n'eut pas un résultat universel. Tout r -aréopage ne se convertit pas à la voix de l'apôtre du Christ ; m. aïs il y en eut un parmi eux dont la conversion fut sincère : Ce fut Denys TAréopagiste. Non content de se convertir, il se fit le prédicateur de la religion chrétienne. A son tour il devint apôtre. Et remarquez en passant le théâtre de son apostolat. Denys vint évangéliser la Gaule et devint le premier évéque de Paris, c'est-à-dire que le converti de Paul porta au cœur de cette nation, qui devait être plus tard la fille aînée "C l'Eglise, la foi au Christ et le culte d'adoration envers le Messie et le Sauveur du monde. Cette fille aînée de l'Eglise ** est autre que la France qui, à son tour, promena le drapeau **® la civilisation dans toutes les contrées du monde. Or, dans ^^tte France bénie, vous avez trouvé un accueil protecteur, une Patrie bienveillante que vous vous efforcerez de traiter en pays *^*^nquis.

V'ous y poursuivez de votre haine l'ancien régime qui vous * *ionné droit de bourgeoisie, dans ce pays trop libéral. Vous •^Xabliez les bontés de Louis XVI à votre égard et vous faites ^^Use commune avec ceux qui ont voté sa mort dans l'ombre, ^"Vant de la voter publiquement et légalement. Nous ne nous associerons jamais aux terribles représailles envers votre race. Si des voix françaises hurlent des cris de mort contre vous, ïious leur répondrons qu'au Heu de vous détruire il vaut ïïiieux prier pour que Dieu daigne vous convertir. La croisade de prières commencée pour vous sera entendue du ciel et produira son effet à l'heure providentielle. Si l'heure de la conversion générale n'a pas encore sonné pour vous comme nation, elle sonne et retentit à chaque heure du jour pour des conversions individuelles. Nous entendons l'enfer rugir de rage

contre les efforts de la prière et de la plume en votre mais Satan n"a de puissance contre vous que ceUe que voulez -bien lui accorder.

Pendant sa vie mortelle, le Jésus de votre patrie chassait les démons, et de son souffle divin sur les apAmsii fusait le Saint-Esprit en eux, il peut encore vous déposséda du démon qui vous aveugle et substituer k votre avengleosat les éblouissantes clartés de l'Esprit de vérité et de chah;é. Daw plusieurs foyers israêlîtes il y a peut-être une épouse pietse et chrétienne, ou des cœurs innocents de jeunes filles, vietps pures qui, d'une voix gémissante, demandent au Dieud'Abnham la conversion d'un époux dévoué ou d'un père bîetià la religion du Christ. Puissent ces foyers où la voixdil gneur peut se faire entendre, prêter une oreille attentii ne point opposer des cœurs endurcis. Ce genre d'apostolat « sein du foyer est souvent le plus efficace et le plus pcrsuaii Le spectacle des vertus chrétiennes peut inspirer de salutîiitt réflexions et produire de douces insinuations.

Amen. Amen.

itiwli

coupables, parce que Dieu a des compensations é mais ici, par la volonté divine, les Juifs qui i l'Evangile ne furent pas confondus avec les autres. I y eut des milliers de chrétiens, dans Jérusalem ( contrée, Josèphe et les autres historiens affirment q trouvait pas un seul dans la ville quand elle fut pn que tous s'étaient retirés dans la petite ville de 1 confins de la Judée et de l'Arabie.

Or, n'est-elte pas vraiment admirable cette sépB| Juifs ? Ceux qui restèrent à Jérusalem y subirent I leur infidélité et ceux qui partirent furent semblabri fuyant les villes consumées par le feu du ciel, < retraite, ils eurent facilité de voir, avec tremblement de la vengeance divine, à laquelle ils échappèrent | mission du Christ.

Oh ! qu'elle était belle et qu'elle était splendide j de Jérusalem, quand les apôtres la contemplaient t ration, avec son temple, ses monuments et ses reCE pourtant Jésus leur disait : «Voyez et regardez ! de tout' n'oii restera pas pierre sur pierre. Je vous dis en véril toutes ces choses viendront fondre sur la race d'à pr Cette génération ne passera pas sans que ces choses arrii Ht Jésus pleurait sur cette ville en disant : «Combien ij j'ai vouln rassembler tes enfants comme la poule rass »cs petits et tu ne l'as pas voulu. Tes ennemis te serrer ('«Bvironncront de toutes parts > Et sur le chemin dii ytfottS s'adressant aux femmes leur dit : « Filles de Je; fkMTM p«& sur moi, mais sur vous-même et sur va gW W temps viendra auquel on dira : Heureuses lâT HtMinv^^ l^s entrailles qui n'ont point porté d'enfa ^■flMUvsi^ui n'en ont pfis nourri ! »

» cr jour, l'histoire et la perpétuelle conserv: ■-e dvait été un témoignage et une manifestât '.■nlicUc ; aujourd'hui son châtiment, sa -wX être l'attestation de la divinité du C 'j,is de tribulations qui commem ,^r^ ^t4^j*iisa»ontrcrque le temps de la miséricoii

D'ailleurs les habitants de la cité sont prodigieusement cri-' toels et la coupe de la colère divine est comble et va déborersur lajudée. L'histoire juive écrite parjosèphe, le premier s leurs généraux dans leurs guerres avec les Romains, nous tprend que quand même la ville n'eut pas été assiégée par t légions romaines, elle eut infailliblement péri dans un iluge de maux suscités parla guerre intestine et la discorde [vile.

L'histoire n'offre rien de pareil au siège et à la destruction e Jérusalem. L'anarchie régna en maîtresse pendant la durée lu siège, il y avait de nombreuses bandes de brigands armés ni, cantonnés dans les montagnes de la Judée au milieu des roubles précédents, vinrent se réfugier en foule à Jérusalem ; uflcd ils virent venir les armées romaines unis à des zélateurs Bipudents et à une populace anarchique, ces brigands firent eoiir leur domination et se livrèrent au pillage, aux masacres et à la destruction. Les ennemis du dehors trouvaient ans le chercher des complices au dedans. Les provisions ;oininunes amassées pour soutenir le siège furent pillées et es. Les factions étaient aux prises l'une contre l'autre, et esaag de milliers de Juifs était versé par des mains juives. Lescotnbats étaient aussi nombreux et aussi sanglants à l'inirieur qu'à l'extérieur. Les forces des assiégés étaient dimiinées d'autant contre les assiégeants. Les prêtres juifs étaient massacrés à l'autel et leurs os dispersés aux alentours. Enfin It pouvoir resta sans conteste aux mains des brigands; mais Is (aminé se fit sentira l'intérieur. On fouilla dans les égouts pour y chercher des aliments, on rongea les ceintures, les Milliers et le cuir des boucliers. Les immondices étaient dé- Wféesavec avidité, les corps des faméliques tombaient morts

•fls les rues. Mais le fait le plus épouvantable qui devint oientôt notoire et qui frappa d'horreur la ville assiégée et les snnÉes assiégeantes, ce fut le spectacle d'une femme riche tt noble qui tua, fit rôtir et mangea son propre enfant encore 'la mamelle. Ainsi se réalisait la compassion de Jésus qui '^sit déploré le malheur des mères qui allaiteraient en ces Nrsterribles et néfastes.

Lm Juifs en furent transportés de fureur, mais cette action

rk'espoû' de tout *ecours dtrîm. ac les ééâit pas l tx Romaîfu- Ceux qoi roulsicac rrhirrc szx 1« finine rUieot arrêtés comae ^^'^'•■■Mei cchaque joor on ea crucifiait cûu| cenis jsx pones cjnsqa'i ce que U place nnoqoât povr fiamstx '.juqa'i ce que Im croix naziqaxsseai posr j :

corpft. c'était l'écho do CrudjSgmtur pomseé de^i gouveroeor romain. Rome paienne wenaât et.

déicide, c'était rèxéculion de ce désir si brvjaMKc Que ton saaf; retombe sur noos et s«r bos er Romain», par ce spectacle muttipliê des ssppbcîé^ fc: fléchir tes Juif»; mais les meneurs fariettx oe fvcot intimidé» et poussèrent à une résistance iasetisée et

Dans les enlraîlles déchirées de quelques captifs nassacl'fSi on trouva de l'or, tant était ardente leur soif poor l'oi avalaient, dans l'espoir de le sauver.

Alors quelques troupes alliées aux Romains en prol pour chercher, dans le corps des déserteurs, des trésors supposaient y être cachés, et c'est ainsi qae dans l'es] d'une seule nuit deux mille hommes furent mis en piices.

N'est'il pas déchirant d'arrêter son attention au récit de tant d'horreurs accumulées, et maintenant ne compreaonsnou» pas mieux les larmes de Jésus sur Jérusalem'. Dans sa prescience divine, il voyait tous les malheurs qui allaienl fondre sur elle et, à cette pensée de prévoyance douloureuse,. il pleurait. En qualité de chrétiens, nous pouvons mêler no» larmes à celles de Jésus, car le sort des pauvres Juifs en cette guerre judaïco-romaine a été bien triste et bien digne de cocopassion .Si nous ne pleurons pas sur leur malheureux passé, pleurons au moins sur leur sort actuel qui nous inspire taût d'inquiétude, sur leur sort éternel, car les maux qui les attendent dans réternité sont bien plus redoutables que leurs souffrances terrestres. Le siège de Jérusalem est fini et depuis longtemps oublié, mais leur chute dans les abîmes de Satan ^ui les aveugle aura une éternelle durée; c'est à ce sort irréparable que nous voudrions que la miséricorde divine les AHachàt, et cette miséricorde s'exerce sur ceux qui embrassent

iucisme et demandent le saint baptême, comme on le Utdans un délicieux petit ouvrage iatituXé Lajiiive aynvcriie(t). La jeune îsraélite se convertit d'abord, puis, par ses prières, obtint la conversion de son père sur son lit de mort. Le fait se passa sous Louis XV. Après sa conversion, la jeune fille entra aux Carmélites; car, ce qu'il y a d'étonnant, c'est que les juifs ne marchandent jamais avec, le bon Dieu, et quand ils embrassent le christianisme, ils ne font pas les choses à demi; ils vont dans la pratique des vertus chrétiennes jusqu'à l'héroïsme lorsqu'ils sont libres et indépendants, c'est-à-dire lorsqu'ils ne sont pas pris par des engagements irrévocables qui les enchaînent jusqu'à la mort. — Mais revenons aux lugubres détails de Jérusalem, Il paraît que cent quinze mille cadavres furent transportés hors de la ville par une seule des portes durant le siège; il en passa six cent mille par toutes ' les portes, et c'étaient seulement les pauvres qui n'avaient pas d'autre sépulture que d'être jetés hors de l'enceinte de la cité.

En outre, beaucoup de maisons étaient remplies de cadavres, il y en avait aussi d'entassés en monceaux dans toutes les pUces libres jusqu'à ce qu'on ne vit plus aucun endroit et ^u'il n'y eut plus de place dans la ville qui n'en fut couverte. Six mille environ périrent au milieu des flammes, dans les parvis du temple où ils se précipitèrent et se donnèrent la mort; dix raille autres furent égorgés. Les égouts de la ville furent remplis et comblés avec des cadavres. Onze cent mille Juifs périrent dans le sac de la ville et dans les attaques des assaillants, et au moment où Jérusalem fut livrée aux flammes ''ivoranles, le sang ruisselait dans toutes les rues.

Les Juifs eussent-ils été épargnés, s'ils .avaient écouté la voix des avertissements I Cette voix se fit entendre pendant sept ans et ils n'en profitèrent pas plus que les contemporains deNoé qui virent pendant cent ans la construction de l'Arche; '^etle voix retentit aux oreilles de tout le peuple. Quatre ans ^^ant la déclaration de la guerre, l'historien Josèphe écrit ^u'un paysan se mit à crier : « Une voix est sortie du côté de 'Orient, une voix est sortie du côté de l'Occident, une voix

l'I Pli M"" Foucïull n

est sortie du côté des quatre vents : voix contre Jérusalem ei contre le Temple; voix contre les nouveaux mariés elles nouvelles mariées; voix contre tout le peuple. » Depuisce temps, ni jour ni nuit, il ne cessa de crier : Malheur, malheur à Jérusalem! Il redoublait ses cris les jours de fête. Aucune autre parole ne sortit jamais de sa bouche. Ceux qui le plaignaient, ceux qui le maudissaient, ceux qui lui donoaient Taumône n'entendaient jamais de lui que cette terrible parole : Malheur à Jérusalem! Il fut pris, interrogé et condamné au fouet par les magistrats. A chaque demande et à chaque coup il répondait sans jamais se plaindre : MALHEUR à Jérusalem!

Renvoyé comme un insensé, il courait tout le pays en répétant sans cesse cette prédiction. Il continue durant sept ans à crier de cette sorte sans se relâche et sans que sa vois s'affaiblit. A l'époque du siège, il était renfermé dans la ville, tournant infatigablement autour des murailles et cria Dt de toute sa force ; Malheur au Temple! Malheur à la ville' Malheur atout le peuple ! Enfin, un jour, il ajouta : Malheut à moi-môme ! et au même instant il fut emporté d'un coup d* pierre lancé par une machine.

N'est-il pas évident que la vengeance divine s'était comr*^ rendue visible en cet homme qui ne subsistait que pour pf^ noncer ses arrêts, quelle l'avait rempli de sa force afin qu put égaler les malheurs du peuple par ses'cris, et qu'enfin devait périr par un effet de cette vengeance qu'il avait longtemps annoncée alln de la rendre plus sensible, quand en serait non seulement le prophète, mais encore la victime

L'infortuné s'appelait Jésus, il semblait que ce nom de salu— et de paix devait tourner pour les Juifs en un présage funeste Pour avoir rejeté le Jésus qui leur apportait la grâce, Ml miséricorde et la vie, Dieu leur envoya un autre Jésus, prC^ phète de maux irrémédiables et précurseur de leur ruiaj* prochaine. C'était la sentence de mort contre la ville; quac^ au décret contre le temple, il y avait déjà longtemps qu'^".: avait été rendu et entendu par les prêtres.

On était au jour mémorable de la Pentecôte où le Sain^ Esprit tomba visiblement sur les Apôtres pour confirmer leifc caractère sacerdotal, sacerdoce nouveau qui abolis:

'^'«œerdoce ancien; alors une voix manifeste sortit de ce lieu sacré : Sortons d'ici, sortons d'ici ! Le Dieu en trois personnes qui tant de fois avait rendu ses oracles dans le Saint des Saints, nuiltait le Tabernacle de l'ancien Tesiament ou, comme le dit Bossuet, les anges protecteurs de ce temple l'abandonnèrent, parce que Dieu qui y avait établi sa demeure depuis tant de siècles, l'avait enfin réprouvé et maudit.

Ainsi s'éclipse la gloire de ce second temple dont la structure fut moins merveilleuse que celle du premier, mais qui le surpassa par l'honneur qu'il reçut lorsque le Christ y fit plusieurs fois son entrée.

Alors la ruine de Jérusalem fut complète, ses remparts

furent détruits, ses créneaux abattus. La cité sainte de David

et le sanctuaire furent rasés jusqu'aux fondements. Les

tïomains firent passer la charrue sur la place où elle avait

existé. Ainsi finit Jérusalem, que Dieu avait tant aimée et sur

laquelle Jésus avait pleuré. Vous êtes juste, Seigneur, et vos

jugements sont équitables; mais avec la courte vue de nos

jugements humains, on se demande : Comment celte ville tant

aimée a-t-elle dû subir an pareil châtiment } Quoi ! Seigneur,

vous avez prêché de ne pas éteindre la mèche qui fume

encore, ni de briser le roseau à demi rompu; vous étiez prêt

à pardonner à Sodome pour quelques justes qui s'y seraient

trouvés, et à Jérusalem qui contenait des milliers de Juifs,

Vous n'avez pas pardonné !

Est-ce que les pri}trcs du temple ne pleuraient plus entre le vestibule et l'autel en disant ; Pardonnez, Seigneur, par- <ionnez à votre peuple et ne soyez pas à jamais en colère contre lui? Est-ce que vous ne vous souviendrez pas de vos anciennes miséricordes, et resterez-vous toujours irrité contre l'Otre peuple? Eh bien, non I Les Juifs ont été les premiers 'objet des miséricordes divines et ils seront les derniers 'objet des miséricordieuses tendresses du Cœur de Jésus, Puisque les siècles ne finiront pas avant la réconciliation ^**Iennelle et éclatante du Christ avec son bourreau.

Avec la chute et la prise de Jérusalem, l'extinction de cette race par le glaive ne fut pas circonscrite dans les limites de la ^•Ue assiégée, deux cents quarante mille Juifs furent égorgés

le

' dans les différentes villes de juda et dans les contrées voisines. Les chiffres des victimes sont énoncés dans rhislorÎÈii Josèphe, qui nous apprend que quatre-vingt-dix-sept mille furent faits prisonniers. Beaucoup furent emmenés en Egypte et vendus comme esclaves. Sur les marchés d'esclaves, il y en avait un tel encombrement que personne n'en voulait pins acheter, et il y eu eut jusqu'à onze mille abandonnés sani nourriture que la faim fit périr.

Mais un fait surnaturel domine cette épouvantable catastrophe, racontée avec des détails aussi navrants par un historien qui ne peut être suspect, puisqu'il n'était pas chrétien, mais Juif zélé. Ce fait indéniable, c'est que pendant que les Romains traînent en captivité des milliers de Juifs, enchaînés et qui servent à l'ornement de leurs armées, qui rentrent triomphantes à Rome, il y a une petite poigoie d'hommes, ptisillusgrcx, une armée pacifique et bien petite, qui s'empare de Rome païenne^ la soumet à son joug, triomphe de ses fausses divinités et change la capitale de l'univers vaincu en capitale nouvelle du christianisme, et Rome la victorieuse, Rome la conquérante des nations est vaincue à son tour et échoue dans ses efforts à repousser la religion nouvelle prêchée par les douze bateliers de la Judée, qui viennent à elle nus et sans armes, ou armés seulement de \a Croix, qu'ils vont arborer sur le Capitole. avec laquelle ils parviennent à renverser toutes les statues du Paganisme. Au st.>u venir de vos splendeurs déchues, de vos gloires national" êtfintcs, vous pleurez peut-être, ô Juifs malheureux! d'avoir ité soumis nu joug de ces fers Romains, vainqueurs de la luJév et destructeurs de Jérusalem. Mais séchez vos pleurs, if '.os vainqueurs sont les vaincus et les vaincus sont les -sl'•^^'J^!>^lts. I.e Judaïsme catholique s'implante dans Rome, -- Ju monde, et impose les lois du Christ et le , toix à ces Romains qui avaient dicté leurs lois

-alions de l'univers.

k^est effacée de la liste des capitales de ce mondci

«oisme, issu de l'Enfant divin né à Bethléem,

bIb superbe, la nouvelle capitale du Roi du ciel

tOr, c« Roi était Juif, et maintenant il est vaia-

queur, il règne et il commande, et c'est du sein de Rome qu'il communique ses commandements à toutes les puissances de ce monde : on veut à notre époque enlever à son vicaire et à son lieutenant sur la terre sa royauté terrestre, son domaine temporel; mais on a beau faire, on ne parvient pas à détruire sa puissance spirituelle ni son prestige moral, et il reste le roi suprême des rois et des empereurs et toutes les têtes couronnées s'inclinent devant Lui quand sa main se lève pour les bénir. Dans ce combat gigantesque de deux peuples qui se sofit rués Tun contre l'autre, le Juif a été vaincu par le colosse Romain, mais après la honte et l'opprobre d'une défaite qui n'en a pas de semblable dans les annales des peuples, il n'est pas deshonorant pour les Juifs, il est même glorieux pour eux de fonder un nouvel empire dont la capitale est la cité reine de l'univers.

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