JERUSALEM HT JULIEN L APOSTAT
Avez-vous jamais tendu une main franche et loyale à un latholîque ou à un prince religieux, tel que Louis XVI. qui a I lant travaillé à faire accepter et tolérer les Juifs en France? lorsque vous tendez la main à quelqu'un vous avez soin au contraire de vous informer s'il n'est pas chrétien, et alors vous fraternisez avec lui, avec la confiance ou l'espoir de trouver un ami. Un jour vous eûtes la conviction d'avoir trouvé un protecteur et un appui dans la personne d'un Empereur romain ; C'était Julien si bien surnommé l'Apostat.
Ah! de celui-là vous pûtes croire un moment que malgré (outes les prédictions du Christ, il allait réaliser la reconstruction dû Temple de Jérusalem : c'eut été le commencement du rétablissement du royaume d'Israël. Pour une nation 3ussi intelligente que la vôtre, c'était une sottise et un triste Oubli du psaume 1 17 qui vous apprend à vous confier au Seigneur plutôt qu'aux hommes : Confidere in Domino quant ^*^*ijidere in homine, et à mettre votre espérance en Dieu
Éutôt que dans les princes du monde, spcrare in domino '**'« sperarc in principibns.
■-'empereur Julien n'aimait pas les juifs; mais il aimait -Core moins les chrétiens qu'il avait abandonné par une ^•^ïie apostasie, et pour mieux battre en brèche l'empire du **rist, lui apostat! il prît en main les intérêts des Juifs, l-'histoire du monde est toujours la même : vous verrez de *^s jours un anti-cIérical étreindre un Juif dans un embrasse- "^^ternel, au point que vous seriez tenté de vous écrier : Ah! ^i'ez comme ils s'aiment. Pas du tout ; ilsse détestentcordia- ^*Tient: mais ils s'étreignent avec le mutuel désir d'étouffer ^ christianisme. Julien, ayant convoqué quelques Juifs, leur *^*"<ionna de sacrifier, prétendant que leurs ancêtres avaient ^fcoservé ce genre de culte. Les Juifs s'en excusèrent en se
retranchant derrière ce prétexte, qu'il ne leur était pas péri de le faire, hors de leur ancienne capitale.
Alors il leur ordonna de prendre de l'argent sur le trésO? impérial (et les Juifs ne se le feront pas dire deux fois), de se procurer toutes les choses nécessaires pourconstruire et relever le temple de Jérusalem, afin de reprendre l'antique usage de leurs sacrifices; il leur écrivit même à ce sujet la lettre suivante, par laquelle il leur donne avis : « Qu'il les décharge des contributions injustes qu'ils avaient payées sous le règne de son prédécesseur (comme ils durent jubiler!) afin qu*ils redoublent leurs vœux pour la prospérité de son empire, auprès du grand Dieu Créateur, qui a daigné le couronner, obtenez de sa bonté (leur dit-il en finissant) que je revienne victorieux de la guerre de Perse, pour rebâtir Jérusalem, cette ville sainte, après le rétablisssment de laquelle vous soupirez depuis tant d'années pour l'habiter avec vous et pour y rendre gloire au Tout-Puissant.» (Lettre 2,' de Julien à la communauté des Juifs. — Ammien-Marcellin, historien non suspect aux Juifs puisqu'il était païen.)
On verra la réponse du ciel à cette lettre impériale et hypocryte, elle commence parles paroles du psaume CXXVI: Hisi Domintis œdificavc.rit Domun in vanum laboraverunt qui œdificant eain. Si le Seigneur ne bâtit lui-même une maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent : et le malheureux Julien fit la triste expérience de ceux qui mettent leur confiance dans leurs chariots de guerre et dans leur cavalerie au lieu de la mettre dans le Seigneur, Hi in curribus et hi in equis nos autcm in nomine Domiiii Dei nostri. La guerre de Perse et la réconstruction du temple aboutirent par un échec. Et puis les Juifs insensés, dit saint Jean Chrysostome, jouets de l'erreur dès le sein de leur mère, et agissant en enfants jusque dans la vieillesse, s'en allèrent accomplir le dessein de l'Empereur, qui pour l'exécution de sa lettre avait recueilli les plus habiles ouvriers de toutes les contrées, commandé des troupes, de travailleurs et confié la surintendance de l'ouvrage à Alipius, l'un de ses officiers des plus dévoués. Les Juifs se rendirent de tous les coins du monde à Jéj salem en triomphant et en publiant que le royaume d'Isrj
2qs ■
. Julien se réjouissait de cetelan israëïite.
ait démentir les prophètes tant celle de Daniel
I ruine du temple comme irréparable, que celle
ui marque expressément qu'il n'y demeurerait
pierre.
la gloire de l'entreprise, les femmes baient leurs plus précieux ornements, se faisaient f travailler de leurs propres mains, de quelque Ks fussent, creusaient la terre qu'elles arrosaient {tieurs, beau dévouement digne d'une meilleure fin moins triste sort, et poussaient l'enthousiasme Bôsporter les terrassements dans les pans de leurs ieigneur miséricordieux! prenez en pitié les héroïnes injurieux à votre Christ. Elles croyaient trar la gloire du royaume d'Israël. Ne les enveloppez tre fureur, ne les châtiez pas dans votre colère. nfurore tiio... ne que in ira tua... (Ps. 39, v. 1°') regards de miséricorde sur les descendants de ces trompées par l'hypocrisie d'un célèbre apos- Ulez leurs yeux pour les empêcher de s'unir et de r avec les apostats modernes; c'est-à-dire avec les ".■î-penseurs, les anticléricaux, les francs-maçons et les 'testants qui ne leur tendent les mains que pour le beau CJnisir d'anéantir le christianisme.
El puis, étrange aberration, on dit que par respect ou plutôt ^ ostentation, on employa pour ces travaux des pelles et \ paniers d'argent. Tout ce peuple réprouvé couvert probres de si longue durée, relevé tout-à-coup par la iction impériale, trouva que l'occasion était favorable, remployer l'insulte contre les chrétiens, que dîs-je l'in- , saint Jean Chrysostome qui a vécu dans le siècle de têQ nous assure que sous cet empereur les Juifs se joi- ^ent aux païens pour persécuter les chrétiens. Entre le t le xix' siècle la diOérence est-elle bien grande? Nos bons de l'époque restent-ils toujours à l'écart des petites séries ou des grandes vexations, dont le catholicisme bit une si bonne et si large partPLaissons la parole à l'élo- Bre Docteur : « Vous vous souvenez de ce qui s'est passé
de notre temps; vous vous souvenez du zèle des Juifs à sO joindre aux païens, à marcher sur leurs traces, quand Juliea se livrait à toutes les fureurs d'une impiété qui dépassait tout ce qu'on avait vn jusqu'à Lui, Si maintenant ils paraissent un peu plus modérés, il faut attibuer leur calme à la crainte que leur inspire le pouvoir impérial (i); et certainement, n'eut été cet obstacle, ils eussent poussé encore plus loin leur audace. En tout ce qui est mal ils ont laisse bien loin derrière eux leurs ancêtres; pour les maléfices, la sorcellerie, la débauche, ils défient toute comparaison. > Nous aimons à croire que le saint Docteur n'aurait pas les mêmes reproches à adresser aux Juifs modernes, s'il reparaissait dans une des chaires de nos cathédrales.
Le saint évêque Cyrille, de retour de son bannissement, entendait les insultes et voyait les airs insolents des Juifs, sans s'en émouvoir; il assurait les fidèles qu'ils apercevraient bientôt quelque signe frappant de l'impuissance des hommes et de l'extravagance de leurs tentatives, contre les arrêts du ciel.
On détruisit facilement ce qui restait de l'ancien temple jusqu'à n'y pas laisser pierre sur pierre, selon la lettre des Ecritures. On creusa même avec facilité les fondations du nouveau. Mais sitôt qu'on eut posé les premières pierres, il survint un horrible tremblement de terre qui vomit les ouvriers de son sein et les jeta à une grande distance. On vit s'écrouler la plupart des bâtiments du voisinage, entre autres les galeries où se retiraient les Juifs destinés au travail. Tous ceux qui s'y trouvèrent furent écrasés ou du moins estropiés. Des tourbillons de vent emportèrent le sable, la chaux et tous les autres matériaux dont on avait fait des amas immenses (3). Mais ce qu'il y a de plus terrible comme de plus divin, c'est que des globes de feu sortant de l'édifice et roulant de t côtés avec une rapidité effroyable, renversèrent les ouvrieC les entraînèrent avec eux, les consumèrent jusqu'aux os, les réduisirent en cendres. Tout l'atelier en quelques însti
{i)U (1) Fhilo,
deJuUcn fut plus
demeura désert. La flamme s'acharna sur les instruments de travail et dévora avec avidité les marteaux, les pioches et les ciseaux qui étaient en réserve daas un bâtiment écarté.
Un torrent de feu serpentant par le milieu de la place et jaillissant çà et là en mille rayons étincelants, brûla ou étoufl'a les Juifs qu'il discernait avec une sorte d'intelligence. Ce terrible phénomène se réitéra plusieurs fois en plein jour. Ah I qu'ici elle est bien réalisée cette parole du prophète royal qui trouve dans les feux des ministres fidèles à ses ordres et vengeurs de sa justice : Qtii facis aiigelos tuos, spiritus; et ministros tuos, igncm urentem (Ps. 103, v. 4}, et cette autre tirée du cantique de Moyse : îgnis succensits est in furore meo et ardebat itsgiie ad infcrni novissima devorabii que terrant et... fandameiita cornburet.
Dans ma fureur un feu s'est allumé contre eux et les a poursuivis jusque dans les entrailles de la terre; il dévorera la terre et embrasera les fondations.
La nuit chaque Juif aperçut sur ses vêtements des croix si bien empreintes qu'on ne pouvait les effacer, quelque effort que l'on fit. II parut aussi dans les airs, depuis le Calvaire jusqu'à la montagne des Oliviers, une croix étincelante de lumière. Les obstinés Israélites ne laissèrent pas que de retourner au travail à diverses reprises ; ils se rassuraient les uns les 3ulres; ils voulaient à toute force tirer parti de la faveur du prioce apostat. Toujours ils furent repoussés d'une manière également fatale et miraculeuse, en sorte que plusieurs d'entre eux et un nombre encore plus grand d'idolâtres, confessèrent avec éclat la divinité de Jésus-Christ et demandèrent le baptême. Ce résultat n'était pas celui que cherchait l'Empereur, "lais comme Dieu sait tirer le bien du mal et que tout coopère au bien de ceux qui aiment le Seigneur, les Juifs loyau:?, sincères et de bonne foi furent touchés de la grâce par ces merveilleux prodiges et se convertirent à la religion du Christ, et oe nos jours encore les Juifs qui voudront examiner ce fait ^^sc sincérité, trouveront dans ce concert unanime des historiens de l'époque, la preuve évidente du fait miraculeux et en "reront la même conséquence, celle de leur conversion, car
tous les historicDS catholiques, ariens et même païens, tels qu'Ammien-MarccUin, grand admirateur de Julien, rapportent unanimeut ce grand fait historique. Trois grands Docteurs catholiques le rappelaient publiquement, peu d'années après l'événement à la foule de leurs auditeurs qui en avaient été les témoins oculaires, un d'eux ajoute qu'on voyait encore tout ouvertes les fondations creusées par les juifs et que cette ébauche était pour tout spectateur une preuve sans réplique de l'effort inutilement tenté qui avait si piteusement échoué.
Tout lecteur juif de ces lignes ne se convertira peut-être pas au christianisme, après cet énoncé si loyal. En cela rien d'étonnant ; quand le Christ marchait sur la terre, la Chananéenne et lo Samaritaine, le bon larron et le centurion crurent en Jésus, tandis que les prêtres, les docteurs, les chefs de la nation ne cessèrent de lui tendre des pièges, d'écarter de lui le peuple et de chasser de la synagogue ceux qui écoutaient ses divins enseignements. Mais tout cœur pur et droit, toute intelligence saine, toute âme qui domine et secoue le joug des passions se laissera toucher etconvaîncre par l'échec de Julien. Le Christ depuis cette tentative a fait prospérer ses adorateurs et leur a laissé élever des milliers de temples gigantesques et splendides dans toutes les parties de l'univers et n'a jamais permis à la nature déicide de reconstituer le culte de l'anciefl. Testament.
Ah ! pauvres exilés de votre patrie, ne pouvez-vous répi cet éternel cantique : Super Jlutnhia Bahylonis : Sur les borS du fleuve de Babylone, assis, nous pleurons.
Comment chanter les cantiques du Seigneur sur une terre étrangère (Ps. ijb", i et 4.) Pour le chrétien toute la terre est au Christ, il n'y a point d'exil pour l'âme qui retrouve Jésus dans toutes les églises catholiques.
De l'Orient à l'Occident, s'écrie Malachie, mon nom est glorifié parmi les nations, en tout lieu l'encens m'est offert avec une victime pure : « le Christ, » Peut-on mieux exprimer et la ruine du judaïsme et l'éclatante diffusion du christianisme chez tous les peuples de l'univers, ^^
Les Juifs contemporains de Julien eurent un grand tOïl^H ce fut de compter sur un homme aussi pervers pQWMjçélfl^^B
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sèment d'une chose aussi sainte. Comment les mains souillées d'un apostat et d'un impie pouvaient-elles relever le Saint des Saints ? Si un homme avait détruit Jérusalem, un autre homme pouvait espérer la rebâtir; mais Dieu étant le véritable destructeur de cette cité, quelle puissance humaine parviendra h casser les arrêts de la justice et de la volonté divines !
Mais soit! que cet empereur, ô Juifs, vous eut rendu le temple et rétabli l'autel. Et le feu du ciel, était-il en son pouvoir de le faire descendre ? Or, sans ce feu céleste, le sacrifice ne reste-t-il pas impure! souîUé?
Les fils d'Aaron n'ont-ils pas péri pour avoir employé un feu étranger?
Mais si le grand Jéhovah veut le rétablissement de son temple et du royaume d'Israël, pourquoi sa puissance ne s'exerce-t-elle pas contre les chrétiens? O Dieu des Juifs, écrasei-nous dans un cataclysme général I si nous sommes d'injustes adversaires de votre nation bien-aimée. Les Egyptiens, vous les avez abîmés dans les eaux de la mer Rouge, pourquoi un acte de souveraine et divine puissance ne tire-t-il pas unevengeance éclatante de nos efforts à combattre le judaïsme? Exterrainez-nous pour servir d'exemple au monde et pour mettre un terme à une erreur aussi grossière que l'erreur catholique. Les survivants ouvriront les yeux et ne voudront adorer que Jéhovah le Dieu des Juifs. Mais si, au contraire, nous sommes dans la vérité, parlez doucement au cœur de nos adversaires. Insinuez dans leurs intelligences les raisonnements i3e ces pages écrites dans le but d'éclairer les âmes de bonne volonté qui désirent connaître le culte vrai et agréable à Dieu.
Fassent le ciel que nos lecteurs comprennent ce qu'il y a force et de logique persuasive dans l'échec de Julien l'Apostat. Le prodige n'est pas arrivé sous le règne des empereurs chrétiens, afin que l'on ne dise pas que ce sont les adorateurs du Christ qui se sont opposés à l'exécution du dessein. C'est lorsque notre foi était persécutée, que nous courions risque de perdre la vie, qu'il n'y avait plus de sauvegarde, que le paganisme était en honneur, que les fidèles se cachaient dans leurs demeures, se réfugiaient dans les solitudes, évitaient les
places publiques ; c'est -alors ^qu'éclata ce prodige, enlevant tout prétexte d'accusation de la part des Juifs contre les chrétiens. A cet exposé je pourrais ajouter les aveux de messieurs les rabbins sur ce fait incontestable, mais à quoi -, bon! Les doctes israëlites les connaissent mieux que nous, ' ce n'est pas la science qui leur manque, mais la grâce ou plutôt la bonne volonté ; car la grâce ne se dérobe jamais à ceux qui correspondent aux inspirations célestes.
Après cet essai inoubliable et infructueux du rétablissement du royaume d'Isrël, comment admettre le récit naïf que nous venons de lire dans les feuilles publiques ? On raconte qu'un vénérable rabbin propose à un congrès européen le rétablis- , sèment du royaume judaïque avec un souverain qui serait arbitre de toutes les nations pour juger tous les casus belli et empêcher par sa décision souveraine et irrévocable, la déclaration d'une nouvelle guerre. On a répondu en demandant s'il était certain que les nations se soumissent aux décisions de cet arbitre infaillible et en déclinant plusieurs hypothèses qui rendaient ce projet impossible et dérisoire. Nous, nous aurons la bonne volonté de croire que ce souverain sera si juste, si éclairé, si équitable, si impartial et si heureux que les peuples de l'univers accepteront son arbitrage. Mais après cette concession nous dirons : Eh ! bien, essayez, et vous verrez si le bras de Dieu est raccourci, si la parole du Christ n'est plus immuable et si les Julien du xix' siècle auront plus de succès que le premier. L'arbitre que vous proposez existe déjà, il trône à Rome et plusieurs souverains écoutent sa parole autorisée et pleine d'une douce autorité. Si tous l'êcoutaient, il n'y aurait plus de guerre, ni de sang versé. Pas n'est besoin d'en établir un autre. Aucun ne sera jamais le rival de l'arbitre souverain qui siège à Rome. Quant au rétablissement du royaume rêvé par le bon Rabbin, qu'il sache que et projet réalisé déchirerait non seulement toutes les pages de nos saints Evangiles, mais encore tous les Livres Saints dont les rabbw Israélites sont les gardiens perpétuels pour perpétuer la croyM au Messie Rédempteur.