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I. — Nécessité d'une Union organisée des Catholiques

Deux faits surtout nous obligent à une organisation complémentaire, à un groupement nouveau de nos forces et de l'activité catholique, au sein de l'organisation traditionnelle : la situation dans laquelle se trouvent les Catholiques de France, et leur impuissance à se défendre efficacement.

1°. — Situation des Catholiques.

Les Catholiques de France sont menacés dans leur foi et dans leur vie religieuse, comme ils ne Font jamais été. Des ennemis de toutes sortes sont acharnés à leur perte. Les écoles, les journaux, les institutions perverses, la corruption universelle, la laïcisation de toute chose, la protection accordée au mal, la disparition des traditions chrétiennes, un véritable retour au paganisme, l'ignorance et l'indifférence religieuses tendent partout à la diminution de la foi et de l'esprit chrétien. Il n'est personne parmi nous qui ne le constate avec douleur, et dans tous les milieux.

De là vient la nécessité, sentie par tous ceux qui ont quelque souci des âmes, de s'opposer au mal par des œuvres de préservation et d'apostolat.

D'autre part, en France, les Catholiques sont persécutés dans l'exercice de leurs droits. Ces

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droits sont foulés aux pieds: les libertés de l'Élise sont méconnues et audacieusement violées.

Non seulement il ne reste plus rien au prêtre deimmunités que les siècles defoi lui avaient reconnue-, mais on lui a pris ce qui lui appartenait en justice et d'après les conventions les plus sacrées.

On a dépouillé l'Église de ses biens et de ses fondations pieuses. Elle n'a plus, que d'une manière précaire, la liberté de son culte : ses édifices religieux ne lui appartiennent même plus : elle ne peut rien acquérir ni rien posséder : elle est à la merci de toutes les vexations et de toutes les tracasseries.

Elle n'a plus la possibilité d'organiser la Yie religieuse : ceux et celles qui veulent embrasser cette fie, chez nous, doivent se résigner à l'exil pour répondra aux appels de Dieu.

Elle n'a plus la liberté de se dévouer, sinon dans des conditions humiliantes. Il ne lui reste plus qu'un lambeau de la liberté d'enseignement, et ce lambeau. on menace à chaque heure de le lui arracher.

Qui parmi nous peut prendre son parti de cet état de choses ? Personne, assurément.

Tous sentent le besoin d'opposer à la persécution une défense catholique bien organisée.

L'examen de la situation des Catholiques en France nous amène donc à cette double conclusion :

1°) Il faut opposer un apostolat des œuvres au mal qui nous menace.

{H"À pour l'action catholique

2°) Il faut opposer une défense énergique aux persécutions dont nous sommes l'objet. C'est la conclusion à laquelle nous sommes déjà arrivés en établissant la nécessité de l'Action catholique.

Mais ce n'est pas assez dire, parce que un deuxième fait semble faire obstacle à tout apostolat comme b. toute défense vraiment efficace.

11°. — Impuissance des Catholiques.

Ce deuxième fait, c'est l'état d'impuissance où sont actuellement les Catholiques pour la défense ou la propagation de leur foi.

II ne nous appartient pas de faire notre éloge, mais nous pouvons le redire après beaucoup d'autres : dans son ensemble, le clergé est à la hauteur de sa difficile mission. Il a donné des exemples d'abnégation et de sacrifices qui ont fait l'admiration de tous ; il est instruit et zélé ; partout il prend l'initiative d'œuvres qui supposent chez lui autant de compétence que de dévouement.

Mais, malgré cela, son zèle demeure impuissant. Pourquoi ?

I. L'impuissance des Catholiques et du Clergé vient d'abord de la crise que subit presque partout la vie paroissiale.

1° Nos paroisses ne sont plus assez chrétiennes pour réagir par la seule force de leurs tradi-

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tions ] le mal les a déjà envahies. Il n'y a pas seulement à protéger et à conserver,» presque partout il y a à reconquérir les âmes déjà perdues ou fortement compromises.

Un des évêques les plus regrettés de l'Eglise de France, Mgr Dadolle. disait il y a quelques années :

« Nous avons connu et nous connaissons encore des paroisses qui ne représentaient ou ne représentent encore guère autre chose que la rencontre de l'ofifr *. et de la demande. Le prêtre fait l'offre, par les annonces du prône, par la voix de sa cloche : à qui répond à son appel il donne sa messe, son prône et le reste. On est malade, il est averti, il va ; on naît, il baptise ; on meurt, il enterre. Tout cela, c'est l'ancienne paroisse. Elle ne suffit plus....

<c Autrefois, nous attirions parce que nous étions prêtres; on venait parce qu'on était chrétien. La force d'attraction a baissé dans l'ensemble du pays de France, à degrés divers, selon les lieux, mais partout, dans une mesure, et, en certains lieux, d'une effrayante façon.

« Sous quelle influence !

« Il s'est produit en France, depuis quelque trente ans, un phénomène à peu près unique dans l'histoire, une explosion de prosélytisme irréligieux dont je ne vois nulle part l'analogue. Depuis qu'à Romans Gambetta vint dire : < Le cléricalisme, voilà l'ennemi », l'ennemi a levé d'innombrables activités, — mercenaires — nullement désintéressées, mais extrêmement agissantes, qui se sont employées à ranger le

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peuple d'abord hors de nous, ensuite contre nous. On ne compte point les amicales, les gymnastiques, les mutuelles, les fanfares, les anciens de toutes sortes de dates glorieuses, etc., etc., associations toutes maçonnes, et qui opèrent, du moins à l'escient des inspirateurs, en vue de détacher de nous, Eglise, le peuple — enfants, hommes et femmes, Oui, il y a là un fait nouveau.

<c Et pendant qu'il se produisait, nous continuions en bien des endroits à appeler au son traditionnel des cloches... et l'on ne venait pas... si, encore un peu les jours de grandes fêtes, mais les dimanches ordinaires? encore aux Pâques quelques attardés de l'âge mûr, mais les jeunes (1) ? »

2° Le prêtre, qui est le chef de la paroisse,

n'est plus assez fort aujourd'hui pour grouper

autour de lui toutes ses ouailles, et surtout pour les

mener au combat. Partout l'ennemi a jeté la défiance

sur lui : pour un trop grand nombre de baptisés, il

n'est plus l'ami, le père dont on accueille les conseils

et la direction ; c'est l'homme dont on suspecte les

intentions et dont on méconnaît le caractère sacré.

M. Keller en donnait récemment cette explication.

<c Voilà plus d'un siècle que le curé de chez nous

est enfermé dans son église beaucoup par l'ordre de

ses ennemis et aussi par la volonté de ses amis, qui ne

(1) Retraites spirituelles.

(2) Congrès de Besançon. Discours déjà cité.

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veulent plus de son intervention dans leurce pauvre curé se tient le plus possible à l'écart de nos luttes, où sa présence, lui disait-on. n'était ni décente ni opportune. Si, d'aventure, il y laissait passer le bout de sa soutane, adversaires et amis se réunissaient pour le maltraiter, les plus fidèles s'éclipsaient en disant : « Tant pis pour lui, il n'avait qu'à n'y pa aller ! »

(( En même temps, toute la meute des journalistes, des pamphlétaires, des politiciens, des faux historiens, des mauvais maîtres, agitait devant le pleuplele spectre clérical : « Prenez garde, criaient-ils, si vous lui laissez mettre le bout du doigt dans vos intérêts, il a le bras le long, les doigts crochus et un féroce appétit de domination ; il vous prendra tout, il rétablira la dîme, l'inquisition, le servage, la confession forcée, il rallumera les bûchers du moyen-âge. Alors, ce n'étail plus l'effroi, c'était la panique du curé, qui affolait jusqu'aux meilleurs d'entre nous.

« Cette panique domine les politiques de la Restauration, de la Monarchie de juillet, de l'Empire, du Gouvernement de l'Ordre moral.

« Gomment voulez-vous qu'un siècle de ces démoralisantes pratiques, favorisées par le laïcisme de nos adversaires et par la complicité, soi-disant libérale, de trop de nos amis, n'ait pas complètement déformé la mentalité des masses ignorantes, qui voyaient l'élite catholique et le prêtre lui-même les accepter et les partager ? »

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3° Là où nos paroisses sont demeurées chrétiennes, il n'y a pas assez de cohésion entre les membres qui les constituent, pour se soutenir et se défendre contre l'ennemi commun; il n'y a plus surtout assez de liens entre Jes paroissiens et le prêtre. Nos paroisses nous donnent trop souvent l'impression d'un corps dont les éléments restent rapprochés en vertu de l'habitude et de la routine, mais sans solidité et prêts à se disperser.

La paroisse n'est plus le bercail où le pasteur peut dire : « Cognosco oves meas, et cognoscunt me meœ (1). » Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

Il s'est fait comme une sorte de fossé entre les fidèles et le clergé.

L'çnnemi a creusé le fossé par toutes' sortes d'accusations, de malentendus et de préjugés ; mais ayons îe courage de reconnaître que le prêtre y a pu contribuer un peu, plus ou moins, selon les circonstances et les lieux, en n'intéressant pas assez les fidèles aux choses spirituelles dont il a la charge. Il n'a pas assez fait comprendre au peuple qu'il n'existe qu'à cause de lui, que son ministère n'est que pour lui, que ses œuvres sont celles des fidèles avant d'être celles du prêtre. Le peuple s'est désintéressé peu à peu de ce que faisait le prêtre, il y est devenu indifférent ; et, quand on a essayé de lui dire qu'il n'avait pas

(1) Joan. vi.

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grand'chose à attendre de ses services, il l'a cru facilement.

Au Congrès diocésain de Vannes, en 1908, M. Buléon, archiprêtre de la Cathédrale, a très bien décrit cet état de la paroisse de nos jours. Son rapport a toujours une trop manifeste actualité. On me saura gré de le citer ici.

« En ce moment la vie paroissiale subit une crise inquiétante et dont nous serons inévitablement les victimes si nous uy prenons garde.

« La crise est si forte que, dans les villes, l'idée même de paroisse existe à peine aujourd'hui chez les meilleurs chrétiens. On sait qu'on habite telle ou telle ville, mais de savoir à quelle paroisse de la ville on appartient, un grand nombre de fidèles s'en préoccupent uniquement comme d'une formalité administrative, à l'occasion des baptêmes, des mariages et des décès; quelques-uns, les plus fervents, s'en préoccupent en outre à l'époque de Pâques ; d'autres enfin ne s'en préoccupent pas du tout....

« A la campagne, la circonscription paroissiale étai. I maintenue par l'administration civile, la population connaît bien sa paroisse, et elle s'y attache. Mais ici même nous voyons s'opérer une transformation significative : si la délimitation territoriale est toujours respectée, le centre de la vie populaire n'est plus îe même, il se déplace ; de l'église, il passe sensiblement à la mairie ; la paroisse est devenue la commune ; Its

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liens qui rattachaient les fidèles à « leurs prêtres » commencent à se relâcher ; le troupeau obéit encore plus ou moin3 à son pasteur ; mais il est visible qu'il se désagrège peu à peu.

4 11 y a un relâchement indéniable dans la discipline paroissiale.

« Et remarquez bien que je parle en ce moment de l'ensemble des paroisses, y compris celles qui ont les pasteurs les plus éclairés et les prêtres les plus zélés ; ni l'intelligence, ni le zèle n'arrêtent la décadence de « îa paroisse », dont il est certain pourtant que la disparition ruinerait par la base l'organisation même de l'Église en France.

« II faut donc admettre que l'insuccès constant de nos efforts suppose dans l'organisme lui-même quelque vice caché.

« Eh bien ! Messieurs, ayons le courage de chercher sincèrement l'explication de cet insuccès, et d'aller usqu'au bout de nos recherches.

« Or, entre tant d'autres explications, il y en a une que je veux signaler ici en toute franchise.

« Nous avons des paroisses ; elles existent comme divisions administratives et comme circonscriptions territoriales ; mais est-il vrai qu'elles forment encore un organisme vivant? Est-ce que la vie du corps n'a pas afflué avec excès au cerveau ? Est-ce que la personnalité du curé n'a pas absorbé l'activité paroissiale à un point tel que tout se faisait par lui, à l'exclusion même de ses vicaires, et, que rien ne

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comptait en dehors de lui. même le conseil de fabrique ?

« Or, cette monopolisation, qui pouvait suffire en temps de paix, est devenue en temps de guerre une cause de faiblesse. Le peuple s'est désintéressé de la vie paroissiale à laquelle on l'avait rendu étranger. A force d'être tenu à l'écart des affaires, sa mentalité a changé ; et il a fini par croire que son devoir était effectivement de se tenir à l'écart. Alors, comme on ne s'attache à une œuvre qu'en proportion des efforts qu'on lui consacre, du jour où le peuple a vu qu'il n'avait aucune part active dans la vie paroissiale, il s'est cantonné dans cette passivité voisine de l'indifférence où nous le voyons aujourd'hui. Et « le pauvre curé qui avait, en vertu des habitudes pastorales et peut-être aussi de ses tendances personnelles, voulu tout faire par lui-même, a fini par se trouver tout seul en effet, seul dans son église de plus en plus désertée, seul dans son presbytère où les hommes n'osent plus aller le trouver, isolé dans sa paroisse comme un témoin d'un autre âge... »

Quel a été le contre-coup de cet état de choses sur la mentalité des catholiques ? M. Buléon

le montre en ces termes :

« Je me rappelle les paroles qui m'ont été si souvent adressées à moi-même par nos amis les plus sympathiques : (( Et votre église, monsieur le curé? et votre « quête? et vos écoles? et votre patronage?... » Gomme

si les enfants n'étaient pas vos enfants à vous tout d'abord ; comme si l'école, privée ou publique, n'était pas avant tout l'école du père et de la mère de famille, chargée d'enseigner en leur nom ; comme si le patronage n'était pas une institution indispensable qui intéresse à fond l'avenir de toute la société paroissiale ; comme si l'église n'était pas « la maison du peuple », fournie et entretenue par le peuple, quand il est hiérarchiquement groupé. Le curé n'est pas sans doute un étranger dans la paroisse ; mais ce n'est qu'un passant ; le curé passe, la paroisse demeure ; et la paroisse c'est vous....

€ Mais qui connaît aujourd'hui, chez nous, le vrai caractère de la Paroisse et sa raison d'être ! Prêtres et laïques nous en étions arrivés à croire que les œuvres paroissiales sont des entreprises facultatives du curé : entreprises dont les uns se détournent par esprit politique ou par manque de sympathie ; entreprises auxquelles d'autres s'intéressent, mais uniquement par dévouement aux Œuvres catholiques en général ; entreprises enfin que personne ne songe à regarder comme une obligation paroissiale et par conséquent comme une obligation personnelle.

<( On considère les œuvres paroissiales comme notre apanage exclusif. Et, si vous me permettez une comparaison triviale, — qui nous vient, du reste, de nos adversaires, — je dirai qu'on agit à notre égard comme envers un commerçant, à qui l'on s'adresse uniquement lorsqu'on a besoin des spécialités qu'il possède.

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sans se préoccuper jamais du succès de ses opérations..4. Or, cela ne doit pas être ; c'est une notion fausse. On ne songe pas assez que la Paroisse n'est pas une entreprise individuelle, mais plutôt une coopérative ; c'est une coopérative, dont le directeur passager est tel ou tel prêtre, mais dont les membres participants devraient être tous les fidèles. »

Ce tableau ne me semble pas exagéré, il est la traduction 4'un état d'esprit sinon universel, du moins bien répandu. Peut-on dès lors hésiter à croire que notre organisation paroissiale a besoin d'être consolidée ?

II. Mais l'impuissance des Catholiques ne vient pas seulement de la crise de la vie paroissiale, elle est aussi dans leur défaut d'union entre eux.

Quand on recherche les causes qui expliquent les échecs successifs de l'Église, pendant ces trente dernières années, la même constatation se trouve sur toutes les lèvres, à l'étranger comme en France, parmi les fils soumis et dévoués de l'Église comme parmi ses adversaires les plus acharnés ; partout on s'accorde à dire que la cause de nos défaites a été le manque d'union et d'organisation des Catholiques.

Ce n'est pas que les efforts aient manqué. Les Catholiques de France ont fait, depuis trente ans, des prodiges de valeur, de courage, de générosité. Ce qui a manqué, c'est l'unité et la coordination dans l'effort ; c'est la direction donnée et acceptée ; ce sont des troupes bien organisées pour la lutte et bien

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menées à la bataille. Nos divisions politiques sont connues de tous, et elles ont souvent empêché les Catholiques de s'entendre. Mais il y a eu chez eux en-> core plus de dispersion dans les efforts que 'de divisions proprement dites, chacun voulant lutter à sa manière.

IIP. — Le Remède.

La situation étauL ce que nous venons de dire, où sera le remède ?

Le remède est, 1° dans l'union des Catholiques avec leurs prêtres. 2° dans Funion des Catholiques entre eux : union pour la propagande du bien ; union pour la conservation de la foi ; union pour la défense des droits de l'Église et la conquête de ses libertés perdues ou méconnues.

Il faut que les fidèles se serrent autour de leurs prêtres, et que ceux-ci attirent les fidèles auprès d'eux, afin que les intérêts à défendre soient mieux étudiés et mieux connus, et deviennent plus chers à tous ; afin que les œuvres de conquête ou de conservation à entreprendre, le soient au nom de toute la communauté catholique.

Le bon sens suffirait à nou> montrer la nécessité de cette union.

L'histoire de tous les peuples opprimés uou> apprend qu'ils n'ont reconquis leur liberté qu'en mettant leurs énergies en commun.

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Toutes ies fois que les Catholiques de France ont eu à subir une nouvelle persécution, leurs chefs, le Pape et les évêques, n'ont pas cessé de leur recommander cette union. C'en est assez pour nous convaincre.

Bien des fois les Catholiques de France furent pressés de réaliser entre eux cette union que tout leur montrait indispensable. Plusieurs tentative? échouèrent : tout le monde connaît cette histoire.

Pie X, au lendemain de la Séparation, insista fortement sur le devoir de l'union entre Catholiques : union des Catholiques entre eux et union des Catholiques avec leurs chefs spirituels.

Cette Union était plus urgente que jamais. Lp plan de nos ennemis avait été, en séparant l'Église de l'Etat, de la réduire à un isolement légal qui empêcherait son développement normal et sa pénétration dans la vie extérieure de la nation.

Ses enfants devaient donc de plus en plus se serrer autour d'elle ; former des groupements, en conta» t avec les prêtres qui la représentent, dans une société dont elle est officiellement exclue ; faire, comme le disait si bien Mgr de Cabrières à Notre-Dame, le jour de la clôture de la réunion des évêques, le Concordat avec le peuple, pour remplacer le Concordat avec la nation que celle-ci venait de répudier.

Cette œuvre d'union était plus facile aussi, la Séparation ayant brisé les chaînes du Concordat, assuré la liberté de nomination et de réunion érêques, assimilé les évêques et les prêtres, malgré

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quelques restrictions, à des citoyens ordinaires. D'autre part, l'État français ayant rompu violemment ses engagements séculaires envers l'Église, l'ayant dépouillée injustement de tous ses biens, Pie X n'avait pas à garder vis-à-vis de lui les ménagements que, pour le bien de la paix, Léon XIII avait cru devoir prendre.

L'union des Catholiques, non plus sur le terrain constitutionnel, mais en dehors de toute conception politique, sur le terrain exclusivement religieux, non plus derrière un homme politique, mais derrière leurs chefs religieux, tel fut le plan conçu et recommandé par Pie X.

C'est en exécution de ce plan que de tous côtés les catholiques s'organisent, et qu'ils donnent à leur organisation le beau nom d'Union Catholique qui dans sa simplicité est tout un programme : programme d'union et d'action.

Il faut bien comprendre la portée de ce titre et le sens de ce programme. Il s'agit uniquement d'action religieuse, et d'action religieuse exercée par les Catholiques en union avec le clergé, prêtres et évêques ; action religieuse pour défendre la foi contre les attaques de toutes sortes dont elle est l'objet, pour la maintenir dans les populations qui ont encore le bonheur de la posséder, pour la fortifier chez celles où elle est ébranlée, pour la répandre parmi celles qui ne l'ont plus.

Le Pape ne nous invile donc pas seulement à un rôle

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de défense catholique. Il y ajoute un rôle tout positif : l'action énergique, persévérante, pour propager la foi par les Œuvres et entretenir la vie chrétienne, et par là même empêcher le mal de produire ses funestes effets.

L'action, pour être efficace, devra être disciplinée : elle se fera sous la direction des évêques. Par conséquent, tout individu, tout comité, toute association, toute ligue qui a la prétention de défendre l'Église, de revendiquer ses droits violés, de participer à son apostolat, doit, sous peine de déroger aux directions pontificales et de se priver, par suite, des grâces divines qu'obtient toujours l'obéissance, se soumettre pleinement et cordialement aux décisions et aux directions de son évêque.

L'action sera religieuse î Faut-il en conclure que la politique en est absolument exclue ? Il y a ici une équivoque à prévenir ou à dissiper. Nos ennemis ont si souvent dénommé politiques certaines questions religieuses que nous sommes bien obligés de les agiter entre nous, malgré le caractère qu'on prétend leur attribuer; à ce titre nous n'excluons pas la politique ; si l'on y tient, nous dirons que nous faisons de la politique religieuse.

Mais nous excluons la politique en ce sens que, faisant de l'action religieuse, l'Union catholique ne fait pas de politique proprement dite, pas de politique de parti.

Tous les Catholiques sont conviés et admis à faire partie de l'Union, quelles que soient leurs opinions politiques. Nous n'avons pas à chercher et à connaître ces opinions. Royalistes, impérialistes, républicains peuvent se rencontrer à l'aise dans l'Union. Ils sont là uniquement à titre de fils de l'Eglise, désireux de la servir et de la défendre, uniquement préoccupés de ce qui les rapproche.

Par suite, au dehors, ils sont libres de suivre leurs préférences politiques, de s'unir, de se grouper et de se liguer suivant ces préférences, sans oublier toutefois que, la cause religieuse primant, par son caractère spirituel et éternel, la cause strictement politique, ils doivent être prêts à des accords, à des pacte? avec leurs frères Catholiques qui n'ont pas leurs opinions politiques, pour le plus grand bien des intérêts catholiques.

II. — Organisation de l'Union Catholique. 1°. — Membres de l'Union.

L'union étant ainsi reconnue nécessaire, comment la réaliser?

D'abord entre qui se fera-t-elle ? Qui composera l'Union catholique? L'idéal rêvé serait qu'elle compta! tous les Catholiques ; mais, d'une part la réalité des choses nous force à restreindre nos ambitions, et d'autre part la nature du but à atteindre, c'est-à-dire

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la défense et la propagande religieuses, nous oblige à compter d'abord sur un petit nombre.

Le terme de nos efforts doit bien être d'unir tous les Catholiques dans une même pensée d'amour et de fidélité pour Dieu et pour l'Église, mais nous ne pouvons pas espérer y arriver tout d'un coup. La masse a besoin d'être entraînée ; elle doit subir une influence. Qui l'entraînera? Qui exercera sur elle une influence au point de vue catholique ? Ce sera une élite.

Pourquoi une élite ?

C'est une loi de l'histoire que toute lutte sociale, politique ou religieuse, s'engage d'abord entre deux groupes extrêmes, deux avant-gardes, deux élites si l'on veut, entre lesquels flotte une multitude indécise, allant de l'un à l'autre, leur portant, suivant les circonstances, l'appui ou l'obstacle de son nombre et de sa force, et dont l'appoint décide de la victoire définitive.

La lutte danslaquelle nous, Catholiques, nous sommes engagés à l'heure présente dans notre pays ne fait pas exception à cette loi de l'histoire. Entre les Catholiques vaillants marchant sous les ordres du chef de l'Eglise et cette avant-garde de destruction qu'est la Franc-Maçonnerie, il y a une multitude hésitante, indécise, aussi difficile à compter qu'à maintenir, susceptible de se donner au premier venu, capable cependant de se laisser entraîner du côté du bien quand on a trouvé le moyen de l'émouvoir. On sait ce qu'en ont

fait aujourd'hui la persécution religieuse, les faveurs du pouvoir, les séductions de toutes sortes.

Il s'agit de reconquérir cette multitude. Nous n'avons pas le droit de nous en désintéresser. Nous ne sommes pas faits pour pleurer sur des ruines. « Les hommes n'ont le droit de pleurer, a dit un de nos grand publicistes (1), que s'ils ne peuvent plus combattre. y> Nous devons agir.

Nous l'avons déjà dit, le prêtre seul n'y suffira pas.

L'état des esprits mettant un obstacle à son action, ses rapports avec les fidèles ne pouvant être ni assez fréquents ni assez suivis, le prêtre n'agira sur la masse que s'il est entouré de quelques hommes sérieux, estimés, sympathiques et, à cause de cela, capables d'avoir de l'influence. Par eux et avec eux, il atteindra le reste.

Ces hommes seront, dans chaque paroisse, l'élite des vrais Catholiques, des Catholiques généreux, inébranlables dans leurs convictions et prêts à se mettre au service des intérêts de l'Église, toutes les fois que celle-ci le demandera, ou tout au moins toutes les fois que leurs ressources d'intelligence, de fortune et de loisirs le leur permettront.

Cette élite exercera son influence de deux manières : par son exemple et par son action.

D'abord par son exemple ; c'est pour cela qu'elle doit être l'élite de la vertu et composée de vrais chrétiens. Il peut se faire que, au début, cette élite n'existe

(1) M. Et. Lamy.

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pas ; il faudra se contenter d'hommes de moindre valeur, avec la pensée de les rendre meilleurs : leur perfectionnement sera le premier but de l'Union.

L'élite est appelée à exercer aussi son influence par l'action mise au service de la cause religieuse, comme il a été dit plus haut ; c'est pour cela qu'elle comprendra des hommes capables d'agir, grâce aux ressources que leur assurent, soit leur situation, soit leurs loisirs, soit leur fortune, soit leurs connaissances ; des homme s désireux d'agir, c'est-à-dire désireux de faire quelque bien pour la cause de l'Eglise (1).

11°. — Groupements de l'élite.

L'élite se groupera dans le diocèse, dans ie canton et même dans la paroisse. Considérée dans la paroisse, elle sera l'Union paroissiale ; considérée dans le

(1 En certains diocèses, on a cru devoir faire entrer les femmes dans l'Union catholique. Il n'est venu à personne la pensée de les exclure de l'Action catholique ; le bien qu'elles font est trop évident pour que l'on puisse envisager la pensée de renoncer à leur concours. Mais il me semble que, pour l'œuvre de défense et de propagande entreprise par l'Union, il vaut mieux les laisser en dehors des cadres, sachant bien qu'elles seront les premières à pousser au combat leurs maris, leurs fils et leurs frères, les premières à les aider de leur générosité et de leur exemple. Je ne condamnerais pas pour cela l'existence d'un Comité de femmes à côté du Comité d'hommes pour les œuvres qui sont du ressort de l'apostolat féminin.

Nous avons vu plus haut comment peut se faire ce pement des forces que l'apostolat féminin apporte au service de l'Action catholique.

diocèse, elle sera l'Union diocésaine, faite de la réunion de toutes les Unions paroissiales ; dans le canton elle sera l'Union cantonale. Partout elle sera l'Union catholique, c'est-à-dire le groupement des Catholiques d'action autour de leurs prêtres et de leur évêque, groupement d'autant plus fort qu'il sera ainsi hiérarchisé delà paroisse au diocèse et qu'il sera tout entier maintenu sous l'autorité du chef du diocèse.

L'Union catholique, considérée dans la paroisse, dans le canton ou dans le diocèse, comporte partout ueux sortes de groupements : Y Union proprement dite, et, à sa tête, le Comité, qui constitue une élite plus restreinte.

Le Comité est composé d'un petit nombre démembres : ce sont les plus actifs, les plus influents, les plus capables d'atteindre le but de l'Union ou d'entraîner les autres à le réaliser.

Dans la paroisse, le Comité catholique comprendra autant de membres qu'il sera nécessaire et possible d'en trouver, pour qu'il exerce une action véritable : 4 ou 5 par 1.000 habitants semble être le minimum.

Le Comité catholique cantonal sera composé de deux ou trois délégués de chacun des Comités paroissiaux du canton.

Dans le diocèse, le Comité central est le Bureau diocésain.

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Le Comité est partout l'âme de l'Union ; c'est autour de lui que se groupent, à titre d'adhérents, tous les autres membres.

Rien qu'à l'énoncé de ces groupements, il est facile de voir qu'un diocèse bien organisé comprendra une Union catholique ainsi constituée : A la base, dans chaque paroisse, une Union paroissiale et un Comité paroissial] au-dessus, des Unions cantonales composées des Unions paroissiales, avec un Comité cantonal pour centre ; au sommet, une Fédération de toutes les- Unions cantonales dirigée par un Bureau diocésain.

Comment faut-il s'y prendre pour organiser ces Unions et ces Comités ?

Si nous consultons ce qui s'est fait dans les divers diocèses, nous constaterons qu'une double méthode a été employée.

Dans certains diocèses on a fait un appel généra' aux Catholiques, on leur a demandé de s'unir ou de se grouper dans le diocèse, dans le canton et dans la paroisse, de manière à former l'Union catholique.

Celle-ci se trouvait constituée par le fait des adhésions qu'on lui apportait. Les adhérents de chaque paroisse formaient V Union paroissiale.

Dans chaque Union paroissiale on a établi ensuite un Conseil qui en fut le Comité.

Dans d'autres diocèses, le Curé groupe autour de lui, parmi les meilleurs Catholiques de la paroisse, une élite très restreinte ; cette élite forme le Comité

catholique de la paroisse. C'est à ce Comité qu'il appartient de s'agréger de nombreux adhérents, parmi les Catholiques actifs et déclarés de la paroisse, pour constituer avec eux l'Union paroissiale.

Les deux méthodes, on le voit, aboutissent au même résultat.

La seconde a nos préférences.

C'est celle que le cardinal Merry del Val avait recommandée, dès 1907, dans sa lettre à l'archevêque de Paris, exprimant le désir que, pour commencer, les Catholiques s'organisent d'abord en Comités paroissiaux, à nombre relativement restreint, autour desquels viendraient plus tard se former des groupements adhérents.

III0 — Centre des groupements.

Quel doit être le centre de tous ces groupements unions et comités? Évidemment c'est le prêtre. Ce ne serait pas répondre à la pensée du Pape et des Évêques que de les constituer entre laïques seuls. Puisqu'il s'agit de s'unir sur le terrain religieux, et de travailler à une action religieuse, c'est autour du prêtre que les fidèles doivent se serrer.

C'est autour de l'Évêque que se constitue l'Union diocésaine ; et le Bureau diocésain qui dirige cette union est lui-même sous la direction du chef du I)iocèse.

L'Unio n cantonale et le Comité cantonal se groupent autour du Curé-doyen, qui en est le président. L'Union

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paroissiale et le Comité paroissial ont pour chef le Curé de chaque paroisse.

On le voit, cette organisation est modelée sur la distribution hiérarchique du clergé du diocèse : Comité central autour de l'Évêque pour diriger et activer le travail, entretenir l'unité, et fournir les renseignements et les informations ; autour du Curé-doyen, le Comité cantonal, ayant action et impulsion sur les paroisses suffragantes ; autour de chaque Curé, le Comité paroissial, pour centraliser et mettre en œuvre les efforts de tous les paroissiens inscrits à l'Union (i).

Tels sont ce que j'oserai appeler les rouages de notre organisation catholique. Ils n'offrent pas, à proprement parler, quelque chose de nouveau, ils ne sont qu'une mise en œuvres d'éléments déjà existants. Cette organisation tire sa beauté et sa force de la constitution même de l'Église. Son efficacité viendra de l'usage qu'on saura en faire.

Mais il importe de remarquer qu'une Union vraiment forte n'est pas faite simplement du nombre de ses adhérents, elle dépend surtout de la coordination de ses éléments.

;1) Quand je parle du Curé comme chef du Comité paroissial, je n'ai pas l'intention de laisser les Vicaires en dehors de l'organisation catholique. Il va sans dire qu'ils sont naturellement appelés à faire partie du Comité catholique, pour y apporter le concours de leur zèle et de leurs, lumières, pour y aider ou même pour y suppléer, à l'occasion, leurs Curés.

A ce point de vue Y Union catholique, telle qu'elle vient d'être décrite, avec ses Comités paroissiaux, cantonaux et diocésains, bien disciplinés, rattachés les uns aux autres hiérarchiquement, semble posséder tout ce qu'il faut pour être forte.

Pour que cette coordination des efforts ait lieu au sein de nos comités, il importe que des relations s'établissent des uns aux autres : relations d'attraction et d'impulsion.

Quelle force aurait un diocèse dans lequel un Bureau diocésain bien constitué, sous l'autorité de l'Évêque, transmettrait une direction continue aux Comités cantonaux, puis, par l'intermédiaire de ceux-ci, aux Comités paroissiaux, pour donner à toutes les œuvres de la paroisse et du canton la vitalité, l'appui et les ressources dont elles ont besoin !

Quelle autorité apporterait à son tour au Bureau diocésain la collaboration de tous les Comités paroissiaux ou cantonaux, si ceux-ci voulaient bien se mettre en relations constantes avec lui î

Quelle force serait, contre nos adversaires, cette union bien organisée de Catholiques résolus, actifs et disciplinés, groupés autour de leurs prêtres et de leur? évêques, collaborant avec eux à la défense des intérêts les plus graves, et prêts à marcher courageusement sur un signe de leurs chefs !

Imaginez tous les diocèses de France ainsi organisés, les Unions diocésaines ainsi contituées partout, toules Catholiques qui les composent agissant de concert.

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sur un appel des Évêques et du Pape, qui pourrai" leur résister ? Est-ce rêver que de supposer cette organisation réalisée ? Non, certainement ; puisqu'elle se tente partout aujourd'hui, il nous suffit de le vouloir pour arriver au succès. Malheur à ceux qui, par leur inertie ou leur mauvaise volonté, empêcheraient ce beau mouvement d'aboutir !

Il ne suffît pas, pour faire une organisation forte et féconde, de créer de beaux cadres, il faut que l'organisme fonctionne.

Tout organisme qui n'agit pas, s'atrophie. Si, sur bien des points, les Unions catholiques n'ont pas encore donné les résultats qu'on en attendait, c'est qu'on n'a pas su les faire agir.

On ne les a pas fait agir, parce qu'on n'en voyait pas assez clairement la raison d'être. Elles existent, ne l'oublions pas, pour aider à la conservation de la foi et de la vie religieuse par les Œuvres ; elles existent pour la défense des droits et des intérêts ca-tholiques': c'est pour cette fin qu'elles doivent fonctionner.

De ce principe il découle qu'une Union catholique doit commencer par se faire du bien à ellemême.

C'est déjà un premier avantage que de permettre à des Catholiques de se grouper. Ils prennent connaissance de leur nombre, de leur force et de leurs devoirs. Cela leur donne l'occasion de se concerter et le moyen de se faire respecter. Dans un temps où

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un si grand nombre sont victimes du respect humain, réunir les Catholiques, c'est les rendre forts contre eux-mêmes et contre les autres.

Mais Y Union doit aussi leur faire du bien personnellement. Elle doit christianiser ses membres, les rendre plus forts dans l'accomplissement de leurs devoirs personnels et dans la défense de leur vie religieuse. Nous l'avons dit. leur première influence doit venir de leur exemple.

C'est pour avoir trop oublié ce point de vue que certains Comités ont été mal composés, et qu'on n'a pas su y faire œuvre utile.

C'est pour n'y avoir pas assez songé que certains Présidents de Comité ont cru plus facile, et même plus avantageux parfois, pour une œuvre, d'y travailler seuls, en dehors des membres de leur Comité.

A supposer que cet avantage existe parfois, on en sacrifie un autre plus considérable peut-être, qui est de former les membres du Comité, en les initiant aux Œuvres catholiques, et en leur faisant exercer l'apostolat. Ce n'est pas le prêtre qui a le plus besoin du concours des laïques, ce sont les laïques surtout qui ont besoin du prêtre, et c'est pour eux que nous travaillons.

Cette préoccupation de former les membres d'un Comité ou d'une Union peut résoudre une fies principales difficultés opposées à notre organisation.

On s'est trouvé parfois embarrassé pour convoquer les membres d'une Union paroissiale, d'une Union

cantonale : on prétextait ne pas savoir comment les occuper et les intéresser. Qu'on leur fasse du bien par une causerie, par une conférence. C'est un objet tout trouvé pour une réunion, et l'un des moyens les plus efficaces de les faire agir.

La même chose doit se dire des Comités.

Mais l'Union catholique étant instituée surtout pour l'Action, sa vie et son influence doivent être extérieures.

Deux organismes principaux contribuent à cette vie : l'un, le Bureau diocésain, l'entretient ; l'autre, le Congrès annuel, la manifeste.

Les autres organismes : Comités, Unions, Congrès cantonaux, etc., la transmettent et lui font porter des fruits.

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